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    Analyse

    Viol et violences: Le Maroc continue à mal protéger ses femmes

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5345 Le 06/09/2018 | Partager
    La nouvelle loi ne répond pas aux besoins de protection et d’incrimination, selon les ONG
    Elle entre en vigueur le 12 septembre prochain
    Hausse préoccupante des cas d’agressions
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    Les ONG ont multiplié les manifestations et sit-in pour alerter contre l’augmentation des cas de violence contre les femmes, et la banalisation de ce type d’affaire, traduisant, selon elles, une sorte d’impunité des auteurs (Ph. Bziouat)

    L’affaire de la jeune Khadija, accusant 12 hommes de séquestration, de viol et de violences physiques, a remis sur la table le débat autour de l’efficience du système de protection de femmes au Maroc. La nouvelle loi 103-13 sur les violences faites aux femmes entre en vigueur le 12 septembre prochain.

    Ce texte, qui ambitionne de lutter contre les différents types de violences basées sur le genre, est loin de répondre aux besoins de protection de cette catégorie, selon plusieurs ONG. Celles-ci s’étaient élevées à plusieurs reprises contre la non-prise en compte de leurs propositions dans la version finale de cette loi.

    Pour les associations de défense des droits des femmes, ce texte «n’apporte pas de réponses aux problèmes réels posés par le phénomène de la violence». Il reste «en deçà des attentes du mouvement féministe». Elles regrettent notamment l’absence d’un préambule qui aurait permis de «placer ce texte dans le contexte général de protection des femmes et aurait favorisé une meilleure lisibilité de ses dispositions». Concrètement, ces ONG déplorent «la quasi-absence de mesures effectives à même de lutter contre la violence, couvrant les quatre dimensions incontournables pour ce genre de loi».

    Il s’agit notamment de la prévention, la protection, la pénalisation des auteurs et la prise en charge des victimes. Des mesures relatives à chacun de ces aspects sont prévues par la loi publiée au Bulletin officiel du 12 mars dernier. Mais elles restent insuffisantes de l’avis des collectifs de défense des droits des femmes.

    Surtout face à la multiplication des cas de violence et la banalisation de ces cas, traduisant une sorte d’impunité des auteurs. Pourtant, la protection de l’intégrité physique des citoyens, hommes et femmes, est un principe consacré par la Constitution.

     

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