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    Analyse

    Déchets: Un gros potentiel gâché à Oum Azza

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5353 Le 19/09/2018 | Partager
    200.000 m3 de Lixiviat rendent impossible la valorisation des déchets
    L’autorité délégante et la société Pizzorno en désaccord

    Le Programme national des déchets ménagers (PNDM) a permis de doter plusieurs villes de centres d’enfouissement et de valorisation (CEV) des déchets. Quelque 25 ont déjà été réalisés. Cela a permis d’atteindre un taux d’enfouissement dépassant les 50%, contre près de 10% avant 2008.

    Mais le traitement du Lixiviat pose problème à la majorité des CEV. Ce liquide, résultant de la fermentation des déchets mélangés à l’eau de pluie, entrave le bon fonctionnement de ces centres, ainsi que la valorisation des déchets. C’est l’exemple du site d’Oum Azza, la première décharge contrôlée au Maroc, ouverte en 2007. Sa gestion est assurée par Teodem, filiale du Groupe Pizzorno, dans le cadre d’un contrat de 20 ans au profit de 13 communes de la région de Rabat.  

    Ces dernières années, la situation s’est aggravée, avec un volume de Lixiviat dépassant les 200.000 m3. En l’absence d’un système de traitement adéquat, on se contente de le stocker dans des bassins aménagés au niveau du site. Avec ces volumes énormes, la décharge est devenue une source de nuisance à son environnement.

    Des actions ont été tentées par le délégataire, mais en vain. Des essais d’une technique ont été menés par la société Exochems. «Le procédé consiste à se débarrasser du Lixiviat par vaporisation forcée», explique une source de Teodem. Mais dans tous les cas, cette solution ne permettra pas de régler le problème.

    La filiale de Pizzorno et l’autorité délégante ont des visions divergentes sur le développement du site. «Profitant de l’arrivée de l’échéance de révision du contrat, l’autorité délégante demande à revoir la technique de traitement adoptée, en vue d’améliorer la valorisation des déchets, avec un objectif de 50%», avance notre source. En clair, il faut abandonner le système d’enfouissement et le remplacer par d’autres techniques, comme l’incinération.

    «Actuellement, il serait difficile de répondre à ces obligations nécessitant d’importants investissements, soit plus d’un milliard de DH, alors que notre société est en déficit depuis des années», confie notre source. Et d’ajouter, que ce déficit est dû au tarif très bas appliqué au traitement, de 68 DH la tonne, soit la moitié du prix du marché. Avec les nouvelles exigences de l’autorité délégante, il faut compter un prix avoisinant 300 DH la tonne, ce qui dépasse les moyens des communes.

    Pour mieux appréhender ce dossier, un audit de l’exécution du contrat sera lancé, selon l’Etablissement inter-communal Al Assima, qui supervise l’activité de la décharge. La révision du prix dépendra des résultats. La résiliation du contrat est également envisageable.

    288 bouteilles de gaz de 12 kg partent en fumée chaque jour

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    La décharge d’Oum Azza dispose des installations permettant la production du biogaz, mais qu’on n’arrive pas encore à transformer en électricité. La production actuelle est estimée à 350 Num3 par heure, l’équivalent de 12 bouteilles de gaz de 12 kg. L’exploitation de ce biogaz exige un traitement rigoureux du lixiviat, ce qui nécessite la construction d’une nouvelle installation pour un investissement dépassant les capacités du délégataire, soit 72 millions de DH. Actuellement, la transformation du biogaz en électricité est réalisée au niveau de deux décharges uniquement, celles de Fès et d’Oujda.  

     

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