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    Analyse

    Pompage solaire/Agriculture: Des économies d’échelle à l’hectare

    Par Nadia DREF | Edition N°:5391 Le 13/11/2018 | Partager
    Installer 30.000 pompes solaires à l’horizon 2025
    Cible: les exploitations de moins de 5 hectares

    Stress hydrique, facture énergétique, contexte macroéconomique, leviers technologiques, tarifaires, RH, R&D, conseil…  Le défi majeur de l’agriculture irriguée  est de produire plus avec moins d’eau et surtout de façon durable. D’où la mise en place d’une stratégie pour l’efficacité énergétique en irrigation visant l’amélioration de l’utilisation de l’eau et de l’énergie.

    Le projet GEF-pompage solaire intervient dans cette logique d’économie d’eau. Il vise l’installation de 30.000 pompes solaires à l’horizon 2025. Un marché à fort potentiel de développement. Il est favorisé par l’appui du Plan Maroc Vert et du marché mondial du solaire dont les prix des équipements sont en perpétuelle baisse.   

    Au Maroc, le potentiel est important. L’irrigation localisée basée sur les installations de pompage individuelles représente une part importante dans le secteur de l’agriculture, soit environ 23% de la superficie irriguée en 2010. La plupart des exploitations agricoles sont de petite taille (53,3% d’une superficie de moins de 3 ha) nécessitant la petite irrigation.

    Selon une étude du 4C (Centre de compétences du changement climatique), réalisée dans le cadre du programme de pompage solaire, ces petites unités offrent une agriculture de subsistance et sont souvent très vulnérables à l’augmentation des prix de l’énergie, notamment le gasoil qui constitue une part de plus en plus importante dans le coût de production.

    Par ailleurs, une grande partie des motopompes d’irrigation fonctionnant au gasoil sont converties par les paysans en gaz butane, du fait de son prix largement subventionné. Le ministère de l’Agriculture parle de plus de 100.000 ha irrigués par l’utilisation du butane. Selon le département de l’Energie, la consommation de butane dans l’agriculture est estimée à environ 800 ktep par an.

    Ambitionnant d’aider au développement d’une filière structurée et professionnelle de pompage solaire, un programme a été mis en place par les ministères de l’Energie et de l’Agriculture et financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM-GEF) à hauteur de 25,26  millions de DH et par le Pnud (957.000 DH).

    Le coût cumulé d’investissement dans le solaire est estimé à 44 millions d’euros (474 millions de DH) pour la période 2015 à 2020 et 90 millions d’euros (970 millions de DH) pour la période 2015 à 2025. Les besoins des activités d’accompagnement sont estimés à 3 millions d’euros (32 millions de DH) sur la période 2015-2025.

    «L'énergie solaire photovoltaïque constitue une alternative avantageuse et compétitive par rapport aux autres sources traditionnelles», précise Said Mouline, DG de l’AMEE (Agence marocaine de l'efficacité énergitique). Ce programme de pompage solaire ciblera en particulier les petits agriculteurs (exploitations de moins de 5 hectares) et qui disposent d’ores et déjà d’une pompe fonctionnant au gasoil ou au gaz butane. Les pompes électriques ne sont pas éligibles.

    Sur la base d’une taille moyenne de 2 kWc par pompe, la capacité installée totale visée serait d’environ 100 MWc. Ce projet permettra également un gain cumulé sur la facture énergétique à l’horizon 2030 de l’ordre de 2,43 milliards de DH, sur la base d’un coût de 794 dollars/tonne pour le butane et de 943 dollars/tonne pour le gasoil. Côté compensation, le gain estimé pour l’Etat s’élève à 1 milliard de DH (sur la base d’une subvention de 6,62 DH/kg pour le butane et de 0,8 DH/litre pour le gasoil). L’impact sur les agriculteurs a été également calculé. Le gain estimé est de l’ordre de 2,77 milliards de DH, à l’horizon 2030.

    Nadia DREF

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