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    Economie

    Enseignement supérieur: Pourquoi ça ne marche pas

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5319 Le 20/07/2018 | Partager
    Augmentation du flux d'étudiants, peu d'infrastructures, 1 professeur pour 173 élèves
    Etablissements à accès libre: à peine 27,6% d'étudiants décrochent leur licence
    Un rapport sur les dysfonctionnements du système bientôt dévoilé

     L’évaluation de l’enseignement supérieur fait l’objet d’un rapport préparé par l’Instance nationale d’évaluation (INE) du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS). Ce travail figurait parmi les points de l’ordre du jour de la 14e session du conseil tenue au début de cette semaine (16 et 17 juillet). En attendant sa publication, probablement en septembre prochain, un aperçu sur les importants résultats de ce rapport a été présenté à la presse, mercredi dernier, par Rahma Bourqia, directrice de l’INE. Un travail jugé nécessaire pour faire le point sur la réforme de l'enseignement supérieur après la mise en place du système LMD depuis 2004. Cette enquête ne pouvant couvrir l'ensemble des établissements et la totalité des étudiants de l’enseignement supérieur dont le nombre avoisine un million de personnes, les auteurs se sont cantonnés à un échantillon représentatif. Les recherches et suivis ont ainsi concerné trois universités dont le nombre d’étudiants représente 27% de l’effectif national. Un suivi qui couvre la période de 2007 à 2012. 

    Le système d’enseignement supérieur fonctionne à deux vitesses avec des différences énormes. C’est l’une des principales conclusions qu’on peut retenir des premiers résultats de ce rapport. La situation est très inquiétante dans les établissements à accès libre qui abritent près de 80% des étudiants. Selon le rapport de l’INE, au début de l'enquête, seuls 32,7% des étudiants arrivaient à obtenir leur licence dans un temps normal (3 ans) ou plus. Une situation qui s'est, au fur et à mesure, dégradée pour chuter à 27,6% en 2012, alors que 54% de la promotion ont abandonné leurs études.

    La cause principale avancée par les enquêteurs est l’évolution soutenue du nombre d’étudiants arrivant aux établissements à accès ouvert. Il s’agit d’une orientation par défaut, ne parvenant pas à accéder aux établissements à accès régulé par un système de sélection rigoureux vu la limite des places. Cette augmentation exponentielle du nombre d’étudiants ne s'est en revanche pas accompagnée du même accroissement en matière d'infrastructures et d'équipements, ou de recrutement de ressources humaines, particulièrement des enseignants. Résultat, un faible taux d’encadrement qui passera d’un professeur pour 35 étudiants dans les facultés des sciences à 173 pour les facultés des sciences juridiques, économiques et sociales. Le même constat est valable pour les infrastructures. Ainsi, dans les établissements à accès libre, on se trouve avec une place pour plus de 200 étudiants contre seulement 67 étudiants dans les établissements à accès régulé. Le problème de moyens est certainement posé, car sur le budget alloué pour le secteur, soit près de 10 milliards de DH, 60% sont consacrés aux salaires du personnel. Ce qui limite la capacité d’investissement. 

     Du gâchis

    «Nous dépensons plus sur les étudiants qui ont échoué que ceux qui ont réussi», constate avec regret Bourqia. Mais cette dernière signale que la situation est différente au niveau du cycle de master avec des taux de réussite élevés. Cela s’explique par le système de sélection adopté comme cela est le cas pour les établissements à accès régulé: grandes écoles, facultés de médecine et pharmacie...

     

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