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    Tribune

    Pour une nouvelle ère dans la coopération euroméditerranéenne

    Par L'Economiste | Edition N°:5367 Le 09/10/2018 | Partager
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    Il y a dix ans, les dirigeants des Etats riverains de la Méditerranée et de l’Union européenne se sont réunis à Paris pour entamer une nouvelle étape de la coopération régionale, s’appuyant sur le processus de Barcelone lancé une décennie auparavant. Ils ont créé à cette occasion l’Union pour la Méditerranée.

    Dix ans plus tard, la coopération en Méditerranée est d’autant plus nécessaire. Notre région traverse une phase de transition longue et difficile. La concurrence entre les puissances mondiales et régionales et l’absence de mécanismes efficaces de dialogue et de coopération ne peuvent qu’aggraver les conflits actuels, et risquent d’en créer de nouveaux. Une dynamique plus coopérative représente l’unique moyen de mettre fin aux conflits en cours, de créer des emplois et d’assurer une croissance durable pour nos populations.
     La Méditerranée a été le berceau de civilisations et de cultures dynamiques qui ont donné naissance à l’alphabet, à la démocratie, à la philosophie ainsi qu’aux premières grandes bibliothèques et académies du monde. Compte tenu de la richesse de ses ressources naturelles et humaines, le poids économique de la région ne peut être sous-estimé. Ces dernières années, toutefois, la région a dû faire face à des défis majeurs qui ne lui permettent pas d’exploiter tout son potentiel.

    Hier lundi,  nous réunissions à Barcelone les ministres des Affaires étrangères de l’Union pour la Méditerranée à l’occasion du troisième forum régional de l’UpM. L’institution représente un espace de dialogue unique en son genre, le seul où l’ensemble des pays de la région mettent en œuvre des projets de coopération concrets qui répondent à leurs intérêts partagés en matière de sécurité et de développement humain et durable.

    La diversité des sociétés euroméditerranéennes est notre richesse. A ce titre, elle est une opportunité plutôt qu’un défi. Au-delà des divisions ethniques, culturelles et religieuses, ce qui nous réunit a bien plus de poids que ce qui nous divise. Nous voulons tous lutter contre la menace du terrorisme et de l’extrémisme.

    Nous voulons tous parvenir à des solutions politiques aux crises en Syrie, au Yémen, en Libye, ainsi que remédier aux autres foyers de crise de la région. Nous sommes déterminés à résoudre le conflit israélo-palestinien sur la base de la solution à deux Etats, voie unique vers la paix et la sécurité mondiales. Nous souhaitons tous une gestion durable et humaine de la crise migratoire, à la fois pour les migrants et les communautés d’accueil. Nous aspirons à investir dans notre jeunesse à travers l’éducation et la création d’emplois décents pour tous.

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    La crise migratoire reste l’un des dossiers où les impératifs de mobilisation institutionnelle dans la Méditerannée sont les plus forts (Ph. AFP)

    Les politiques strictement nationales ne suffisent plus. Une approche régionale coordonnée est plus que jamais essentielle.

    Notre objectif premier consiste à mettre les populations de la région au cœur de notre coopération. Nous travaillons de concert pour répondre aux aspirations de notre jeunesse et pour lui offrir les opportunités qu’elle mérite. L’extrémisme, la pauvreté et les conflits ruinent non seulement les générations présentes, mais ont également des conséquences désastreuses pour celles à venir. Nous ne parviendrons pas à trouver toutes les solutions à ces défis, mais nous devons faire preuve d’audace en explorant ensemble de nouvelles façons de les relever.

    Dans ce contexte, l’UpM s’est mobilisé dans un large éventail de secteurs. Nous avons créé des universités pour former une nouvelle génération ayant une identité euroméditerranéenne renforcée. Nous avons offert des formations à plus de 100.000 jeunes et soutenu le développement de plus de 800 petites et moyennes entreprises.

    Nos ministres se sont réunis à plusieurs reprises sur des domaines aussi variés que la mobilité, le renforcement des capacités des femmes, l’action pour le climat, les énergies renouvelables, la protection de l’environnement, la gestion des ressources, la connectivité régionale et le développement urbain.

    Actuellement co-présidée par la Jordanie et l’UE, l’UpM est dotée d’une structure et d’un système de gouvernance qui favorisent la concertation et le partage des responsabilités. L’engagement et le dévouement des équipes du Secrétariat général de l’UpM à la mission de l’organisation ont également été essentiels. A travers une approche très opérationnelle, l’UpM a pu mettre en œuvre des initiatives concrètes ayant un impact tangible sur le terrain.

    Misant sur la diversité de ses expériences, le soutien politique de ses Etats membres et son capital humain, l’UpM continuera à travailler de façon pragmatique pour la mise en œuvre d’un agenda positif pour la région. Nous sommes réalistes quant à la difficulté de la situation en Méditerranée, mais nous n’abandonnons pas. Aujourd’hui plus que jamais, c’est de la conduite de chacun que dépend le sort de tous.

    Par Federica MOGHERINI,  Nasser KAMEL & Ayman SAFADI

     

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