Economie

Compensation: Bons signaux pour le reste de l’année

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5335 Le 16/08/2018 | Partager
Accalmie sur les prix du brut qui conditionnent le gaz butane
Sur le premier semestre, la charge a bondi de 8%
3,3 milliards de DH encore à régler aux opérateurs
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Dans le sillage des cours du pétrole qui ont amorcé une tendance baissière, les prix du gaz butane devraient suivre le même sens. Au final, la charge de subvention dont le butane représente 76% ne doit pas s’aggraver. Du moins, elle serait au même niveau budgétisé par le gouvernement

Pas d’aggravation attendue pour la charge de compensation. La facture du gaz butane qui pèse pour 76% dans le total de la subvention devrait s’alléger sur le reste de l’année. Et pour cause! Les cours du pétrole auxquels sont corrélés ceux du gaz naturel ont amorcé une baisse qui s’annonce durable selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). C’est donc une bonne nouvelle pour les pays importateurs nets de pétrole dont le Maroc.

Si la situation évolue favorablement, le montant budgétisé, soit 13,7 milliards de DH ne serait pas atteint.

A fin juin, 7,37 milliards de DH ont été comptabilisés par la Caisse de compensation dont 4,5 milliards ont été débloqués par le Trésor. Un montant, en forte baisse (-45%) par rapport à la même période de 2018. Les créances dues aux sociétés de gaz butane et de sucre non encore payées s’élèvent à 3,3 milliards de DH. Pour le gaz butane, le reliquat à payer culmine à 2,8 milliards alors que le solde au titre du sucre est de 463 millions de DH.

Selon les dossiers déposés, contrôlés et liquidés par la Caisse de compensation, la charge de la subvention du gaz butane sur le premier semestre  s’est élevée à  5,64 milliards de DH contre 5,24 milliards à  la même période de 2017. C’est donc une hausse de 8% qui s’explique par la hausse des prix mais aussi par l’augmentation des volumes consommés.

Sur les six mois, la consommation du gaz a porté sur 1,2 million de tonnes en hausse de 2% par rapport au 1er semestre de 2017. Rien qu’en juin dernier, la consommation a flambé de 6% et les valeurs ont explosé de 59% alors que le cours du gaz butane  affichait un  repli de plus de 7 dollars la tonne par rapport au mois précédent.

La subvention unitaire s’est établie en moyenne à 55,55 DH/bouteille de 12kg et 14,49 DH/bouteille de 3kg. Ces valeurs étaient respectivement de  52,72 DH et de 13,78 DH, une année auparavant.

En revanche, la charge de compensation du sucre n’a pas connu de changement au premier semestre: 1,73 milliard de DH contre 1,72 milliard en 2017.

Depuis le début de l’année et jusqu’en juin dernier, les prix du sucre à l’international ont chuté de 26%. Et la tendance devrait se poursuivre puisque sur le mois de juin, la baisse avait atteint 14% par rapport au même mois de 2017.

Au niveau local, la production sucrière, à laquelle est destinée la subvention s’annonce bonne pour la 3e année consécutive. Cette année le taux de couverture devrait s’établir à 55% des besoins de consommation. La subvention forfaitaire  par kilogramme de sucre n’a pas changé. Elle est restée à son niveau de 2,8 DH/kg.

Donc tout devrait se jouer autour des cours du gaz butane. A se référer à la  toute récente tendance prise par les prix du pétrole, ceux du gaz butane devraient suivre le même cheminement à la baisse.    

La hausse des cours de l’or noir vient de connaître un coup d’arrêt. Durant cinq mois, de février jusqu’au 10 juillet, le prix du West Texas Intermediate (WTI), le brut américain de référence, avait fortement grimpé, passant de 56 dollars à près de 73 dollars le baril. Certains craignaient que les tensions entre le président américain Donald Trump et l’Iran ne le fassent s’envoler plus haut encore.

C’est l’inverse qui s’est produit. La hausse a été stoppée, laissant la place à un net repli ces derniers jours. Après avoir fortement reculé, mercredi 8 août, le baril de WTI est tombé, vendredi 10, à 66,1 dollars, son plus bas niveau depuis le 22 juin. Par rapport au mois de juillet, le pétrole américain a reculé de 90%. L’évolution a été similaire pour le brut de mer du Nord, qui s’échangeait à seulement 71,4 dollars le baril vendredi 10 août, contre plus de 80 dollars à la mi-mai.

Comment s’explique cette contraction? C’est la combinaison de 3 facteurs: l’offre a augmenté, la demande s’est repliée, et la guerre commerciale qui se dessine entre la Chine et les Etats-Unis pourrait peser sur la consommation des prochains mois.

La Russie, le Koweït et les Emirats arabes unis ont largement développé leur production. S’y ajoute la Libye qui a repris ses livraisons dès juillet alors qu’il était redouté que ce pays ne mette des mois pour revenir sur le marché vu la situation de crise qu’il traverse. En face, la demande, notamment en Europe a ralenti. Et la guerre commerciale opposant la Chine aux Etats-Unis devrait renforcer la tendance. Serait-elle durable? C’est la grande question que les experts de l’AIE se gardent d’expliquer.

Les sanctions contre l’Iran que Washington compte appliquer à partir du 4 novembre prochain ne risquent-elles pas d’inverser la donne? D’autant plus que Téhéran menace de perturber la circulation du pétrole moyen-oriental dans le détroit d’Ormuz.

 

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