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    Culture

    Tanjazz: Entre danses syncopées et complaintes déchirantes

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5356 Le 24/09/2018 | Partager
    La 19e édition du festival a encore une fois réussi son pari
    Le jazz sous toutes ses formes
    Un budget «modeste» de 3,2 millions de DH
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    Entre les différentes salles du palais, les grandes scènes, les jazz-clubs, les festivaliers peuvent se balader au gré de leurs envies et s’offrir un voyage musical très éclectique (Ph. Chakib Garti)

    Rarement festival n’aura trouvé un écrin aussi prestigieux. C’est dans le magnifique palais des Institutions italiennes, ancienne demeure de Moulay Abdelhafid à Tanger, que le Tanjazz prend ses quartiers depuis plusieurs années. Cette 19e édition, qui s’est déroulée du 20 au 23 septembre, a fait vibrer l’imposante bâtisse de 33.000 m2 aux rythmes éclectiques et colorés du jazz dans tous ses états.

    Entre la grande scène extérieure, le jazz club, le blues bar, les séances acoustic lounge et autres swinging ballrooms, ce sera plus d’une quarantaine de concerts sur 4 jours, dans le magnifique palais qui contribue à donner une certaine magie aux performances nocturnes.

    Se balader entre les somptueuses salles d’apparat, les cours d’honneur et les jardins du palais… apprécier les récitals intimistes, les jam-sessions ou les concerts sur les grandes scènes… c’est ce qui rend ce rendez-vous tangérois si particulier. En tout, le festival a invité quelque 22 formations, pour une centaine d’artistes.

    Plus de 45 concerts, sets et autres performances, gratuits à travers les boulevards et sur la grande scène BMCI Ville, ou payants au sein des six espaces de l’enceinte du palais des Institutions italiennes, ont été programmés. Une programmation éclectique, mais toujours rigoureuse, entre jazz classique, world music, blues, swing, rock et même pop qui a ravi le public, sans pour autant frustrer les puristes.

    Après avoir proposé, en 2017, une série de découvertes des jeunes talents avec comme thème: «Les nouvelles voix du jazz», le festival du détroit s’est engagé, cette année, dans une exploration des champs du possible avec «Le jazz dans tous ses états».

    La ville du détroit s’est laissée ainsi tour à tour emporter par des danses syncopées ou bercées par des complaintes déchirantes, brisant, encore une fois, les codes de styles emblématiques en explorant les mouvements émergents ou en revisitant les éternels classiques du jazz.

    Le festival est coutumier des paris risqués et ne propose que très rarement des têtes d’affiche exceptionnelles, ou de très grands noms, mais s’intéresse plutôt aux révélations prometteuses. Un choix qui n’enlève rien à la qualité de l’évènement tangérois, tant le choix des artistes est pointu tout en restant éclectique.

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    Le Tanjazz ne propose que très rarement des têtes d’affiche exceptionnelles, ou de très grands noms, mais s’intéresse plutôt aux révélations prometteuses. Le festival s’est taillé au fil des ans une réputation de découvreur de talents (Ph. Chakib Garti)

    A commencer par les hommages aux légendes du jazz (Coltrane, Nate Cole…). La performance est confiée à des formations contemporaines telles que Swing Ambassadors & Susana Sheiman, ainsi qu’à l’auteur-compositeur Ori Dagan. Une riche voix de baryton et un penchant certain pour l’impro ont fait sans aucun doute de la prestation de l’artiste canadien l’une des principales attractions du festival.

    Un exercice d’anthologie auquel s’est prêté également le talentueux Matthieu Boré avec ses interprétations audacieuses du répertoire néo-orléanais à travers «Mardi Gras songs». Nous avons particulièrement apprécié le mélange étonnant et l’univers esthétique très particulier du groupe United Colors of Méditerranée.

    Du ladino, de l’arabe, de l’hébreu. Un peu de gharnati, du chgouri, du matrouze… le tout additionné avec des sonorités ultra jazzy, rythmées par les percussions swingantes de Jason Marsalis, une sommité issue d’une fratrie célèbre de musiciens néo-orléanais. Un voyage à travers la Méditerranée, porté par une volonté farouche de fédérer plusieurs univers esthétiques pour mieux les fondre en un tout cohérent.

    L’hommage, en fin de la performance, à Rachid Taha, l’artiste disparu la semaine dernière, a touché le public qui en redemande. Salle comble également pour un autre métissage des plus réussis. Notre Majid Bekkas national, qui a écumé les scènes les plus prestigieuses du monde du jazz (Montreux, Jazz à Vienne, Marciac…) a offert une très belle performance dans une salle archicomble.

    Le créateur de «L’African Gnaoua Blues», cette nouvelle forme d’expression musicale issue de la musique spirituelle de transe gnaouie, métissée au jazz et au blues de source africaine, a joué en compagnie de musiciens virtuoses de renommée mondiale tels que: Archie Shepp, Pharoah Sanders, Joachim Kuhn,  Louis Sclavis, etc. 

    En mars 2015, il a reçu le prix de l’académie Charles Cros à Marseille pour son nouvel opus «al Qantara». Dans un esprit beaucoup plus rythmique, le groupe new-yorkais, Circular Time, a fait swinguer le public avec une série de concerts, dont un en hommage à Coltrane, un concert de latin jazz et un troisième de soul et style Motown. Funk, zydeco, jazz, hip-hop, rock, les Circular Time ont donné dans tous les styles avec des interprétations à 100.000 volts.

     

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