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    1337: Les étudiants jetés à l’eau, sans bouée de sauvetage!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5325 Le 31/07/2018 | Partager
    n Un modèle basé sur le peer learning, l’autoformation et le jeu
    Des apprentissages techniques, et surtout des soft skills
    Beaucoup de liberté, mais des objectifs précis à atteindre
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    Sans cours, ni prof, les étudiants n’ont d’autre choix que de travailler ensemble et de s’entraider pour avancer dans leur cursus. Au-delà des savoirs techniques, ils acquièrent des compétences comportementales (Ph. A.Na)

    A 1337, il n’y a pas de cours. Ce sont les étudiants qui font tout eux-mêmes (voir article précédent). «Le premier jour, nous étions tous intimidés. Chacun était dans son coin, ne sachant pas quoi faire», témoigne un candidat. L’équipe technico-pédagogique en place, de quelque huit personnes, n’est là que pour gérer les problèmes techniques. Si les jeunes posent des questions, on leur répond: «Demandez à votre voisin de droite, sinon à celui de gauche! Ou bien, demandez à Google!». Ils se voient donc obligés de se parler entre eux et de s’entraider. Dans les salles de travail, l’ambiance est bourdonnante.  
    A leur arrivée, les jeunes accèdent à deux étages équipés d’ordinateurs dernier cri, et d’une connexion à la fibre optique. «C’est la connexion la plus rapide que j’aie jamais vu au Maroc», témoigne un jeune. Des vidéos leur expliquent le principe des apprentissages. Ils doivent ensuite se débrouiller seuls. Qu’ils soient initiés en informatique ou pas, ils démarrent tous à zéro. «La formation est gamifiée. Elle est pensée comme un jeu. Du coup, les étudiants n’ont pas l’impression de travailler mais de jouer», explique Hind Barnoussi, responsable communication, passionnée par le projet, à l’instar de nombreux cadres de l’OCP. Une centaine de collaborateurs du géant des phosphates sont bénévoles au sein de l’école, chacun dans son domaine d’expertise. 
    Le premier jour, les étudiants doivent effectuer un exercice et se corriger entre eux. Une fois achevé, ceux du 2e jour se débloquent, et ainsi de suite. C’est exactement le principe des jeux vidéo. Chaque vendredi, ils sont soumis à un examen, seuls et sans connexion internet. «C’est ainsi que nous pouvons distinguer ceux qui fournissent des efforts et ceux qui se reposent sur les autres», confie Youssef Dahbi, responsable pédagogique et technique. 

    Les équipes obtiennent la note du maillon le plus faible!

    Durant le week-end, ils passent un «rush». Il s’agit de projets sur lesquels ils travaillent en équipe de trois  à quatre personnes, avec un matching aléatoire. Ils ne choisissent pas leurs coéquipiers. Cela les force à apprendre à travailler en équipe et à composer avec tous types de personnalités. 
    «Au-delà des savoirs techniques, ils acquièrent beaucoup de soft skills», souligne Hind. Ils sortent de leur coquille, deviennent autonomes, développent leur sens des responsabilités, s’habituent au travail en équipe. Ils apprennent, par ailleurs, à apprendre différemment, et en permanence, pour pouvoir évoluer. Une compétence clé de notre époque, qui deviendra encore plus importante dans les années à venir.  Le mardi est consacré aux corrections. Chaque équipe obtient la note de son maillon le plus faible. «Ils veillent ainsi à atteindre tous le même niveau», fait remarquer Youssef. Personne n’est ainsi laissé à la traîne. Tous se coachent pour améliorer leurs acquis. C’est le principe du peer learning. 
    La sélection continue durant le cursus. Ceux qui ne s’accrochent pas sont tout simplement virés. On appelle ça un black hole (trou noir). «Pour atteindre le niveau 1, il faut généralement un mois. Mais les étudiants bénéficient d’un deuxième délai d’un mois, puis d’un troisième. S’ils n’y arrivent pas, ils doivent libérer leur place», explique Youssef. Pareil pour les 21 autres niveaux, ainsi que pour le stage qui doit être mené après 6 mois de formation. Si au bout de 18 mois le stage n’est pas effectué, l’étudiant est éjecté. 
    Les étudiants sont libres d’organiser leur travail et leur emploi du temps. Cependant, ils sont tenus d’atteindre des objectifs précis. Seuls ceux à même de bien s’organiser pourront réussir leur parcours.

    Une école à faire vivre

    C’est également aux étudiants d’animer la vie au sein de leur école. Après le démarrage des cours, fin septembre prochain, ils devront créer un bureau des étudiants et des associations thématiques. Ils auront aussi à organiser et à participer à des évènements, comme des hackathons, challenges, voyages à l’international, conférences… «L’école vivra à travers ses étudiants», relève Hind Barnoussi. De son côté, 1337 nouera des partenariats avec d’autres écoles, ainsi qu’avec des entreprises.

     

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