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International

Gestion des migrations: Bruxelles propose des incitations financières

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5322 Le 25/07/2018 | Partager
Une aide atteindrait 6.000 euros par personne transférée
Concepts de débarquement et centres contrôlés développés

La Commission européenne vient de proposer une série d'incitations financières. C’est pour convaincre les Etats membres d'installer sur leur sol des centres où identifier rapidement les migrants secourus en mer et de partager leur prise en charge comme l'exige l'Italie.
Le soutien financier servira à couvrir les coûts d'infrastructures et de fonctionnement des Etats membres volontaires. Et ce, en vue de créer des centres contrôlés, où devraient être distingués demandeurs d'asile légitimes et migrants économiques à expulser.
Quant aux pays qui seraient prêts à accueillir des demandeurs d'asile sur leur sol à partir de ces centres, la Commission propose une aide tirée du budget de l'UE, qui atteindrait 6.000 euros par personne transférée. Il s'agit de la même somme que celle qui était attribuée dans le cadre du plan de relocalisation en vigueur entre 2015 et 2017, dont le caractère obligatoire avait divisé les pays de l'UE.
Les suggestions faites, mardi 24 juillet, par l'exécutif européen tentent de donner corps aux conclusions fin juin d'un sommet européen. Les dirigeants des 28 y avaient proposé l'établissement de ces centres contrôlés et de plateformes de débarquement des migrants secourus en mer.
Malgré la chute considérable du nombre des arrivées sur les côtes européennes par rapport à l'afflux de 2015, les migrations continuent de provoquer de fortes tensions au sein de l'UE. Le nouveau gouvernement populiste en Italie a notamment accru la pression sur les autres pays de l'UE pour qu'ils partagent davantage la prise en charge des arrivants. Rome a ainsi décidé d'interdire l'accès aux ports italiens aux ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée, provoquant une série de bras de fer diplomatiques pour désigner des ports d'accueil. Et elle menace désormais de le faire également à partir de la fin août avec les navires de l'opération européenne Sophia.
La Commission souligne que l'UE pourrait mettre à la disposition des pays volontaires pour ouvrir leurs ports aux navires de sauvetage des équipes de débarquement. Celles-ci incluraient des dizaines de garde-frontières européens, d'interprètes, d'agents spécialisés dans les renvois de migrants irréguliers ou encore d'experts européens en procédure d'asile. 
Lors de leur réunion du mercredi 25 juillet, les dirigeants européens devraient examiner le concept de centres contrôlés de l'UE et la possibilité d'appliquer rapidement un cadre transitoire pour le débarquement des personnes secourues en mer dans l'Union. Ces travaux devraient se poursuivre lors de la réunion avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui se tiendra le 30 juillet 2018 à Genève. Ce n'est qu'une fois qu'une approche commune de l'UE aura été convenue que les actions d'information auprès des pays tiers intéressés pourront débuter.

Le Maroc avait dit «non»

L'exécutif européen évoque aussi prudemment le projet de plateformes de débarquement dans des Etats hors de l'UE pour les migrants secourus dans les eaux territoriales de ces pays tiers ou dans les eaux internationales. «Tous les Etats côtiers de la Méditerranée devraient être encouragés à établir des zones de recherche et de sauvetage et des centres de coordination du sauvetage maritime», estime la Commission, qui n'emploie pas le mot de plateformes utilisé dans les conclusions du sommet des 28 fin juin. Elle mentionne de son côté des dispositions de débarquement à mettre en place avec les pays tiers volontaires, en étroite coopération avec le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR).
Il n'est pas question de détention, ni de camps à installer dans les pays tiers, mais de dispositions pour assurer des débarquements sûrs et ordonnés, insiste la Commission. Ceci au moment où plusieurs pays comme le Maroc, la Libye et la Tunisie ont déjà fait part de leur opposition à ces projets.

 

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