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Analyse

Agriculture: Fruits rouges, les stars du Nord

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5322 Le 25/07/2018 | Partager
Une culture introduite dans les années 1970 à Larache
Un chiffre d’affaires de 3 milliards de DH par an
6 millions de journées de travail sur toute l’année
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La culture de la fraise demeure la plus répandue dans le Loukkos. Les autres variétés occupent encore une place marginale en comparaison, mais elles disposent d’un un fort potentiel de croissance, surtout à l’export (Ph. WM)

Au Nord, le secteur agricole est connu pour son arboriculture et son pâturage, des pratiques millénaires qui ont marqué la région pendant des siècles. La raison n’est autre que la nature escarpée des terrains qui culminent avec les cimes du Rif et la pluviométrie fluctuante. Mais depuis quelques décennies, les fruits rouges sont devenus les véritables richesses de la région, une tendance encouragée par la politique agricole actuelle. La quasi-totalité de leur culture est concentrée dans le Loukkos, à Larache. Cette région détient 80% de la production nationale en fraises, myrtilles et framboises selon la Délégation régionale de l’agriculture de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. 

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Source: Direction régionale de l’agriculture de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma 
Les fraises, introduites dans les années 1970, concentrent la grosse partie de la production. Les myrtilles, framboises et mûres récemment introduites, sont plutôt destinées à l’export

Cette croissance est favorisée par la proximité géographique avec l’Europe, principal marché, mais aussi par des conditions climatiques propices et des ressources hydriques importantes en plus d’une main-d’œuvre qualifiée et abondante. 
Sur le plan socio-économique, la filière des fruits rouges génère un chiffre d’affaires évalué à 3 milliards de DH, dont une grande partie à l’export. Elle est aussi à l’origine de la création de plus de 6 millions de journées de travail réparties sur une bonne partie de l’année, tant au niveau des exploitations agricoles que des stations de conditionnement. Ce volume équivaut à pratiquement une journée de travail sur quatre au niveau de la région. 
Si la culture des fraises est pratiquée depuis la fin des années 1970, celle des myrtilles et des framboises, essentiellement tournées vers l’export, a été introduite dès 2008 avec le lancement du Plan Maroc Vert. En 2017, une nouvelle espèce a été introduite, il s’agit du mûrier. La superficie qu’il occupe actuellement reste marginale avec moins d’une vingtaine d’hectares, mais il est prévu que la demande en Europe booste ses exportations.  

Morcellement des exploitations

La région de Tanger-Tétouan n’a pas une grande vocation en matière agricole. Malgré une forte pluviométrie, la morphologie escarpée de la région et son caractère montagnard la réservent à des activités autres que la culture céréalière, par exemple. La superficie en terrains agricoles disponibles n’est en effet que de 1,2 million d’hectares, dont un peu moins de la moitié est exploitée, et encore moins irriguée. Elle est aussi caractérisée par un grand morcellement avec une moyenne de moins de 4 hectares par exploitation. 

Le Plan Maroc Vert, dans sa déclinaison régionale, a d’ailleurs accordé une part importante aux cultures fruitières depuis son lancement en 2009. A fin 2017, 75.000 hectares d’arbres fruitiers ont été cultivés depuis son lancement dans la région, indique la Délégation régionale du ministère de l’Agriculture. Et selon les prévisions, les efforts ne vont pas s’arrêter là. Le rythme de plantation annuel va s’accélérer avec 10.000 hectares annuels supplémentaires d’ici 2020 pour dépasser la barre des 100.000 hectares. La tendance, en parallèle, est de diminuer la superficie exploitée par les cultures céréalières moins adaptées à la géographie peu plate de la région qui passera de 200.000 à 135.000 hectares. L’une des principales voies d’intervention est d’encourager l’agriculture solidaire qui, au cours des dix dernières années, a connu le lancement de 139 projets pour un montant global d’investissement de 2,3 milliards de DH. En gros, les projets tournent autour de la production, mais surtout de sa valorisation, l’une des priorités du plan. C’est le cas des unités de trituration pour l’extraction d’huile d’olive. 24 unités modernes ont déjà été construites, 11 sont actuellement en chantier, 8 autres seront lancées au cours de cette année.

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(Ph. Pixabay)

Ce qu’elles génèrent 

- 6 millions de journées de travail, soit 23% du total de la région
- 80% de la production nationale est issue du Loukkos
- Les 2/3 de la production des fraises et la quasi-totalité des framboises et myrtilles partent à l’export
- Une vingtaine d’unités de conditionnement au Loukkos.


L’eau, le nerf de la guerre

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L’un des axes majeurs d’intervention est celui de l’irrigation. Malgré une forte pluviométrie au niveau de la région, cette dernière reste imparfaitement répartie. C’est le cas de la région d’Al Hoceïma où, contre toute attente, le climat peut devenir aride. Le Plan Maroc Vert a permis d’irriguer 21.000 ha supplémentaires. Des projets hydrauliques majeurs ont été lancés, comme celui de Dar Khroufa, Asjen, celui du barrage Martil ou encore celui de Moulay Bouchta. D’autre part, 23.000 hectares supplémentaires ont pu être irrigués via un système localisé pour un investissement global de 700 millions de DH. 

 

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