Régions

Marrakech: Le secteur oléicole, victime de contraintes techniques

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5329 Le 06/08/2018 | Partager
Désorganisation, industries vétustes, mainmise des intermédiaires..., les maux de la filière
Ses acteurs souhaitent se rassembler pour être compétitifs à l'export
Et demandent plus d’encadrement des institutions publiques
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Pour les professionnels, le secteur est vital pour la région et a besoin d'un vrai encadrement tant sur le plan industriel que pour la régulation du marché de l'approvisionnement (Ph. L'Economiste)

La filière oléicole est la principale filière arboricole au niveau de Marrakech/Safi qui représente 22% de la production nationale. Reste à relever les défis de la fluctuation de l’offre, ceux de la qualité de la matière première et du circuit d’approvisionnement qui compte de nombreux intermédiaires.

  Ces contraintes ont été mises en exergue lors de la journée d’étude consacrée au secteur oléicole et l’huile d’olive organisée récemment par la chambre de commerce, d’industrie et des services CCIS. Objectif: rassembler l’ensemble des intervenants dans le secteur pour travailler main dans la main à rehausser la qualité de l’olive et l’huile d’olive régionale.

«Le secteur est vital pour la région et a besoin d'un vrai encadrement de la part de l’Etat tant sur le plan industriel que pour la régularisation du marché d’approvisionnement», insiste Mohamed Fadlam, président de la CCIS de Marrakech/Safi. La filière oléicole connaît un problème de désorganisation et  la profession est minée par les agissements de quelques intermédiaires, «une minorité de gens qui ont la mainmise dans le secteur», explique un conserveur.

Au total, la superficie globale de la région s’élève à 215.700 ha d’oliviers (20% de la superficie nationale), assurant 22% de la production nationale d'olives, et contribuant à hauteur de 60% aux exportations nationales de conserves d'olives et 10% aux exportations nationales de l’huile d’olive.

Grâce au PMV lancé en 2009, la région a connu le lancement de 46 projets. Ce qui a permis des extensions des surfaces de plantation. L’aval de la filière a également bénéficié d’importants investissements dans le cadre du PMV à travers la mise en place de 10 unités de valorisation modernes, permettant le traitement de 1.000 tonnes par jour.

Mais pour tirer un réel profit de cet arbre fruitier, les professionnels ont encore beaucoup de pain sur la planche, eux qui ont perdu de grandes parts d’export sur les marchés traditionnels (Europe et USA) face à une redoutable concurrence formée par l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Tunisie. Pour les industriels, il est très difficile de proposer des conserves d’olives ou de l’huile d’olive à prix compétitif alors que les concurrents bénéficient de soutien et de subvention de leur pays.

L’autre  explication à la baisse de compétitivité des Marocains est à chercher dans les coûts de production qui deviennent de plus en plus chers. Au Maroc, le secteur informel s’accapare 60% de la production annuelle de l’olive et agit de manière directe sur le prix.  A titre d’exemple, pour la campagne 2017/2018, les olives se sont vendues jusqu’à  12 DH/kg contre 6 DH en Espagne pour un coût de 46 DH à 50DH/kg (olives et trituration) contre un cours moyen en Espagne entre 30 et 35DH.

Ce qui rend plus difficile la compétitivité de l’olive marocaine sur le marché international. Les industriels souhaitent  un appui de l’état pour trouver des synergies entre le secteur formel et informel, estime Boubker Bouayad, directeur de la société Caprel.  Cette situation a contribué à la création de stocks chez les industriels qui se verront sans aucun doute dévalués s’il y a une bonne récolte cette année.

L’Onssa renforce le contrôle

Par le biais de la loi relative à la sécurité sanitaire, tous les établissements de production, quelle qu’elle soit, sont obligés d’être agréés. Dans la région, une trentaine d’unités ont reçu l’autorisation de l’Onssa. Ce qui est minime par rapport au potentiel de la région. Du coup, l’Onssa travaille pleinement à accompagner les petites structures pour les sortir de l’informel et leur donner les clés d’une production saine. Une mise à niveau pour décrocher cette fameuse autorisation sanitaire, et ainsi faire partie de la ronde des exportateurs. La bonne nouvelle est que l’huile d’olive nationale monte en puissance depuis 4 ans au sein du jury régional de dégustation, reconnu par le Conseil oléicole international (COI).

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

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