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    Economie

    Université d'été de la CGEM Elalamy: «De grâce, arrêtons avec la sinistrose»

    Par Amin RBOUB Nadia DREF | Edition N°:5361 Le 01/10/2018 | Partager
    Mauvais impact des messages négatifs sur l'attractivité de l'investissement, les IDE, les créations d'emplois...
    Dette subordonnée, refonte des fonds CCG, small business act… les promesses de Benchaaboun

    Après un brillant exposé philosophique de Ali Benmakhlouf sur «La croissance inclusive et le nouveau rôle des Etats et responsabilités des entreprises», My Hafid Elalamy a poussé un coup de gueule en réagissant à l'intervention du philosophe. C'était lors de la plénière de clôture, samedi 29 septembre,  de la 1re Université d'été de la CGEM.

    Un plaidoyer du ministre de l'Industrie contre «la sinistrose» ambiante. «Est-ce que tout va bien? Jamais», consent le ministre. Et d'ajouter: «Est-ce que tout va mal: Non». My Hafid Elalamy a tenu à réagir à une réflexion de Ali Benmakhlouf sur la nécessité de monter en valeur ajoutée dans l'industrie. Ce qui passe par le taux d'intégration. De l'avis de Elalamy, «tout ce qui se raconte de négatif sur le taux d'intégration est faux».

    Il en veut pour preuve que PSA (Kénitra) va démarrer avec plus de 60% d'intégration locale dès mars 2019 avec la révélation d'un véhicule en partie conçu par des ingénieurs marocains. «Certes, nous ne sommes pas bons partout, mais il ne faut pas raconter des aberrations non plus. De grâce, ne mettez pas la chimio à un patient qui n'a pas le cancer». 

    A tous ceux qui se veulent critiques par rapport à l'indicateur de l'intégration locale, le faible niveau de compétences, une main-d'œuvre non qualifiée, des composants basiques... Elalamy rétorque que c'est un argumentaire archi-faux: «Je défie quiconque pense le contraire. Par ignorance, incompétence, manipulation, bêtise ou esprit suicidaire, parfois sur certains sujets l'on se met la corde au cou et on la tend très fort», répète-t-il en faisant allusion à la presse et à des opérateurs économiques.

    Et d'ajouter: attention à ne pas sombrer dans la sinistrose, cette maladie est contagieuse et ne se soigne pas très vite. Cela prend des décennies. Soyons vigilants, l'effet auto-contamination est grave». C'est dire l'impact que les messages négatifs peuvent avoir sur l'attractivité de l'investissement, les IDE, les créations d'emplois et surtout l'image du pays à l’international.

    «Nous sommes tous sur la même embarcation: Maroc SA. Si l'économie ne marche pas, nous allons couler ensemble», prévient le ministre de l'Industrie.  Selon Elalamy, les chiffres sont têtus: il en veut pour preuve qu'à terme PSA devra passer à 80% d'intégration locale avec la production de 200.000 moteurs. Le Maroc fera un record mondial, car il n'y a aucun pays au monde qui réalise 85% d'intégration locale. Le sourcing local dans l'industrie automobile, c'est 100 milliards de DH.

    Certes, au tout début, admet le ministre, «le taux d'intégration était faible avec Renault. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas». La tutelle a passé en revue l'évolution des exportations des principaux secteurs industriels de janvier à août 2018: l'automobile arrive en tête (+17,7%), suivie juste après par l'aéronautique (+17,2%), l'industrie pharmaceutique (+7,7%), l'électronique (+6,7%), textile-cuir (+3,4%)... 

    «Si un secteur marche moins bien que les autres, c'est que les fédérations ne font pas correctement leur travail», soutient le ministre Elalamy par allusion au secteur du cuir. En revanche, «l'automobile a pris de l'ecstasy», ironise le ministre qui se dit fier du travail réalisé par l'Amica. 

    Juste après, Mohamed Benchaaboun, tout nouveau ministre de l'Economie et des Finances, a annoncé le regroupement des 12 fonds de garantie dédiés aux PME et TPE gérés par la CCG en 2 uniquement. Un fonds sera dédié à la trésorerie et un autre à l’investissement.

    «La hausse du taux de la garantie et la réduction du coût de cette dernière seront liées à l’amélioration de la gouvernance de l’entreprise mesurée par les commissaires aux comptes», précise Benchaaboun. L’argentier du Royaume a également exhorté les opérateurs privés «à injecter les 40 milliards de DH de remboursement de la TVA dans l’économie pour créer de la croissance».

    Fort de son expertise en tant qu’ex-banquier, Benchaaboun remet les pendules à l’heure: «Nos PME sont sous-capitalisées. Elles ne disposent pas, dans leur majorité, d'outils de gouvernance leur permettant de gagner en compétitivité et en performance».

    A juste titre, le ministre des Finances a annoncé un nouveau mécanisme qui permettra aux PME de consolider leur structure bilancielle via des quasi-fonds propres. Il s’agit d’une sorte de dette subordonnée, financée à des taux bonifiés. Cette mesure sera intégrée dans le projet de loi de finances 2019.

    Pour sa première sortie, Benchaaboun promet un cadeau aux TPE. «Jusqu’à présent, certaines TPE s’adressent aux  banques, d’autres aux organismes de microcrédit. Et on se retrouve avec des milliers de ces structures dans un no man’s land», précise le ministre.

    Le gouvernement procédera à un amendement de la loi afin d’augmenter ce plafond et de permettre à la Caisse centrale de garantie (CCG) de financer une rallonge à des taux intéressants. En effet, ces TPE ne peuvent être financées ni par les banques, ni par les associations de microfinance (AMF), dont la quotité est plafonnée à 50.000 DH.

    Autre mesure promise par l’argentier: le «small business act». Objectif: permettre aux PME et TPE d’accéder à la commande publique. Une vision partagée par Mehdi Alaoui, président de Lafactory: «Les startups n’ont pas besoin d’argent. Elles ont besoin de bons de commande».

    Digitalisation des procédures

    La thématique «l’état de l’Etat: nouveau monde, nouveau rôle?» a suscité un vif débat. Pour Ahmed Rahhou, PDG de CIH Bank: «L'Etat doit se passer de cette intermédiation forte et ce, à travers la dématérialisation et la digitalisation des procédures». Et d’ajouter: «Il faut passer d’une culture de moyens à une culture de résultats. Nous avons un empilement de réglementations mais souvent on oublie la finalité de leur mise en place». Pour Zouhair Chorfi, secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances: «Nous devons exploiter au mieux les nouvelles technologies et la dématérialisation pour éviter la corruption.  Le zéro papier doit être l'objectif! Aussi il faut redonner aux fonctionnaires la dignité et les revaloriser pour être au rendez-vous».

     

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