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    Economie

    Rapport Bank Al-Maghrib: Les faits marquants de la régulation bancaire

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5325 Le 31/07/2018 | Partager
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    Le 29 juillet à Al Hoceïma, le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a présenté à SM le Roi Mohammed VI son rapport d’activité 2017. Le choix de la capitale du Rif a une portée très symbolique. Cette cérémonie intervient suite au procès des manifestations d’Al-Hoceïma où plus d’une cinquantaine de personnes ont été condamnées (cf. L’Economiste du 2 juillet 2018) (Ph. MAP)

    De la transition vers un régime de change «plus flexible» à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Bank Al-Maghrib fait le point sur son activité 2017 où la «digitalisation croissante» des services bancaires l’a poussé à inscrire parmi ses priorités le risque de cyber-attaque et sa gestion par les banques, considérées comme infrastructures d’importance vitale au même titre qu’un barrage, un aéroport ou une centrale énergétique. Le mobile banking et l’inclusion financière du monde rural, des femmes et des jeunes se révèlent aussi l’un des faits les plus marquants dans ce 59e exercice du régulateur bancaire.      

    Un régime de change encore en mutation 
    La transition graduelle vers un régime de change plus flexible est un grand chantier pour Bank Al-Maghrib (BAM). Le régulateur évoque une «mobilisation sans précédent» de ses services et ceux du ministère des Finances. Le lancement de la réforme remonte à début 2018 avec comme objectifs  «soutenir la compétitivité de l’économie et renforcer sa capacité d’absorption des chocs extérieurs». Sans oublier l’ambition d’ériger Casa Finance City comme un hub financier régional de l’Afrique du nord et subsaharienne. Le régulateur a élaboré ainsi «un cadre de référence pour le ciblage de l'inflation» et qui devrait «être adopté» une fois le processus de flexibilisation du régime de change «suffisamment avancé». Bank Al-Maghrib a maintenu en 2017 «l’orientation accommodante» de sa politique monétaire caractérisée par un taux directeur de 2,25%. Laissant présager à moyen terme «des niveaux d’inflation modérés» et «la poursuite de l’amélioration» de la croissance économique.  

    Une trentaine de contrôle et 5 agréments 
    Le régulateur a mené 27 missions de contrôle sur place, dont 5 à caractère général. BAM supervise 86 établissements de crédit et organismes assimilés. Parmi lesquels 19 banques conventionnelles dont 3 sont dotées d’une fenêtre de financement participatif, dit de «finance islamique». Aussi, cinq banques participatives ont vu le jour en 2017 après l’obtention d’agréments. Toutefois, le financement participatif «démarre graduellement». Son développement «reste tributaire de la mise en place d’autres composantes essentielles à l’écosystème comme l’assurance takaful, les certificats de sukuks et la garantie participative», relève le Wali de la Banque centrale dans son rapport, Abdellatif Jouahri. Par ailleurs, son institution a autorisé Attijariwafa bank (AWB) à racheter la filiale de Barclays en Egypte. Ce qui porte le réseau des trois plus grands groupes bancaires marocains actifs à l’étranger (AWB, Banque populaire et BMCE) à 43 filiales et 17 succursales en Afrique et en Europe. La surveillance des risques a ainsi une composante transfrontalière. 
    Trois nouvelles conventions de contrôle bancaire, d’échange d’informations et de coopération ont été conclues avec les banques centrales de la Tanzanie, du Rwanda et de la Jordanie.

    Blanchiment des capitaux: La lutte continue 
    La Banque centrale piste à la fois l’argent sale provenant d’activité illicite et lutte contre le financement de terrorisme uniquement dans le secteur bancaire. Car l’Unité du traitement du renseignement financier basée à Rabat a une compétence plus large. BAM a poursuivi ainsi l’harmonisation des dispositifs de gestion des risques, de contrôle interne et de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Un contrôle qui s’étend aussi au réseau des filiales des banques marocaines présentes en Afrique. A ce titre, l’instance de régulation a «contribué à deux missions conjointes» menées par la Commission Bancaire de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) auprès de deux filiales situées en Côte d’Ivoire. BAM a par ailleurs «relevé les niveaux d’exigence» vis-à-vis des établissements bancaires en convergence avec les normes internationales du GAFI.  

    Le mobile banking passe aussi par le monde rural  
    Au niveau des systèmes et moyens de paiement, Bank Al-Maghrib a déjà lancé le mobile banking en collaboration avec l’Agence nationale de réglementation des télécommunications, les banques et les opérateurs télécoms. Le but étant d’étendre le plus possible l’utilisation des paiements électroniques. Même si du côté des usagers, la confiance numérique peine à s’installer. La banque centrale ambitionne de «rehausser la crédibilité» de ces moyens de paiement (5 agréments accordés en janvier 2018) et consolider la résilience des infrastructures des marchés financiers. Ce chantier est connexe à celui de l’inclusion financière. Le déficit de bancarisation reste «particulièrement élevé dans les zones rurales ainsi que parmi les jeunes et les femmes», comme l’a relevé une enquête menée par BAM avec l’appui de la Banque mondiale. C’est cette  fracture socio-spatiale que vise à réduire la stratégie nationale d'inclusion financière à laquelle est associé le ministère des Finances.  

     

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