Régions

Les ambitions de Béni Mellal-Khénifra pour le tourisme

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5392 Le 14/11/2018 | Partager
Une convention de partenariat entre la Région, l’Intérieur et le département du Tourisme
Booster l’offre par l’animation et l’aménagement des sites
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Les gorges de Taghia qui attirent de plus en plus d’amateurs des sensations fortes et de la nature (Ph. Office du tourisme)

Participer aux financements des projets touristiques retenus dans le Plan de développement régional (PDR), tel est l’objectif de la convention de partenariat établie dernièrement entre le Conseil régional de Béni Mellal-Khénifra, les départements de l’Intérieur et du Tourisme, l’Office chérifien des phosphates (OCP) et la Société marocaine de l’ingénierie touristique (SMIT).

La durée de validité de cette convention s’étend jusqu’à 2021, dernière année du mandat de l’actuel Conseil régional. En outre, la nouvelle convention abroge le contrat-programme, qui a été le premier du genre, établi il y a près de quatre ans entre l’ex-Région Tadla-Azilal et l’Etat. Il concernait un programme intégré destiné au développement du tourisme rural, de montagne et de nature et qui, malheureusement, n’a jamais été concrétisé.

Destinée à faire du tourisme un pilier du développement durable dans la région, la convention porte notamment sur la création de circuits touristiques en phase avec les nouvelles tendances en matière de tourisme. Ainsi, ont été retenues les créations d’un «circuit des cimes de l’Atlas» (province de Béni Mellal), d’un autre des «gorges, lacs, rivières et cascades» (province d’Azilal), et de ceux des «sources d’Oum Errabii» (province de Khénifra), du «tourisme et culture» (province de Khouribga) et de «l’agriculture écologique» (province de Fkih Ben Salah).

Globalement, la convention a pour objectif  le développement de l’animation autour des activités touristiques, la création de centres de loisirs, l’aménagement et la mise à niveau des circuits et infrastructures touristiques. Sans oublier le renforcement de la signalétique destinée à faciliter l’accès aux différents sites touristiques. 

A noter que la Région Béni Mellal-Khénifra compte 3 grands ensembles géographiques distincts: la plaine de Tadla, le piémont (appelé aussi Dir) et la montagne entre le Haut Atlas et le Moyen Atlas. Carrefour historique des axes routiers desservant les principales villes impériales du Royaume (Marrakech, Meknès et Fès), la Région est bien plus qu’un point de passage et ambitionne de devenir une véritable destination de villégiature.

Sa position géographique lui permet, en effet, d’apporter une contribution de premier ordre au secteur du tourisme, surtout qu’elle bénéficie d’atouts et de potentialités naturels reconnus. Cédraies, lacs, patrimoine cynégétique… offrent à la Région la possibilité d’entrevoir un développement touristique durable et intégré.

Afin de valoriser ses potentialités et atouts naturels et culturels, la Région s’est engagée dans un vaste chantier de développement d’infrastructures de base et la mise en place de projets phares permettant de booster le tourisme régional. Cela, dans le cadre des politiques et stratégies de l’Etat pour le développement du secteur touristique. Et ce à travers, notamment, le contrat-programme national de la mise en œuvre de la Vision 2020 pour le développement du secteur touristique et le programme du développement intégré du tourisme rural et de nature.

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Les cascades d’Ouzoud sont des chutes d’eau d’environ 110 m de haut, sur trois paliers, sur un site géologique pittoresque à 1.060 m d’altitude du massif de l’Atlas, entre le Moyen et le Haut Atlas. Ce vaste site est un important lieu touristique marocain, à 30 km d’Azilal et 120 km de Béni Mellal (Ph. L’Economiste)

D’ailleurs, le Conseil régional ambitionne de faire de Béni Mellal-Khénifra une destination touristique à part entière. Dans cette perspective, pas moins de 58 projets avaient déjà été retenus pour une enveloppe globale de 1,1 milliard de DH. Dans la foulée, on a intégré l’aménagement du territoire et le développement durable et orienté les efforts, particulièrement autour de la création d’une offre nature complémentaire. 

Cependant, malgré le nombre relativement important de lits dont dispose la Région (5.456 lits), la capacité d’accueil reste faible, et ne constitue que 2,51% de la capacité litière nationale. C’est dire que cette situation offre de véritables opportunités d’investissement dans les unités d’hébergement.

A rappeler toutefois que le secteur touristique enregistre un flux important d’investissement, avec en moyenne 13 projets et 237 millions de DH d’investissements touristiques validés chaque année. Ces investissements concernent particulièrement les hôtels (3 et 4*) et les maisons d’hôtes.

La Région attire actuellement en moyenne 125.000 touristes par an. La Vision 2020 ambitionne d’augmenter ce chiffre à 500.000 à l’horizon 2020. Mais la durée moyenne de séjour au niveau de la région est de seulement 1,5 nuitée. C’est très faible pour une région aux nombreux atouts. La cause principale en serait l’absence d’une animation adéquate.

En effet, il n’y a pas de véritables produits qui permettent de retenir le touriste. Donc plusieurs opportunités d’investissement se présentent, notamment, en matière d’animation, de loisirs et de divertissement.

Financement

Le montant total de la convention porte sur la somme de 202,50 millions de DH que les parties s’engagent à débourser d’ici 2022, soit une année après la fin du mandat du Conseil régional actuellement en place. Sur ce montant, le Conseil régional va supporter la plus grosse part, soit 128,5 millions de DH, le ministère de l’Intérieur 30,5 millions de DH, et le département du Tourisme 21,5 millions de DH par le biais de la Smit. De son côté, l’OCP va mettre 22 millions de DH.
En outre, le Conseil régional s’engage à mettre à disposition des investisseurs l’assiette foncière nécessaire à mener les études relatives à la réalisation des différents projets et à établir les Cahiers des prescriptions spéciales (CPS).

Jamal Eddine HERRADI

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