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Sommet de Salzbourg: Brexit et migrations au menu

Par L'Economiste | Edition N°:5354 Le 20/09/2018 | Partager
Les dirigeants devraient apaiser les tensions
Les propositions de Londres doivent être «retravaillées»

Les dirigeants européens se réunissent les 18 et 19 septembre 2018 à Salzbourg en Autriche. Ils veulent lancer le compte à rebours final pour boucler les difficiles négociations du Brexit et apaiser leurs querelles sur la crise migratoire. Les chefs d'Etat et de gouvernement poursuivront leurs débats jeudi sur le thème de la sécurité.

La Première ministre britannique Theresa May devrait exhorter ses collègues européens à assouplir leurs exigences sur la complexe question de la frontière irlandaise, la principale pomme de discorde entre les deux parties. Et ce, à six mois du Brexit prévu fin mars 2019. Si Londres et Bruxelles ont trouvé des compromis sur la plupart des contentieux (dont le règlement financier), ils continuent de buter principalement sur le sort de la frontière irlandaise.

Les deux parties sont d'accord pour éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande. Mais Londres conteste les termes du filet de sécurité (backstop) demandé par l'UE pour garantir ce résultat. Une solution inacceptable pour le gouvernement britannique car elle aboutirait à ses yeux à une frontière de fait entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

A Salzbourg, le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé que les 27 débattraient de la convocation d'un sommet extraordinaire en novembre, en plus de celui d'octobre, pour augmenter les chances de réussite. Tout en saluant l’évolution des négociations, il a demandé à Londres des propositions «retravaillées» sur la frontière irlandaise et la future relation avec l'UE.

Les débats sur les migrations concluront un été de bras de fer diplomatiques en Méditerranée autour de navires transportant des migrants, auxquels l'Italie refuse désormais d'ouvrir ses ports sans promesse d'un partage de leur accueil. «Les tensions parmi les Etats membres ont refait surface en raison des flux de migrants vers l'UE», a déploré Donald Tusk, dans sa lettre d'invitation aux 28. Et ce, malgré la forte baisse du nombre d'arrivées sur les côtes européennes par rapport au pic de 2015.

«Honnêtement, je ne m'attends pas à grand-chose... Mais même si l'Europe démontre pour la énième fois qu'elle est absolument inexistante et se désintéresse de la question migratoire, nous agissons de notre côté, avec des accords bilatéraux», a d'ores et déjà répondu le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini.

Peu de progrès ont été faits durant l'été pour concrétiser les projets européens de centres contrôlés en Europe, où distinguer rapidement demandeurs d'asile légitimes et migrants économiques à expulser.

Quant au projet de plateformes de débarquement hors de l'UE des migrants secourus en mer, aux contours encore flous, aucun pays africain ne s'est pour l'heure dit prêt à en accepter.

Les frontières de l’UE

L'Italie, l'Espagne et la Grèce sont réticents à l'idée de faire de l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex une force susceptible de déployer ses effectifs aux frontières de l'UE, a reconnu le chancelier autrichien Sebastian Kurz qui soutiendra cette proposition à Salzbourg. En revanche, les Européens se rejoignent désormais sur les objectifs d'intensifier les expulsions de migrants non éligibles à l'asile, de faire pression sur les pays de transit et d'origine et de renforcer les frontières extérieures de l'UE.

F. Z. T. avec agences

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