International

Affaire Khashoggi: Nouveau rebondissement

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5374 Le 18/10/2018 | Partager
Washington se greffe sur le dossier
Mike Pompéo s’est entretenu avec le président Erdogan
Erdogan évite d’accuser ouvertement Riyad

Quinze jours après la disparition du journaliste saoudien, l’énigme demeure entière. Surtout que cette affaire n’est plus cantonnée dans les relations bilatérales entre Istanbul et Riyad. Elle est devenue internationale au point que plusieurs pays qui comptent suivent de près cette histoire. D’autant que les Etats-Unis se sont greffés sur ce dossier, avec des sorties de Donald Trump, suivies d’un entretien avec le Roi d’Arabie saoudite.

Jusqu’ici, Washington ménage Riyad en dépit de nouveaux indices accréditant la thèse de son assassinat au consulat saoudien, dit-on dans la presse internationale. Le président américain lui-même semble accorder le bénéfice du doute à son allié, réclamant l’application à l’Arabie saoudite du principe de présomption d’innocence et rappelant que ce pays menait sa propre enquête.

De leur côté, les autorités turques ont effectué une fouille au consulat saoudien d’Istanbul lundi. Elles ont entamé mercredi après-midi des recherches dans la résidence du consul Mohammad Al-Otaibi, qui, selon les médias turcs, était présent au consulat quand l’assassinat supposé a eu lieu. Cette fouille de la résidence du consul devait avoir lieu mardi mais a été reportée.

Le motif invoqué par les autorités saoudiennes: la présence de la famille du consul. Sauf qu’il a quitté Istanbul mardi après-midi à destination de Riyad. Un journal pro-gouvernemental turc, accuse directement les services de sécurité de l’Arabie saoudite. Il affirme s’appuyer sur des enregistrements sonores réalisés à l’intérieur du consulat, rapporte dans son édition de mercredi que le journaliste y a été torturé avant d’être «décapité» par des agents saoudiens.

Dans la foulée, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompéo a entamé un ballet diplomatique qui l’a mené de Riyad à Ankara où il a eu un entretien avec le président turc.

Recep Tayyip Erdogan s’est gardé d’incriminer ouvertement Riyad. Après une rencontre avec son homologue turc, le secrétaire d’Etat américain a quitté Ankara.  Cette visite intervient au moment où la presse turque publiait de nouvelles révélations accablantes pour l’Arabie saoudite, selon lesquelles le journaliste saoudien a été torturé et assassiné dans le consulat de son pays à Istanbul le 2 octobre.

La ligne politique du président américain met en avant l’importance des ventes d’armes américaines à l’Arabie saoudite. Cette donne pourrait exclure toute sanction contre son allié Riyad. Surtout que de nouveaux contrats sont en perspective.

Cette affaire est embarrassante à plus d’un titre. Déjà, les relations entre l’Arabie saoudite et la Turquie battent de l’aile. Avec cette affaire et les tensions générées, elles pourraient provoquer une rupture entre les deux pays. Sauf que les voies de la diplomatie sont impénétrables.

Les «détenus du Ritz»

Il y a plus d’une année, dans la crise entre les pays du Golfe, l’Arabie saoudite et le Qatar, Recep Tayyip Erdogan avait pris position en faveur de Doha. Il est également proche des frères musulmans, ce qui n’arrange pas les choses. Par ailleurs, cette séquence rappelle une autre moins dramatique, qui s’est déroulée à Riyad l’année dernière. En effet, de riches dignitaires du régime et hommes d’affaires, à l’instar de El Oualid Ibn Talal, ont été retenus dans un grand hôtel le Ritz Carlton. Celui qui était aux commandes de cette opération n’est autre que le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman. A cette même période, le premier ministre libanais Saâd El Hariri avait remis sa démission à partir de Riyad où il était retenu.

 

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