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    Médias

    Assises de la presse francophone: La migration, défi du monde mais des médias aussi

    Par Meriem OUDGHIRI | Edition N°:5368 Le 10/10/2018 | Partager
    Leur importance dans une meilleure compréhension du phénomène et des sociétés
    Mieux les outiller à prendre en charge cette thématique
    Une urgence: casser les mythes et les fantasmes
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    Pendant trois jours, près de 300 professionnels d’une cinquantaine de pays se pencheront ainsi sur différents thèmes liés aux migrations (Ph. MO)

    C’est dans la très huppée station de ski Tsaghkadzor («vallée des fleurs» en arménien), à une cinquantaine de kilomètres de la capitale Erevan, que se sont ouvertes hier mardi 9 octobre les 47e Assises de la Presse francophone. L’événement se déroule en même temps que le forum économique francophone et le sommet des chefs d’États de la francophonie.

    Pendant trois jours, les débats porteront sur le thème «Médias et Migrations», très lié à l’actualité. Et qui mieux que l’Arménie pour accueillir les Assises de l’UPF autour de ce thème très sensible pour le pays qui a connu l’épisode le plus sanglant de l’histoire (le premier génocide du 20e siècle) touchant des populations civiles.

    Ces Assises se tiennent aussi quelques jours après la disparition de Charles Aznavour, celui qui symbolise à lui tout seul le lien qui unit l’Arménie et la francophonie. Cette dernière, telle que pensée, représente «des milliers de langues et n’est rien d’autre que d’habiter plusieurs mondes en même temps» , soulignera pour sa part Tidiane Dioh, Responsable des programmes médias à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

    Pour lui, la question de la migration est centrale et une donnée essentielle de la mondialisation et des sociétés humaines. Pour cela, elle nécessite une approche humaniste et c’est le paradigme que la Francophonie essaye de développer. Il s’agit de casser les mythes qui y sont associés et les fantasmes qui tournent autour. «Cessons de croire que les migrants peuvent être un fardeau, ils sont aussi une chance pour les sociétés qui les accueillent», ajoute-t-il.

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    De droite à gauche, la team de l’UPF Maroc aux 47e Assises de la presse francophone: Fatima El Ouafi, trésorière, Jihane Gattioui, secrétaire générale, Moncef Sakhi, conseiller, Myriam Ezzakhrajy, vice-présidente et Khadija Alaoui vice-présidente. La délégation marocaine est présidée par Meriem Oudghiri, Secrétaire Générale de la rédaction de L’Economiste (debout) (Ph. MO)

    Pendant trois jours, près de 300 professionnels d’une cinquantaine de pays se pencheront ainsi sur différents thèmes liés aux migrations: sont-elles suffisamment traitées par les médias? Existe-t-il des stéréotypes dans la couverture des flux migratoires? Comment les combattre? Les médias jouent-ils un rôle dans la dynamique migratoire? L’usage des réseaux sociaux a-t-il un impact sur les projets migratoires des jeunes? Quelle utilité des médias issus de l’immigration? Les journalistes sont-ils formés pour rendre compte de ce domaine? Comment mieux comprendre et informer au plus juste? Quelle est le rôle des images, et comment les choisir?

    Toutes ces questions sont au cœur de ces 47e Assises qui ont convié journalistes et professionnels de tout l’espace francophone à croiser leur regard, à analyser et à questionner leurs méthodes de travail sur la thématique. Depuis des siècles, la migration a nourri des nations mais elle a aussi engendré des drames humains.

    Dans un monde de plus en plus ouvert et connecté, le rôle des médias est plus que jamais essentiel dans un traitement juste de la question car il permet une meilleure compréhension de la société. Et ce, face aux difficultés et à la détresse humaine des populations migrantes.

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    Les hommages à Charles Aznavour se poursuivent sur la place qui porte son nom à Erevan. Ce monstre sacré de la chanson symbolise à lui tout seul tout le lien qui unit la francophonie et l’Arménie (Ph. MO)

    Aussi, estime Madiambal Diagne, Président international de l’UPF, «il convient avec les spécialistes des questions de migrations des populations, avec les acteurs politiques et de la société civile, de nourrir la réflexion afin de mieux outiller les professionnels des médias à prendre en charge cette question».

    Pour lui, il s’agit de regarder de plus près comment les médias traitent cette question, «comment ils racontent ces odyssées individuelles et collectives mais aussi parfois pourquoi ils n’approfondissent pas assez, voire oublient certains aspects humains de ces drames individuels et collectifs. Ou, parfois, peut-être, en oublient certains aspects géopolitiques», ajoute le Président de l’UPF.

    Dans toutes ces questions sensibles, les médias ont ainsi une responsabilité à double tranchant, renchérit pour sa part Maria Bou Zeid, Présidente du département d’études sur les médias et l’émigration de l’Université Notre Dame de Louise au Liban lors de la conférence inaugurale.

    Ainsi, une responsabilité dans le processus d’intégration des migrants et une responsabilité de refléter des images objectives. Autrement dit, arrêter de faire fonctionner la machine du sensationnalisme et changer son logiciel de traitement de cette thématique.

                                                                                  

    Le premier pacte mondial sur la migration à Marrakech

     «Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières est notre réussite collective et notre responsabilité collective», estime Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies. En juillet dernier, l’Assemblée générale des Nations Unies a finalisé le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

    Les Etats membres de l’ONU se sont mis d’accord sur le texte du Pacte qui doit être formellement approuvé lors d’une conférence intergouvernementale à Marrakech en décembre prochain. C’est la première fois que les États membres négocient un accord couvrant toutes les dimensions de la migration internationale d’une manière globale.

    En septembre 2016, l’ONU a lancé un processus de deux ans destiné à développer et à présenter un Pacte mondial pour les migrations avant fin 2018. «Ce ne sera pas un traité formel», avait déclaré Guterres. «Il n’imposera pas des obligations contraignantes aux Etats».

    Par contre, a-t-il souligné, «c’est une occasion sans précédent pour les dirigeants politiques de démonter les mythes pernicieux entourant les migrants et d’élaborer une vision commune sur la manière de faire pour que les migrations se déroulent au mieux dans l’intérêt de tous». Le texte final du Pacte qui sera signé à Marrakech rassemble une série de principes dédiés aux droits de l’Homme et des enfants, et des mesures pour soutenir les pays face aux migrations.

    DNES en Arménie, Meriem OUDGHIRI

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