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    1337: Futurs geeks made in Khouribga

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5325 Le 31/07/2018 | Partager
    Nador, Tiznit, Laâyoune, Dakhla, Guercif, Casablanca…. Les jeunes candidats à l’école 1337 ont afflué de toutes les régions du Maroc. Seuls 13% sont des filles. Certains ont abandonné l’école avant le bac, d’autres sont licenciés, techniciens spécialisés, élèves ingénieurs… chacun son histoire, mais tous ont un seul et même objectif: décrocher une place dans l’aventure de l’école du futur. Leur test d’un mois (piscine) a démarré le 17 juillet dernier. A.Na-(Photos A.Na)
     
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    «Nous débutons tous à chances égales»
    Khalil a passé 23 heures en autocar pour venir de Laâyoune à Khouribga. A l’instar de ses camarades, il a découvert l’école via une annonce sponsorisée sur Facebook. Pour lui, diplômé en génie logiciel de l’EST de Meknès, difficile de rater une occasion pareille. Les premiers jours du test, il n’a dormi qu’une ou deux heures par nuit. Il n’arrivait tout simplement pas à débrancher son cerveau. «Le plus important, c’est que seul le mérite compte. Comme tout est gratuit, nous démarrons tous à chances égales», insiste-t-il.  

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    «Un modèle de partage»
    Mustapha, 24 ans, originaire de Boujniba, diplômé en développement multimédia, est un jeune homme très actif. En attendant de trouver un emploi, il s’est inscrit en droit français à Settat. Il en est à sa 3e année à la fac. En même temps, il travaille en free lance, en réparant des téléphones portables. Quand l’occasion d’intégrer 1337 s’est présentée, il s’est tout de suite lancé dans l’aventure. A l’école, il découvre un nouveau système, où il peut s’ouvrir sur les autres et partager ses connaissances.

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    «Nous sommes libres, mais nous suivons tous un code»
     Dès l’âge de 15 ans, Yassir a choisi d’être indépendant. Cela fait quelques années qu’il vit seul à Casablanca. Titulaire d’un diplôme de technicien spécialisé en automatisation industrielle, il travaille d’abord dans des centres d’appel, puis s’adonne à des jobs à temps partiel. A 24 ans, il tente le challenge 1337. A la «piscine», tellement pris par le défi, il n’arrive à dormir que le troisième jour. L’école lui rappelle le monde professionnel, «nous sommes libres mais nous suivons un code. Tout le monde connaît ses droits et obligations», interprète-t-il.
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    Tout plaqué pour l’école du futur!
    Younès (à droite), 27 ans, et son ami, Othmane, 22 ans, ont tous les deux tout laissé tomber pour venir à Khouribga. Younès est conducteur de travaux publics. Il y a quelques années, il avait reçu une formation en informatique, qui l’a aidé à imaginer un projet virtuel. «A big dream», selon ses mots. A 1337, il espère trouver des personnes pouvant l’accompagner. Othmane, lui, est étudiant en géographie à Oujda. Pour passer le test de 1337, il a sacrifié ses examens de licence à l’université.
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    «Je n’ai jamais été à l’aise dans le système classique»
    Après deux années de classes prépas en maths-physique à Marrakech, Oumaïma, 22 ans, venue d’Essaouira, a décidé de tout abandonner. «Depuis le primaire, je ne me suis jamais sentie bien à l’école classique», confie-t-elle. Elle passe deux années de flottement, avant de tomber sur l’annonce 1337. Oumaïma y trouve tout ce dont elle rêve: de la liberté, de l’autonomie, le sens de la responsabilité, le partage… «Et puis, à nous tous réunis, nous en savons plus que n’importe quel prof!», lance-t-elle. 

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    Une passion dévorante et une discipline de fer
     Ils se sont croisés par hasard et ont décidé de vivre l’aventure ensemble. Omar (à gauche), 27 ans, El Mehdi (au milieu), 23 ans, et Hassan, 22 ans, sont des passionnés d’informatique. Durant cette période de «piscine», ils travaillent chaque jour de 7h à 1h, selon un programme bien précis. El Mehdi, d’El Jadida, est licencié en automation industrielle de la FST de Settat. Autodidacte, il a appris seul plusieurs langages informatiques (html, CSS, C++...). A 1337, il est comme sur un nuage. C’est également le cas de Omar, épris par ce domaine. Il est licencié en maths-informatique de la faculté Dar El Mehraz de Fès. Le dernier membre du trio, Hassan, est diplômé en informatique de l’ISTA de Rabat. Il a découvert le monde du numérique à l’âge de 15 ans, en fréquentant des cybercafés. «A l’institut, on nous apprend du copier-coller. Une fois sur le marché du travail, c’est le choc! On constate que tout est caduc. Ici, on nous apprend à nous adapter à toutes les nouveautés technologiques», témoigne-t-il. 

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    «3 jours ici valent un trimestre à la fac!»
    Entre le concours de l’INPT et celui de 1337, Houssam, 20 ans, de Casablanca a choisi le deuxième. Avec son DEUG en sciences mathématiques-informatique, il dispose déjà de connaissances de base dans le domaine. Mais il s’est vite rendu compte, qu’en matière de programmation, ses acquis laissent à désirer. «Ce qu’on a fait en programmation en trois jours à 1337, je l’ai étudié en un trimestre à la fac, sans pouvoir vraiment le maîtriser. Un mois ici serait peut-être l’équivalent de 2 ans à la fac», confie-t-il.  

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    «Une expérience riche en valeurs»
    Le premier jour à la «piscine» était difficile pour Hind, 19 ans, originaire d’Agadir. Mais elle est rapidement parvenue à trouver ses marques. Cette étudiante dans une école d’informatique privée a déjà appris de nombreuses valeurs à 1337. «Cette expérience nous aide à structurer notre esprit. En programmation, si on rate ne serait-ce qu’un espace, tout est perdu. La vie est comme ça, il faut mettre chaque chose à sa place, et ne brûler aucune étape», avance la jeune candidate, la tête bien sur les épaules. 

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    «Au-delà du diplôme, c’est la compétence qui compte»
    Elle ne se définit pas encore comme une vraie geek, mais elle a bel et bien chopé le virus de l’informatique. Hafsa, 20 ans, élève ingénieure à l’ENSA de Khouribga, ne croit pas au «diktat» du diplôme. A ses yeux, un lauréat de 1337 pourrait bien être meilleur qu’un ingénieur informatique, car ce qui compte, c’est la compétence. Le concept de l’école, elle l’a adoré. Pour elle, il rompt avec le modèle formel, où on s’habitue à apprendre par cœur, restituer le jour de l’examen, et tout oublier le lendemain! 

     
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