Economie

Objectifs du développement durable: Les régions du Sud mieux positionnées

Par L'Economiste | Edition N°:5393 Le 15/11/2018 | Partager
Dakhla-Oued Ed-Dahab et Laâyoune-Sakia El Hamra, les meilleures de la classe
Santé et emploi, le talon d’Achille de toutes les régions
De moins en moins de pauvres absolus
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Dans les zones urbaines, la part de la population pauvre a baissé de 3,7 points pour s’établir à 1,6% en 2014 contre 5,3% en 2007. Mais les progrès réalisés masquent des disparités significatives interrégionales

Où en est le Maroc par rapport aux Objectifs du développement durable (ODD)? Du moins en ce qui concerne les plus déterminants: éliminer la pauvreté et la faim, permettre à tous de vivre en santé et d’avoir un meilleur accès à l’éducation. La dernière livraison de la Direction des études du ministère des Finances va au-delà de la question en la déclinant au niveau régional.  

Le document examine les performances comparées des 12 régions du Royaume, sous le prisme des objectifs de l’agenda 2030. Il se veut une contribution au débat sur le modèle de développement, particulièrement dans sa dimension territoriale. L’approche analytique retenue se base sur un indice synthétique des ODD, intégrant 56 indicateurs relevant des 11 objectifs. Le travail, qui se base sur les données d’une décennie (2004-2014), permet de saisir la dynamique de convergence des 12 régions par rapport aux ODD. L’analyse est complétée par un examen des progrès accomplis par chacune des régions et du chemin qui reste à faire.

Ayant adhéré à l’agenda universel du développement durable, le Maroc s’est engagé pour en faire une composante centrale de sa stratégie de développement d’ensemble. Le déploiement en 2017 de la Stratégie nationale du développement durable consacre un tel choix. Elle favorise la mise en cohérence des politiques publiques et des plans sectoriels, avec à la clé leur déclinaison territoriale. L’objectif est d’en optimiser les impacts en termes de diversification des sources, de création de la richesse, de relèvement du niveau de vie des populations et de renforcement de la sauvegarde de l’environnement.

D’emblée, l’étude relève les avancées réalisées par les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et de Dakhla-Oued Ed-Dahab. Elles occupent le premier et le second rang en ce qui concerne l’indice de scoring des ODD, dépassant ainsi Casablanca-Settat, qui se positionne à la 3e place. C’est dire l’ampleur des efforts consentis pour cette partie du territoire, notamment en ce qui concerne l’éducation, la santé, les infrastructures ainsi que la lutte contre la pauvreté.

De par son positionnement économique de choix, la région de Casablanca-Settat se distingue par ses performances dans les domaines de l’énergie, de l’industrie et des infrastructures. Elle occupe des positions favorables au titre de certains volets clés du développement humain dont notamment l’amélioration des conditions de vie de ses habitants. Néanmoins, cette région demeure pénalisée, en particulier, au niveau des indicateurs liés à la qualité de l’environnement au même titre que la santé et le bien-être des populations.

Alors que des régions comme Guelmim-Oued Noun et Souss-Massa figurent parmi les régions dont les performances demeurent dans l’ensemble encourageantes, celles de Drâa-Tafilalet et de Béni Mellal-Khénifra peinent à s’inscrire dans une réelle dynamique de convergence leur permettant de rattraper le gap qui les sépare des régions performantes.

En termes de progression, ce sont les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et de Marrakech-Safi qui ont le plus amélioré leurs positions, gagnant chacune 3 places depuis 2004. En 2014, elles sont passées respectivement à la 6e et la 9e place. En revanche, certaines régions ont régressé sur l’échelle des ODD. C’est le cas de Rabat-Salé-Kénitra, qui a perdu 2 places pour se situer au 7e rang, et de l’Oriental qui est passé du 5e au 10e rang entre 2004 et 2014.

L’examen des efforts consentis au niveau des 12 régions illustre les capacités différenciées de ces entités à atteindre les objectifs fixés d’ici à 2030. Les disparités relevées affectent non seulement l’élan des régions vulnérables, mais exercent aussi un impact négatif sur le développement du pays dans son ensemble.

Santé: Un médecin pour 2.000 habitants

En 2013, le pays comptait 17.121 médecins, toutes spécialités confondues, soit un praticien pour 2.000 habitants. Cette moyenne fait ressortir d’énormes  disparités au niveau régional. Les régions du Sud sont les moins dotées avec une part de 4,4% du total des médecins contre 48,4% pour Casablanca-Settat et Rabat-Salé- Kénitra.
Par habitant, la région de Casablanca-Settat accapare  un médecin pour 1.247 personnes.  En revanche, les régions de Drâa- Tafilalet et de Dakhla-Oued Ed-Dahab connaissent la couverture la plus faible: en moyenne, 1 médecin pour 4.200  habitants.
A l’horizon 2030, 6 régions sur 12 seraient en mesure d’améliorer leur couverture sanitaire si la dynamique actuelle se maintient. Il s’agit de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, de l’Oriental, de Béni Mellal-Khénifra, de Marrakech-Safi, de Drâa-Tafilalet et de Guelmim-Oued Noun, dont les performances pourraient dépasser la moyenne nationale en 2030.

                                                                       

Seuil de pauvreté: Réduction de 9,4 points en 10 ans

En 2014, 1,6 million de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté contre 4,3 millions en 2004. Cela représente une réduction du taux de pauvreté de 9,4 points. Il est ainsi passé de 14,2% en 2004 à 4,8% en 2014. Mais les disparités par régions restent encore significatives. Ainsi, le taux de pauvreté varie d’une valeur quasiment nulle (0,4% en 2014) enregistré au niveau de la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab à 14,6% pour la région de Drâa-Tafilalet.

Outre ces valeurs extrêmes, Laâyoune-Sakia El Hamra (1,7%), Casablanca-Settat (2,6%), Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (2,6%), Rabat-Salé-Kénitra (4%), Marrakech-Safi (4,6%) enregistrent des taux inférieurs à la moyenne nationale (4,8%). Les régions de Fès-Meknès, de l’Oriental, de Guelmim-Oued Noun et Souss-Massa (autour de 5% chacune) réalisent un taux proche de la moyenne nationale. Tandis que Béni Mellal- Khénifra (9,1%) et Drâa-Tafilalet dépassent  la moyenne nationale.

Cependant, toutes les régions ont vu leur taux de pauvreté baisser entre 2004 et 2014. Les plus importantes baisses ayant été enregistrées à Marrakech-Safi, l’Oriental, Drâa-Tafilalet,  Souss-Massa et Tanger- Tétouan-Al Hoceïma.
Si la dynamique se maintient sur la prochaine décennie, toutes les régions seraient en mesure de réduire de moitié leur taux de pauvreté bien avant l’échéance 2030.

A.G

 

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