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    International

    Dix ans après la Grande récession: La peur de l’endettement

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5346 Le 07/09/2018 | Partager
    Il peut faire craindre une crise financière très grave
    Une guerre commerciale serait irrationnelle
    dettes_crises_2018.jpg

    dettes_crises_2018.jpg, par hlafriqi

    Depuis la crise de 2008, l'économie mondiale s'est reprise et consolidée. En juillet, le Fonds monétaire international (FMI) a décidé de maintenir sa prévision de 3,9% de croissance pour cette année et l'an prochain. L’institution avait mis en garde contre les risques qui pèseraient sur la croissance dix ans après la Grande récession. Guerre commerciale, crise des pays émergents, peur de la contagion, Brexit, endettement… la liste est bien longue.

    Certes, la crise financière mondiale de 2007-2008 a provoqué un mouvement en faveur d'une meilleure régulation du système bancaire et financier. Mais, «l’endettement croissant dans le monde peut faire craindre une crise financière très grave», alertent les experts de Natixis dans la note économique «Ce serait quoi l’apocalypse aujourd’hui?».

    D’après leur analyse, ils expliquent que le taux d’endettement du secteur privé a nettement reculé depuis 10 ans dans les pays de l’OCDE. Une crise financière serait donc «soit une crise des dettes publiques, en cas de forte remontée des taux d’intérêt, soit une crise de la dette extérieure des Etats-Unis, si le dollar perdait son statut de monnaie de réserve». Il est difficile de croire, cependant, que les Banques centrales laisseraient monter les taux d’intérêt jusqu’au point où une crise des dettes publiques se déclencherait.

    En Chine, le taux d’endettement est très élevé et est en forte hausse. Mais il y a répression financière: le taux d’intérêt est beaucoup plus bas que la croissance nominale. Ce qui est rendu possible par la présence de contrôles des capitaux et permet d’avoir une dette très élevée. Une crise de la dette viendrait donc d’une erreur de politique économique. Laquelle conduirait à ce que les taux d’intérêt augmentent fortement par rapport au niveau du taux de croissance (par exemple, levée des contrôles des capitaux).

    Dans les pays émergents autres que la Chine et les pays exportateurs de pétrole, l’endettement augmente aussi rapidement et est lié aux entrées de capitaux et à l’accumulation de dette extérieure. Une crise de la dette résulterait de fortes sorties de capitaux (c’est-à-dire du refus du reste du monde de détenir la dette des pays émergents). Une évolution déjà observée plusieurs fois.

    Imaginons une guerre économique et commerciale «totale» entre les Etats-Unis et la Chine. «Elle serait catastrophique pour les deux pays», souligne l’équipe de Natixis dans une nouvelle note économique. Explications: Les Etats-Unis importent de Chine à la fois des biens d’équipement, de consommation et intermédiaires. Ceci signifie que Pékin participe à des chaînes de valeur organisées par des entreprises américaines, ou vend aux Etats-Unis des produits bas de gamme que ces derniers ne produisent plus.

    Des droits de douane sur l’ensemble des importations des Etats-Unis en provenance de Chine conduiraient donc essentiellement à la hausse des prix des biens concernés aux Etats-Unis. L’Empire du Milieu ne peut pas mettre en place des représailles commerciales au même niveau que les droits de douane mis en place par les Etats-Unis s’ils s’étendent à tous les produits importés de Chine. 

    Puisque les importations de la Chine en provenance des Etats-Unis sont de faible taille. Pékin peut alors arrêter les productions d’entreprises américaines en Chine, mais ce serait détruire du capital, de la production et de l’emploi en Chine. Elle peut aussi vendre ses réserves de change en dollars, ceci ferait apparaître une appréciation violente du RMB.

                                                                               

    Lehman Brothers….

    C’était la plus grosse faillite de l'histoire américaine. Le lundi 15 septembre 2008, à 01h45, la banque Lehman Brothers dépose le bilan. Après sa faillite, les Etats ont porté secours à leurs banques pour éviter un effet domino, provoquant une explosion de la dette publique. Celle-ci se maintient à des niveaux très élevés dix ans plus tard. Les chiffres ont été publiés par l'OCDE au printemps.

    Depuis la crise, la moyenne de l'endettement des pays membres de cette institution, qui regroupe les principales économies développées, est passée de 79,65% du PIB en 2008 à 111,05% cette année. L'évolution a été différente selon les pays. La Grèce a vu sa dette pratiquement doubler, passant d'environ 100% à près de 180% de son PIB aujourd'hui.

    Le poids de la dette s'est également alourdi en Italie (où elle atteint aujourd'hui 133% du PIB contre 100% en 2008), en France (98% contre 68%) et aux Etats-Unis, où l'endettement public est passé de 68% à près de 107%, pour atteindre 21.000 milliards de dollars. L’Espagne a multiplié par trois son taux d'endettement, passant de 35,5% avant-crise à 100,4% en 2014, soit son niveau le plus élevé depuis la guerre de Cuba en 1898.

    Pour éviter que les dettes du secteur bancaire soient à nouveau assumées par les Etats en cas de nouvelle crise, l'Union européenne s'est dotée en 2014 d'un cadre qui impose aux banques en situation de faillite de passer par une «résolution», notamment en sollicitant les actionnaires et créditeurs. Objectif: protéger les contribuables européens contre de coûteux renflouements publics.

     

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