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    Culture

    Timitar off/Théâtre: La pièce «Lettres à Nour» cartonne

    Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:5309 Le 06/07/2018 | Partager
    Un spectacle présenté pour la première fois en langue amazighe
    Il s’agit de l’adaptation au théâtre du livre de Rachid Benzine
    Standing ovation pour toute la troupe
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    La pièce de théâtre «Lettres à Nour», mise en scène par Abderrazak Zitouny, d’après le roman de Rachid Benzine «Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir?» (Ed. du Seuil, 2016), a été présentée à la médina d’Agadir dans le cadre de Timitar off (Ph. F.N)

    Dans le contexte authentique de la médina d’Agadir, le public avait rendez-vous ce mercredi soir avec la pièce de théâtre «Lettres à Nour», mise en scène par Abderrazak Zitouny, d’après le roman de Rachid Benzine «Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir?» (Ed. du Seuil, 2016). Toute la troupe s’est ingéniée pour faire de cette représentation un morceau de choix, un pur moment de maîtrise et de créativité. Résultat: des spectateurs conquis, extasiés, émus.

    La troupe théâtrale a même eu droit à une standing ovation bien méritée! Ce spectacle, organisé dans le cadre de Timitar off, a été présenté pour la première fois en amazigh. Une traduction instantanée était en même temps reproduite sur un écran dans un coin de la scène. Un écran sous forme de papier à lettres jauni… Nour a 20 ans. Élevée par un père veuf, philosophe, elle disparaît un jour pour rejoindre l’organisation de l’Etat islamique Daech.

    Pendant deux ans, une correspondance va s’établir entre ce père philosophe, islamologue érudit, épris des Lumières, persuadé que sa fille suit ses traces. Et cette jeune femme qui exprime sa révolte et sa soif d’un monde nouveau. «Ce texte vise à déconstruire l’idéologie de Daech et remet en cause les certitudes des spectateurs», explique Abderrazak Zitouny.

    «C’est un dialogue entre deux êtres qui ne peuvent renoncer l’un à l’autre, un père et sa fille, parce que l’amour qui les unit reste plus fort que tout. Et pourtant, tout les sépare», a-t-il ajouté. L’esprit critique du père est retourné contre lui: les principes auxquels il croyait sont devenus des armes aux mains de sa fille.

    L’impuissance de deux êtres proches et complices à établir un dialogue, à trouver une entente, un point d’accord, est la brûlure qui traverse ce texte. Le travail autour de cette écriture et la confrontation à une dramaturgie nouvelle se sont très vite fait sentir, portés par ces différentes lettres.

    «Il s’agit de pouvoir mettre en scène, en mouvement, un dialogue qui me paraît comme un poème de sang, de larmes, de lumière, de désenchantement, de tendresse et de mystère…»,  précise le metteur en scène. «Le jouer en amazigh, c’est entrer à la fois pour plus davantage dans ce texte d’actualité brûlante, et en même temps, partager cette expérience avec un large public, de l’amener à s’approprier des textes qui lui sont proches par l’universalité de leur propos», a-t-il ajouté. «Lettres à Nour» est un texte profond et bouleversant.

    C’est une vraie leçon de philosophie, de compréhension des mécanismes qu’utilise Daech. L’auteur, Rachid Benzine, s’est ingénié, à travers un style beau et douloureux, à retranscrire tout l’amour paternel et filial entre deux êtres déchirés, embarqués dans une histoire sombre. Pour rappel, Rachid Benzine fait partie de la nouvelle génération d’intellectuels qui prône un travail critique et ouvert sur le Coran.

     

     

     

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