Entreprises

Prix de l'entrepreneur social: Le best of du prix Orange

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5349 Le 13/09/2018 | Partager
Circus remporte le premier prix avec 100.000 DH
Trois startups primées

Le Prix Orange de l’entrepreneur social (Poseam) vient de dévoiler, pour le Maroc, les noms des trois lauréats de sa 8e édition. Le programme récompense le meilleur «projet d’entreprise innovante et responsable» en Afrique et au Moyen-Orient.

Circus (1er prix), Low-Tech Lab Maroc (2e prix) et M4Nature (3e prix) empochent respectivement 100.000, 70.000 et 40.000 DH. Ils ont été retenus parmi les 11 finalistes présents le vendredi 7 septembre au Technopark de Casablanca.

«Ces projets ont été sélectionnés parce qu’ils sont basés sur les nouvelles technologies de l’information avec un impact social et environnemental. Ils sont financièrement viables, réalistes, opérationnels et idéalement duplicables», explique Zakia Hajjaji, directrice des Ressources humaines & Communication chez Orange Maroc.

Les gagnants de cette étape nationale sont éligibles aux récompenses décernées par le jury international du Grand Prix (1er prix: 25.000 euros, 2e prix: 15.000 et 10.000 euros pour le 3e prix). Ils vont concourir avec d’autres pays, notamment anglophones, qui sont généralement mieux cotés.

Pour ce cru, le jury a mis la barre haute pour donner toutes les chances aux projets marocains d’avoir une meilleure représentativité à l’échelle continentale. Pour la prochaine étape de la compétition, les projets marocains seront soumis au vote du public du 25 septembre au 3 octobre.

Le jury de la finale marocaine était composé d’une dizaine de personnalités de l’écosystème dont Brahim Sbaï, directeur central entreprises chez Orange Maroc, Asmaa Diani, présidente du Centre marocain des études et recherches sur l'entreprise sociale (CMERES), Lamiae Benmakhlouf, directrice générale du Technopark de Casablanca, hôte de l’évènement.

Qui sont les représentants de la bannière Maroc?

■ Circus: Des ordinateurs reconditionnés à partir de déchets électroniques

circus_048.jpg

 

Le projet repose sur la marque «Circus» qui véhicule un concept collaboratif sur le développement de technologies durables distribuées à travers une plateforme web au service de l’éducation, et du développement humain. Pensée par quatre jeunes Africains, Circus propose des ordinateurs design artistiques fabriqués à partir de composants informatiques de réemploi et autres matériels recyclés. Ces ordinateurs sont vendus avec des logiciels éducatifs adaptés permettant de former les jeunes aux codes et de mieux comprendre leurs programmes scolaires. Parmi les références de la startup, figure l’association Kane Ya Makane pour laquelle ont été recyclés 11 ordinateurs. Pour l’heure, les principaux bénéficiaires sont des personnes vivant dans des douars et villes reculées. Une fois reconditionnés, ces ordinateurs au design original servent à équiper les salles informatiques. «Nous leur donnons le matériel et formons les membres des associations à organiser des ateliers de codage», explique Seydina Mouhamed Sene, cofondateur du projet.
Ils ont également été contactés par la Fondation BMCI pour un parc de 3.000 ordinateurs au profit d’établissements scolaires publics situés dans des zones défavorisées. Avec ce prix, la startup aura les ressources nécessaires pour étendre ses surfaces de stockage. Circus s’engage à équiper 10.900 établissements scolaires publics et privés marocains avec un service après-vente et en leur donnant les logiciels pour s’initier au code et réviser.
Les différentes parties prenantes à son développement sont les entreprises (qui produisent ses déchets) auprès desquelles Circus s’alimente gratuitement en déchets électroniques, les structures de recyclage, les ménages à fort revenu ainsi que ceux à revenus moyens, qui sont des potentiels clients.  

■ Low-Tech Lab Maroc: Faire mieux avec moins

low-tech_lab_maroc_048.jpg

 

Avec le Low-Tech, nous sommes sur une tendance forte et exponentielle de l’économie collaborative, du Do it yourself (DIY) ainsi que du désir profond des citoyens à revenir aux solutions simples et bonnes pour l’aspect social et environnemental. «En adoptant cette approche de l’économie circulaire, nous avons développé plusieurs projets Low-Tech, dont le filtre à eau en terre cuite qui permet d’avoir une eau potable à 99,9%, une Renault 4L récupérée de la casse convertie en électrique, un Bokashi (composteur) pour faire des déchets ménagers une source vitale pour nos jardins, une éolienne à base du moteur de l’imprimante pour les applications locales (charger un téléphone, allumer des LED, actionner une petite pompe…)», explique Kamal Attila, fondateur de Low-Tech Lab Maroc.
Le Low-Tech c’est faire mieux avec moins. C’est concevoir des produits qui ont besoin de moins d’énergie, moins de ressources naturelles et moins chers en faisant preuve d’ingéniosité: c’est par exemple créer des filtres à eaux à base de terre cuite ou une éolienne à base de matériels recyclés.
Le Low-Tech Lab travaille sur plusieurs axes: la sensibilisation et la promotion des Low-Tech comme étant une alternative, la production et distribution des solutions au plus grand nombre. Le laboratoire accompagne des porteurs de projets qui travaillent dans la même voie et qui ont les mêmes objectifs. Il soutient des populations les plus vulnérables en appliquant concrètement des solutions sur le terrain pour plus de confort. L’enjeu est de changer leur mode de vie.

■ M4Nature: Donner une vision scientifique à l’usage traditionnel des plantes

m4nature_048.jpg

 

M4Nature est une startup marocaine, dynamisée par une équipe de jeunes Marocains du domaine, avec des profils pointus différents. Ces derniers assurent la création, la fabrication et la commercialisation de produits divers de terroir. Le projet valorise les agro-ressources et produits de terroir marocains en mettant au point des procédés d’extraction durables et performants. Lors de la compétition, Mariam Minhaj, sa cofondatrice, a présenté un thé à base de cactus. La philosophie de M4Naure repose sur la valorisation des produits du terroir tout en assurant un bon rapport qualité/prix. L’intérêt économique et social du projet est de développer la création de nouveaux produits bénéfiques pour la santé et le bien-être, encourager la consommation locale ainsi que donner une vision scientifique d’usage traditionnel des plantes. Les porteurs du projet comptent ainsi améliorer la qualité de vie en milieu rural et contribuer par la création de nouveaux projets aux attentes des habitants et au développement durable.

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc