Economie

Conjoncture: El Othmani botte en touche

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5322 Le 25/07/2018 | Partager
Attaqué sur la lenteur des réformes, il a insisté sur «les réalisations de son équipe»
Le déficit budgétaire a atteint 21,5 milliards de DH à fin mai dernier
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Face aux interpellations des groupes parlementaires, Saâdeddine El Othmani a brandi des arguments comme «les efforts menés pour le soutien des entreprises et la mobilisation pour répondre aux attentes sociales», au moment où les citoyens protestent contre la cherté de la vie et les entreprises souffrent de l’enlisement de la situation d’attentisme et de manque de visibilité (Ph. Jarfi)

Quelques jours après l’intervention de Mohamed Boussaid devant les 2 commissions des finances au Parlement sur l’exécution du Budget, Saâdeddine El Othmani a été interpellé par les députés sur la situation économique. Les groupes parlementaires, particulièrement ceux de l’opposition, ont attaqué le chef du gouvernement sur la lenteur des réformes, les difficultés auxquelles les entreprises font face, en plus de la cherté de la vie et le recul du pouvoir d’achat des citoyens.
Face aux critiques, El Othmani a botté en touche. Intervenant lors de la séance mensuelle des questions de politiques publiques à la Chambre des représentants, le chef du gouvernement a mis l’accent sur certaines «avancées», sans pour autant arriver à convaincre les parlementaires. Il a souligné que le taux de croissance a atteint 4,1% en 2017 contre 1,1% l’année précédente. «En 2018 et 2019, ce taux va se situer entre 3 et 4%», a-t-il dit. Pour lui, cela résulte notamment des performances du PIB non agricole, qui devra atteindre 3% cette année. Sa valeur ajoutée a été de l’ordre de 2,8% en 2017, alors que celle des activités agricoles a dépassé 13,2%.
Au moment où la grogne continue de monter à cause de la cherté de la vie, El Othmani a estimé que son équipe a mené des réformes ayant permis d’encourager l’investissement et de renforcer le pouvoir d’achat. Il a pointé l’évolution de la demande intérieure de 3,2%. En même temps, les prix à la consommation ont également connu une hausse de 2,4% à fin mai dernier. Le chef du gouvernement est conscient que «la consolidation de la demande intérieure est tributaire de l’accélération des réformes et des résultats du dialogue social». Le renforcement de l’employabilité des jeunes est également mis en avant. Cette année, le taux de chômage a connu un léger recul, passant de 10,7% à 10,5% entre le 1er trimestre 2017 et la même période en 2018.

Engagements

Lors de son passage devant les députés, Saâdeddine El Othmani s’est engagé sur une série de chantiers, qui seront inscrits, selon lui, dans le projet de loi de Finances. Cela concerne notamment la mise en œuvre de la réforme des CRI et de la Charte d’investissements. S’y ajoute la réforme du Code d’emploi et le lancement du projet de généralisation de la couverture médicale au profit des indépendants. El Othmani a également promis de démarrer l’année prochaine, les consultations autour de la réforme globale des systèmes de retraite. La protection des consommateurs est également au programme. Le chef du gouvernement s’est engagé sur l’élaboration du projet de loi relatif à cette question durant l’année prochaine. Ce texte, très attendu, sera accompagné d’une campagne de sensibilisation mettant l’accent sur les droits des consommateurs.

Au niveau de la balance commerciale, le déficit du compte courant des paiements devra se creuser cette année, passant à 4% contre 3,6% en 2017. Cela, en dépit de l’amélioration du niveau de couverture des importations par les exportations. Ce taux a atteint 58%, en hausse de 0,8 point entre fin juin 2017 et la même période en 2018. Les réserves en devises ont aussi reculé, avec 5 mois et 15 jours d’importations, soit 229 milliards de DH.
Le chef du gouvernement a été également interpellé sur les équilibres budgétaires. Il a reconnu l’impact des dépenses de l’Etat, surtout avec la part importante absorbée par les salaires des fonctionnaires (40%). S’y ajoute «la difficulté de renforcer les recettes fiscales», selon le chef du gouvernement. Celles-ci sont passées d’une part de 25% du PIB à 20% entre 2008 et 2018. En 2017, le déficit budgétaire devra se situer à 3,2% contre 3,6% l’année précédente, a souligné El Othmani. Cela résulte d’une hausse de 5,7% des recettes contre une augmentation de 2,7% des dépenses. A fin mai dernier, le déficit budgétaire a atteint 21,5 milliards de DH à cause d’une augmentation des dépenses ordinaires de 3,6% et des dépenses d’investissement de 8%, a-t-il expliqué.
Le chef du gouvernement, qui a rappelé que son équipe maintient son engagement de stabiliser l’endettement public à 60% du PIB en 2021, n’a pas été convaincant. Il s’est contenté de certaines orientations vagues. Il a mis l’accent sur «la nécessité de réorganiser les priorités des dépenses, en dépit des difficultés de combiner les efforts pour améliorer l’attractivité de l’économie nationale et répondre aux attentes sociales, d’un côté, en plus des exigences de maîtriser les équilibres budgétaires, de l’autre».

 

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