Economie

Conseil BAM: Coup de mou de la croissance

Par Franck FAGNON | Edition N°:5358 Le 26/09/2018 | Partager
La progression du PIB retomberait à 3,1% en 2019
Echanges extérieurs: Merci aux phosphates et à l’automobile!

Pour les opérateurs économiques, c’est l’une des bonnes nouvelles annoncées hier par Bank Al-Maghrib à la sortie de son Conseil trimestriel: les cours mondiaux du pétrole s’inscriraient en baisse en 2019. Le cours moyen du baril du Brent avoisinerait une moyenne de 69,8 dollars cette année avant de connaître une détente, à 63,8 dollars en 2019.

Si cette baisse est répercutée par les distributeurs des produits pétroliers (ce n’est pas acquis), cela ferait des substantielles économies aux grands secteurs énergétivores- transports routiers, cimenterie, etc). Au plan macroéconomique, c’est une source en moins d’inflation importée.

La variation des prix de détail à la consommation devrait connaître une décélération au cours de la deuxième moitié de cette année et ne devrait pas dépasser 2,1%. En 2019, elle reviendrait à 1,2%. Sa composante sous-jacente, qui mesure la tendance fondamentale des prix, resterait modérée se rapprochant de 1% en 2018 et 1,2% en 2019.

En revanche, sur le front de la croissance, malgré un taux que certaines grandes économies nous envieraient, la performance reste plutôt moyenne au regard du défi posé par le chômage massif des jeunes (40,5% en milieu urbain). Selon les projections de Bank Al-Maghrib, le PIB croîtrait de  3,5% en 2018, soit 0,6 point en dessous de l’année dernière, et à 3,1% en 2019.

La valeur ajoutée agricole s’accroîtrait de 5,1% cette année puis connaîtrait, sous l’hypothèse d’une campagne agricole normale, un recul de 1,6% en 2019. En revanche, les activités non agricoles poursuivraient leur redressement, avec une croissance de 3,3% en 2018 et de 3,7% en 2019. Sur la base des trajectoires de l’inflation et de la croissance à moyen terme, Bank Al-Maghrib a maintenu inchangé le taux directeur à 2,25%, un niveau qu’il juge «approprié».

Le secteur automobile et les phosphates et dérivés maintiendraient leur dynamique à l’exportation. Au terme de l’année en cours, ces deux locomotives des échanges extérieurs marqueraient une progression respective de 8,2% et pour l’année 2019, 6,8%. Alors que les transferts des MRE et recettes touristiques marqueront un peu le pas cette année, l’OCP et l’automobile sont clairement les deux amortisseurs de la balance des opérations courantes.

Les prix des phosphates et dérivés devraient rester sur leur orientation actuelle à la hausse pour le reste de l’année, selon les pronostics établis au printemps par la Banque mondiale: 390 dollars/mt pour le DAP, à 315/mt pour le TSP et à 95 dollars/mt pour le phosphate brut.

En intégrant les entrées de dons des pays du Conseil de la Coopération du Golfe -4,8 milliards de DH cette année et à 2,1 milliards l’année prochaine-, le déficit du compte courant se creuserait à 4% du PIB en 2018 et s’atténuerait à 3,7% en 2019.

Les réserves internationales nettes devraient quasiment se stabiliser à près de 240,8 milliards de DH à fin 2018 et atteindraient 252,3 milliards au terme de 2019. Leur couverture en mois d’importations de biens et services se situerait ainsi à 5 mois et 10 jours cette année avant un léger rebond en 2019 à 5 mois et 18 jours.

Le crédit bancaire en hausse de 4%

Le cours du dirham s’est apprécié de 1,9% contre l’euro sur les 8 premiers mois de l’année et s’est déprécié de 0,9% vis-à-vis du dollar américain. Le taux de change effectif s’est apprécié, au cours du deuxième trimestre, de 1,4% en termes nominaux et de 0,9% en termes réels.
Quant aux taux débiteurs, ils ont connu une baisse trimestrielle de sept points de base, tirée par celle des taux appliqués aux entreprises, avec en particulier un recul de 31 points pour les prêts accordés aux très petites, petites et moyennes entreprises. En revanche, les taux appliqués aux particuliers ont connu une hausse de 31 points.
La progression du crédit bancaire au secteur non financier est restée quasi-stable d’un mois à l’autre à 3,5% en juillet. Il devrait terminer l’année sur une hausse de 4% et s’accélérer légèrement à 4,5% en 2019.

                                                                                    

Verbatim

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Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib (Ph. Bziouat)

«Je ne suis pas contre le dialogue social et la hausse des salaires, mais ces discussions devraient intégrer aussi la question de l’amélioration de la productivité. Ile ne faut pas tomber dans la facilité».
 
Régime de change: «La première phase de la flexibilisation du dirham se déroule normalement ; le comportement de la devise nationale confirme ce que nous avons toujours affirmé: le dirham n’était pas désaligné. Pour la deuxième phase, il faudra attendre que les autres réformes qui doivent soutenir la compétitivité de l’économie soient mise en œuvre».
 
Investissement privé: «Il faut agir sur les délais de paiement, les arriérés de TVA,… bâtir un système national de garantie. Cela peut aider les banques et les investisseurs à retrouver la confiance».

 

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