Entreprises

RAM: La guerre fait rage entre la direction et les pilotes

Par Nadia DREF | Edition N°:5318 Le 19/07/2018 | Partager
Peu d’impact sur le trafic… pour le moment
La direction menace de geler les carrières

Aucune issue favorable n’a été trouvée au bras de fer opposant, depuis plusieurs mois, Royal Air Maroc (RAM) aux pilotes de ligne. Une grève ouverte a, d’ailleurs, été décrétée par ces derniers depuis hier, mercredi 18 juillet. Un débrayage qui pourrait coûter cher à la RAM. Son timing coïncide effectivement avec le pic des départs et arrivées: hajj, trafic vers l’Afrique, retour des MRE, départ en vacances… Si les menaces des pilotes sont mises à exécution la facture sera salée. A l’heure où nous mettions sous presse, à part quelques vols retardés durant la matinée, la situation est demeurée normale. Un constat relevé par L’Economiste au niveau de l’aéroport Mohammed V. En revanche, aucune information officielle n’a confirmé ou infirmé toutes perturbations causées par ce débrayage.  Contacté par L’Economiste, le management de la compagnie n’a pas voulu s’exprimer.
Ce rebondissement intervient après le rejet du projet d’accord proposé par la RAM, lors de l’assemblée générale extraordinaire de l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) tenue le 16 juillet. Le bureau a exprimé «ses réserves quant à la rédaction de cet accord. Il a expliqué aux membres avoir besoin d’un délai supplémentaire afin de pouvoir présenter un accord équilibré qui prend en compte les intérêts de toutes les parties».
De son côté, Abdelhamid Addou, PDG de la RAM, dans une lettre, datée du 17 juillet, adressée aux commandants de bord et aux officiers pilotes de la compagnie, accuse l’association de «l’absence de volonté d’aboutir à un compromis repoussé par une surenchère des revendications». Pour lui, «la présente grève sera dévastatrice. Elle clôtura définitivement notre projet commun de plan de développement et nous condamnera au mieux à une stagnation similaire à celle que nous vivons depuis 20 ans».  Abdelhamid Addou n’exclut pas l’éventualité de l’annulation des commandes d’avions ainsi que le gel des carrières. Il tend toutefois la main aux grévistes. «Toute proposition intelligente, visant à dépasser ce que j’espère n’être qu’une simple crise passagère, sera étudiée»
Des accusations rejetées en bloc par l’AMPL. L’association a publié, le 18 juillet, une note d’information en guise de riposte, tirant au clair les raisons de l’appel à la grève. 

Salaires, formation... les points de la discorde

L’AMPL dénonce plusieurs clauses de l’accord proposé par la RAM. Le bureau regrette que l’ouverture de l’Ecole nationale des pilotes de ligne (ENPL) dans le cadre du contrat-programme en cours de préparation ne soit «plus garantie, conformément à l’engagement du PDG, mais pourrait se faire en partenariat». Autre point de discorde: la RAM a décidé que le paiement du 1/3 de la formation n’interviendra qu’à partir de janvier 2019 et ne concernera pas les pilotes recrutés en 2018. Ce désaccord touche également le mode retenu pour la revalorisation des salaires. L’AMPL refuse les scénarii proposés par la compagnie. «Alors que l’accord de principe avait été donné selon les montants et les phases proposées par le bureau, la RAM conditionne la seconde ainsi que la troisième tranche à la taille hypothétique de la flotte. Elle exclut les nouvelles recrues de cette revalorisation pour une durée de 5 ans. Deux paramètres évoqués pour la première fois le 10 juillet», explique l’association. 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc