Entreprises

Women in business: La Berd soutient l’entrepreneuriat féminin

Par Nadia DREF | Edition N°:5353 Le 19/09/2018 | Partager
Financement, formation, networking,… un package pour améliorer la compétitivité
BMCE Bank of Africa et BMCI, premières banques à accompagner ce programme
Le besoin de financement estimé à 862 millions d’euros

Le Maroc est désormais le 18e pays à bénéficier du programme de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) «Women in business». Ce programme a été lancé en grande pompe, le 17 septembre à Casablanca. Objectif: Promouvoir l’entrepreneuriat féminin et accroître le financement des petites et moyennes entreprises dirigées par des femmes.

Une aubaine pour les business women dont les aspirations sont souvent contrariées par un manque d’accès aux financements et aux formations commerciales. Au Maroc, le programme est soutenu par des fonds de l’Union européenne dans le cadre de son initiative en faveur de l’inclusion financière (garanties financières).  

Deux banques locales accompagnent «Women in business». Ce qui représente une première car le démarrage dans les autres pays se fait toujours en partenariat avec une seule institution bancaire. Il s’agit de BMCE Bank of Africa et de la BMCI qui ont signé des conventions de partenariat avec la Berd.

«Les entreprises dirigées par des femmes représentent une opportunité inexploitée que toute banque ayant un intérêt stratégique pour le segment des PME au Maroc devrait envisager. Compte-tenu de l’absence d’offre dédiée, de la concurrence limitée et du potentiel inexploité de nombreuses relations clients, le marché des entreprises dirigées par des femmes donne au pionnier dans le marché l’avantage de capter les sous-segments les plus attractifs, de fidéliser les clients et d’asseoir sa domination sur le marché», précise-t-on auprès de la Berd.

Pour Idriss Bensmail, membre du Directoire et directeur général adjoint à la BMCI: «ce partenariat s’inscrit dans la continuité des actions déjà mises en œuvre par le groupe BNP Paribas, qui est engagé depuis de nombreuses années aux côtés des femmes qui entreprennent en créant ou en développant leur activité».

Même son de cloche auprès de BMCE Bank of Africa. De l’avis de Omar Tazi, directeur délégué: «Women in business est une nouvelle facilité de financement et d’accompagnement de l’entrepreneuriat féminin. Malgré les freins liés à la prise de risque de financement et au manque de formation, l’entrepreneuriat féminin est considéré comme un véritable gage de croissance et de création de valeur pour une économie à impact positif. Nous sommes convaincus que la femme est un partenaire et acteur privilégié».

Les banques signataires bénéficieront de lignes de crédit destinées aux institutions financières locales qui sont complétées par une assistance technique. Objectif: les aider à améliorer leurs méthodes de travail et offrir des produits financiers mieux adaptés aux besoins des entreprises dirigées par des femmes. Le potentiel est grand: Les femmes entrepreneurs représentent 41% du marché des PME.

Par ailleurs, 230.000 entreprises dirigées par des femmes au Maroc ne sont pas bancarisées. Le besoin de financement est estimé à 862 millions d’euros de prêts aux entreprises et 195 millions d’euros de recettes par an. Ce qui pourrait augmenter les revenus bancaires d’au moins 26%. Le marché des entreprises dirigées par des femmes représente 31% du portefeuille de prêts PME actuel

. Les entreprises dirigées par des femmes seraient des emprunteurs plus fiables, assurant une meilleure rentabilité des prêts. Selon la Berd, les études démontrent une probabilité de non-remboursement des prêts inférieure à 3,5% pour cette catégorie et même en cas de difficultés.  

Pour une meilleure implémentation du programme, la Berd s’appuie également sur l’Afem. L’institution offre des formations et un programme de mentorat pour permettre aux femmes entrepreneurs de partager leurs expériences et d’échanger leurs connaissances.

Les candidates recevront également des conseils en gestion, au développement à l’international, en stratégie digitale, des formations, une aide à la création de réseaux, ainsi qu’un accès au service d’auto-diagnostic en ligne «Business Lens». Un effort particulier sera consacré au soutien des femmes entrepreneurs basées en dehors des grands centres économiques, souligne la Berd.

Plus de 450 millions d’euros de financements

Depuis 2014, la Berd a soutenu 35.000 femmes entrepreneurs ainsi que 30 institutions financières dans 17 pays. Elle a accordé des financements de plus de 450 millions d’euros aux PME gérées par des femmes, dont 70 millions sous forme de dons. La Berd se mobilise pour renforcer le potentiel entrepreneurial de chaque pays, promouvoir l’entrepreneuriat féminin et accroître le financement des petites et moyennes entreprises. La promotion de l’efficacité énergétique et de l’énergie durable, ainsi que la facilitation de financements non souverains pour les infrastructures  sont également au centre des priorités de la banque au Maroc. A ce jour, la Berd a investi au Maroc 1,6 milliard d’euros dans différents secteurs: agro-industrie, énergie, industrie manufacturière…

Une clientèle assez spécifique

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Une entreprise formelle sur 2 dirigée par des femmes n’a encore aucun compte bancaire. Celles qui en ont n’utilisent pas les services bancaires de façon optimale, systématique et régulière.

Moins de 30% des femmes entrepreneurs ont souscrit à un empruntl’année passée. Environ 60% d’entre elles ont recours à l’épargne bancaire.

Leur niveau d’instruction, leur compréhension de l’informatique, leur ambition et leur confiance en elles dépassent souvent ceuxdes entrepreneurs masculins

La plupart ignorent de quelle manière les services financiers peuvent améliorer leur vie personnelle et professionnelle.

Pour être rentables, les services bancaires dédiés à cette clientèle ne nécessiteront pas de changements significatifs par rapport au modèle actuel.

Source: Berd

 

 

                                                                          

PME-TPE: Les moteurs de l’économie

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Janett Heckman, directrice générale en charge de la région méridionale et orientale du bassin méditerranéen (région SEMED) de la Berd (Ph. F. Al Nasser)

- L’Economiste: Vous venez de lancer le programme «Women in business» au Maroc. Que représente le Royaume pour la Berd?
- Janett Heckman:
Le Maroc est un pays à fort potentiel pour nous. Nous nous concentrons sur les PME et les TPE car ce sont le moteur de l’économie. Le Maroc a attiré un bon nombre d’investissements étrangers principalement dans les secteurs de l’automobile, l’aéronautique… Ce qui est important pour les entreprises locales, c’est d’avoir les ressources et les compétences pour développer l’industrie et le business. A travers la région Mena, le Maroc est considéré comme une success story que nous voulons soutenir. Ceci en accompagnant les entreprises, surtout les PME dirigées par les femmes, à développer leur capacité tout au long de la chaîne de valeurs afin de réaliser les ambitions de développement du pays.

- Comment vous comptez soutenir davantage le secteur privé?
- Le secteur privé est la clé pour une croissance forte et diversifiée. Nous nous démarquons des autres institutions de développement par notre concentration sur le secteur privé. Quand on réalise des investissements publics, c’est généralement dans le but de favoriser le développement de projets d’infrastructures qui profiteront à ces entreprises. Nous travaillons avec des entreprises de taille grande et moyenne opérant dans des divers secteurs: agro-industrie, énergie, mines, industrie manufacturière…
Ce que nous relevons aussi, c’est que la majorité des entreprises sont familiales. La Berd peut leur apporter de la valeur ajoutée en mettant en place des solutions d’assistance technique pour accompagner les entreprises à améliorer leur gouvernance.
Ce qui nous caractérise aussi c’est que nous pouvons donner des financements en devises mais aussi en dirhams. Ce qui pourrait aider les entreprises de petite taille dans leur processus de développement.

Propos recueillis par Nadia DREF
   

 

 

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