Politique

Le PPS claquera-t-il la porte de la majorité?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5341 Le 31/08/2018 | Partager
Une réunion de son comité central le 22 septembre pour trancher
La sortie de cette formation ne risque pas de fragiliser l'alliance
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La grogne est à son paroxysme au sein du parti de Nabil Benabdallah. Les membres du PPS reprochent à Saâdeddine El Othmani sa manière de gérer le dossier de suppression du secrétariat d’Etat chargé de l’Eau (Ph. Bziouat)

Le torchon brûle entre le PPS et le PJD. Le limogeage de Charafat Afailal, ex-secrétaire d’Etat en charge de l’Eau, continue d’alimenter la crise entre les deux partis. La rencontre, tenue entre une délégation du PPS et le chef du gouvernement, n’a pas réussi à calmer les esprits. Saâdeddine El Othmani, SG du PJD, a également réuni le secrétariat général de son parti pour exprimer son «attachement au maintien des bonnes relations entre les deux formations et à la poursuite de leur partenariat».

Interpellé sur cette question à l’issue du Conseil de gouvernement, tenu hier jeudi, Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement, s’est contenté de dire que «le chef du gouvernement tient à l’unité de la majorité. Actuellement, il est en train d’examiner les points contenus dans le dernier communiqué du bureau politique du PPS».

En face, les membres du parti de Benabdallah ne décolèrent pas. A l’issue d’une réunion du bureau politique consacrée à l’examen de cette question, l’état-major du PPS a décidé de convoquer une session de son comité central. Cette rencontre du parlement du parti, prévue le 22 septembre, sera dédiée à «l’examen en profondeur de la situation en vue de prendre les décisions qui s’imposent». Les dirigeants du PPS avancent que toutes les options sont envisageables.

Actuellement, la grogne continue de monter au sein de la formation progressiste, dont les membres se sont dits «surpris par la manière dont ce dossier a été géré par le chef du gouvernement». Ni Charafat Afailal ni le secrétaire général de son parti, n’ont été informés de la décision de suppression du secrétariat d’Etat chargé de l’Eau, avant son approbation. Se dirige-t-on vers une sortie du parti du livre de la majorité gouvernementale.

C’est le comité central du PPS qui devra trancher cette question. Si ce scénario se confirme, la sortie du parti de Benabdallah fragilisera-t-elle la majorité? D’un point de vue numérique, le poids de ce parti au sein de la coalition gouvernementale reste très limité, avec seulement 12 sièges à la Chambre des représentants.

Le parti est encore représenté au gouvernement par deux ministres: Anas Doukkali à la Santé et Abdelahad El Fassi Fihri à l’Habitat. Pour plusieurs observateurs, la crise actuelle entre le PJD et le PPS est surtout une manifestation de l’effritement de l’alliance nouée entre Nabil Benabdallah et Abdelilah Benkirane. Un rapprochement considéré à l’époque comme contre-nature, vu les divergences idéologiques entre les deux formations.

 

 

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