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Embouteillages à TangerMed: Un coup espagnol?

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5343 Le 04/09/2018 | Partager
Le port d’Algésiras n’a pas pu suivre le rythme
Insuffisance des équipes durant ce week-end de forte affluence
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Les lenteurs d’Algésiras expliquent en partie les embouteillages et les longues heures d’attente la semaine dernière à TangerMed (Ph. Adam)

Les événements de ce dernier week-end des vacances au port TangerMed ont mis à nu les failles de toute la chaîne. Comme tout système, la solidité de l’ensemble dépend de celle du maillon le plus faible. Cette fois, il semble que ce soit du côté espagnol que les lacunes ont le plus pesé. Et c’est précisément celui qui était présenté comme le champion de la région, Algésiras, qui en a pris pour son grade.

La montée en charge du port TangerMed et des flux, tant de passagers que de marchandises, a pris de court les Espagnols. Les responsables marocains ont pointé du doigt les limitations du port ibérique en matière d’accueil, ne dépassant pas une capacité de 40.000 passagers par jour (45.000 de manière exceptionnelle).

Le port aurait pu mieux faire, s’il avait augmenté ses équipes. L’une de ses faiblesses, selon des opérateurs portuaires, c’est son incapacité à mobiliser des ressources humaines. Si au niveau des employés portuaires, le port espagnol fait appel à des intérimaires et des volontaires pour assurer le suivi de l’opération transit, il lui est beaucoup plus difficile de répondre pour les postes plus sensibles, comme celui du contrôle aux frontières, ou celui des douanes. Cela explique en partie les embouteillages monstres de ces derniers jours au niveau du détroit.

En effet, Algésiras ne traitait que bateau par bateau, selon des responsables espagnols au port TangerMed, ce qui a fini par provoquer des délais d’attente à la rade d’Algésiras, et par ricochet, au niveau de Tanger et de ses environs. La même situation a été vécue il y a quelques mois au niveau du poste d’inspection frontalier d’Algésiras traitant les importations espagnoles par camion, et qui avait cumulé plus de 30 heures d’attente. La raison n’était autre que le manque de personnel, un déficit que les autorités espagnoles n’avaient pu compenser à temps.

Ces réflexes lents expliquent, aussi, le retard dans le démarrage de la ligne TangerMed-Malaga. Son inauguration, prévue pour juillet, n’a pu être menée qu’au mois d’août, faute de personnel au contrôle des frontières à Malaga.

La mobilisation d’équipes supplémentaires de policiers espagnols et de fonctionnaires semble, en effet, poser un sérieux problème. Elle bute, selon les médias espagnols, sur la bureaucratie et les contraintes syndicales, empêchant, dans beaucoup de cas, de travailler au-delà des horaires prévus, même en cas exceptionnels.

Ce qui n’a pas été le cas du côté marocain. Les équipes de policiers logeaient, pour une grande partie d’entre eux, à quelques kilomètres, à Ksar Sghir, de manière temporaire. Un bus les ramenant en cas de besoin. Pareil pour l’ensemble du personnel nécessaire à l’opération Marhaba.

 

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