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    Intelligence artificielle: Les robots dépasseront-ils les humains?

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5366 Le 08/10/2018 | Partager
    Pas de panique, selon un expert d’IA, quelle que soit la machine, c’est l’homme qui donne l’ordre
    Mais son développement transforme en profondeur les relations économiques et sociales
    L’analyse des masses de données, une arme à double tranchant
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    Les statistiques montrent que la course à l’intelligence artificielle risque de reproduire le schéma des inégalités, entre pays superconnectés et d’autres à la traîne. Mais ces données montrent également les opportunités offertes aux startups pour se greffer sur ces nouveaux gisements de croissance

    «La singularité technologique est le nouvel opium des peuples». Cette idée qui commence à faire son chemin traduit les transformations liées à la montée en puissance de l’intelligence artificielle. Ses applications commencent à transformer en profondeur les relations économiques et sociales dans plusieurs pays. Cette «singularité technologique», qui traduit l’évolution à travers laquelle l’intelligence artificielle risque de dépasser celle des humains, suscite fascination et craintes.

    Pour Jean-Gabriel Ganascia, professeur universitaire, expert en intelligence artificielle, ce moment n’est pas encore à redouter. Surtout que pour le moment, les nouvelles applications de l’intelligence artificielle n’ont rien de révolutionnaire. Il s’agit surtout d’une évolution basée sur un cumul des différentes étapes de développement de cette discipline initiée à partir de 1955.

    Néanmoins, les implications concrètes de l’intelligence artificielle sont en train de transformer profondément les sociétés. «Les concepts de confiance, d’amitié, de réputation, qui font la trame du tissu social évoluent, avec des répercussions sociales majeures», a expliqué ce professeur à la faculté des sciences à la Sorbonne, qui intervenait lors d’une conférence organisée par l’Institut CDG récemment à Rabat.

    Cela se traduira-t-il par des pertes massives d’emplois suite au renforcement de la robotisation de certaines filières? Plusieurs observateurs redoutent que ce virage numérique ne creuse davantage le problème du chômage et des inégalités. Pour Ganascia, «les métiers évoluent, et certaines tâches seront de plus en plus automatisées».

    Mais pas de panique. «Cela ne signifie pas que le travail disparaîtra, bien au contraire. Car, même si certaines tâches sont exécutées par des machines, il faudra que les hommes puissent savoir mettre en œuvre ces automatismes», a-t-il expliqué. Quelle que soit la machine, l’ordre est toujours donné par l’humain. Concrètement, les Etats doivent se préparer à ce virage en misant sur l’adaptation du système d’enseignement aux nouveaux besoins du marché de l’emploi.

    Plusieurs rapports d’Organisations internationales ont expliqué qu’une grande partie des métiers de demain ne sont pas encore connus. D’où le besoin de développer de nouvelles compétences, pour être en phase avec les transformations en cours.

    Autres changements impliqués par l’évolution technologique: l’exploitation de grandes masses de données (Big data) avec des techniques d’apprentissage machine, selon Ganascia. Ce «deep learning» ou apprentissage profond, consiste en l’analyse de vastes bases de données par un algorithme pour en déduire des modèles, utilisé par l’intelligence artificielle.

    C’est ce qui permet par exemple à certains assistants personnels proposés par les géants des nouvelles technologies, de prévoir le comportement de leurs propriétaires, notamment en analysant leurs interactions avec les objets connectés. Parallèlement, cette exploitation des données, notamment celles générées par les réseaux sociaux, permet également de «profiler les clients pour faire de la publicité adaptive», a expliqué Ganascia.

    Ces données peuvent aussi être décisives pour les industriels. Par exemple, elles favorisent une gestion en temps réel de leur logistique, avec un calcul instantané du stock, sans attendre la réalisation de l’inventaire. Elles permettent de «modifier la conception des produits de façon dynamique, en fonction des retours d’usage».

    Actuellement, «les grands acteurs d’Internet ont la possibilité de mieux récupérer ces données par rapport aux autres. Donc, ils raflent la mise, car nous sommes dans un monde où le premier remporte tout», a mis en garde ce professeur, également président du Comité d’éthique du CNRS France.

    Menace sur les attributions régaliennes

    Au-delà des transformations qui impactent les relations économiques et sociales, le développement de l’intelligence artificielle constitue aussi une menace pour certaines attributions régaliennes des Etats. C’est l’un des principaux enjeux politiques du développement de l’intelligence économique, pointés par Jean-Gabriel Ganascia. Par exemple, en matière de sécurité intérieure, la reconnaissance faciale est une technologie de plus en plus utilisée. Idem pour les réseaux sociaux qui jouent désormais un rôle d’état civil virtuel. L’exemple le plus édifiant est celui du monopole par l’Etat de la monnaie. Un monopole en cours d’érosion, notamment avec le développement des crypto-monnaies comme les Bitcoins ou des plateformes de paiement comme Paypal. L’intelligence artificielle risque également de concurrencer l’Etat dans d’autres prestations de service notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.

     

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