Analyse

Déchets: A peine 10% sont valorisés

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5353 Le 19/09/2018 | Partager
Avec 70% de matières organiques, les déchets marocains sont difficiles à traiter
Seul le tri permettra d’avancer sur ce chantier
18 centres prévus cette année pour 370 millions de DH
dechets_programme_053.jpg

Le tri, le recyclage et la valorisation figurent parmi les chantiers du PNDM. Près de 2 milliards de DH leur sont alloués, soit 4,7% du budget global. Cette part reste insuffisante pour accélérer le rythme de réalisation. Des ressources supplémentaires, à mobiliser à travers des partenariats avec des acteurs nationaux et étrangers, sont nécessaires

Dans plusieurs pays, les déchets se sont transformés en véritable gisement de richesses. Au Maroc, nous arrivons à peine à recycler 10% des déchets produits par an, soit quelque 850.000 tonnes. Une part qui reste en deçà des 20% en 2022, ciblés par le Programme national des déchets ménagers (PNDM) lancé en 2008.

Sur un budget total de 40 milliards de DH, le PNDM prévoit environ 2 milliards de DH pour le volet valorisation. Ce montant a permis la réalisation de plusieurs initiatives dans le cadre du Programme national de valorisation des déchets, inclus dans le PNDM.

Ce faible taux de valorisation s’explique en partie par la nature de nos déchets ménagers, composés de près de 70% de matières organiques, selon une source du Secrétariat d’Etat chargé du développement durable. «Pour pallier cette situation, il faudrait développer le tri», insiste la même source.

A l’avenir, des efforts seront déployés pour promouvoir le tri auprès des ménages marocains, comme cela est le cas dans les pays développés. Ceci par la sensibilisation et le lancement d’opérations pilotes dans les quartiers de certaines villes. Mais en attendant, il faudra passer à la construction de centres de tri au sein des décharges contrôlées, comme celui déjà opérationnel au site d’Oum Azza à Rabat.

Cette année, on prévoit le lancement de 18 centres pour un investissement de plus de 370 millions de DH. Ces unités seront aménagées au niveau des décharges contrôlées dans plusieurs villes comme Marrakech, Beni Mellal, Tanger et Casablanca.
Depuis le lancement du PNDM, 25 Centres d'élimination et de valorisation (CEV) et décharges contrôlées ont été réalisés. En outre, 49 décharges non contrôlées ont été réhabilitées.

La loi-cadre (99-12) relative à la Charte nationale de l’environnement et le développement durable a instauré le principe de responsabilité élargie des producteurs. «Il a pour objectif d’étendre les obligations du producteur à l’égard d’un produit jusqu’au stade de la consommation», rappelle Nezha El Ouafi, Secrétaire d'Etat, chargée du développement durable.

«La mesure a permis de s’engager dans la mise en place de plusieurs filières de valorisation des déchets», ajoute-t-elle. C’est le cas des PolyChloroBiphényles (PCB), des produits chimiques industriels autrefois utilisés comme fluides diélectriques dans les appareils électriques (les transformateurs, les condensateurs…).

En 2010, un plan a été entamé pour garantir une gestion sécurisée permettant d’éliminer de manière écologiquement rationnelle tous les équipements et les déchets contenant ou contaminés par les PCB au Maroc, d’ici 2028.

Depuis 2015, on dispose d’une plateforme de traitement et de réhabilitation des appareils électriques (PF-PCB) à Bouskoura, un site pionnier au niveau de l’Afrique, selon El Ouafi. Dans la première phase de ce programme, 348 transformateurs en service d’un poids total de 500 tonnes ont été traités, et près de 1.100 tonnes ont été exportés pour élimination en France. La deuxième phase du dispositif a été lancée en mars dernier, après l’octroi de 2 millions de dollars par le Fonds mondial de l’environnement (FEM).

Autre produit, les batteries usagées. Après la signature de la convention, il a été procédé, cette année, à la création d’un Groupement d’Intérêt Economique (GIE) en vue de mettre en place des centres de regroupement. Des discussions sont en cours entre les producteurs des batteries et la Fédération des collecteurs et valorisateurs des métaux, pour l’intégration et la structuration du secteur informel dans le cadre de cette filière.

Les stations-service bientôt obligées de stocker leurs huiles usagées?

Les huiles lubrifiantes usagées (HLU) sont également visées par ce projet de valorisation. Les HLU industrielles, avec une part de 40%, sont presque en totalité récupérées et valorisées par Sonasid. Alors que le reste est réparti, à parts égales, entre les HLU des stations-service et celles des garagistes et du secteur informel.

Un projet de décret est en cours de préparation. Il entend obliger les stations-service à stocker et à  livrer les HLU aux Groupements des pétroliers du Maroc (GPM), qui se penche sur l’organisation de la filière. 

Des démarches sont déjà entamées pour la mise en place d’une filière dédiée aux déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). «L’étude relative au diagnostic de cette filière et à la préparation du schéma organisationnel et du financement de la sous-filière des déchets d’équipements informatiques et de télécom, est achevée», rappelle la Secrétaire d’Etat.

Des actions sont menées au profit d’autres filières, comme celles des véhicules en fin de vie, les huiles alimentaires usagées, papiers-cartons, pneus usés et les gravats issus des chantiers de bâtiments.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc