Economie

La Wallonie se positionne sur le marché marocain

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5309 Le 06/07/2018 | Partager
500 chefs d’entreprises attendus dans la mission princière en novembre
La région s’appuie sur ses PME très actives mais discrètes
willy_borsus_009.jpg

Willy Borsus, ministre président de la région wallonne : «La présence de nos entreprises à l’international est une priorité de mon gouvernement» (Ph. AFP)

Ministre-président de la Wallonie, Willy Borsus achève une visite au Maroc où il a rencontré plusieurs responsables dont le Chef du gouvernement et le président de la région Casablanca-Settat. Avant de présider la région wallonne, Willy Borsus était ministre fédéral des PME, des indépendants et de l’intégration sociale.

- L’Economiste: Si la Wallonie accroît sa visibilité au Maroc, elle le doit aussi aux écoles belges...
- Willy Borsus:
Oui, et j’en suis ravi. En échangeant avec les responsables de l’école belge de Casablanca, j’ai été impressionné par le succès qu’elle rencontre auprès des ménages marocains. Les parents qui font un gros effort financier, sont satisfaits de la qualité et de l’approche pédagogique. Leurs témoignages convergent. J’ai apprécié l’engagement des équipes pédagogiques et la passion avec laquelle elles exercent leur métier. L’ouverture de l’école de Rabat en septembre prochain permettra de répondre à l’augmentation de la demande. Mais il faut grandir étape par étape de manière solide.
En tant que ministre président de la région wallonne, je ne peux que me réjouir du succès de cet outil de notre rayonnement culturel et de renforcement de notre partenariat avec le Maroc. Certains jeunes inscrits dans ces établissements voudront demain poursuivre leurs études en Belgique. Lorsqu’ils se lanceront dans la vie active, ils seront nos ambassadeurs et nos relais.
 
- Avez-vous les moyens pour consolider ces partenariats? Les régions doivent réaliser de nouvelles économies…
- Comme vous le savez, la Belgique est un Etat fédéral. Cela implique de la coordination des politiques budgétaires entre les entités fédérées (ndlr: les régions) et le niveau fédéral. Nous avons trouvé un accord avec le gouvernement fédéral sur une trajectoire budgétaire de manière à ramener la Belgique à l’équilibre budgétaire en 2020. Pour autant, la nécessité des équilibres budgétaires ne doit pas empêcher l’ambition. La Wallonie est en train de mettre en œuvre des réformes tout en encourageant la relance économique. Ces réformes ne visent pas à ralentir l’activité, mais ciblent les priorités fixées par le gouvernement régional. Je le dis à travers votre journal et vous remercie de m’en donner l’occasion: la présence de nos entreprises à l’international est une priorité de mon gouvernement. Ces ressources ne sont pas du tout impactées par les réformes que nous menons actuellement.
 
- Mais votre puissant partenaire flamand au fédéral, la NVA, estime que le retour à l’équilibre aurait pu se faire plus vite.
- La NVA dit cela, mais notre Premier ministre dit également et je partage son avis, qu’on ne doit pas handicaper la relance économique par l’austérité budgétaire. L’Etat doit continuer d’investir. C’est le sens du plan d’investissement décidé conjointement aux niveaux fédéral et régional. Bien sûr qu’il faut continuer à rationaliser nos budgets, mais cela ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen.
 
- Au Maroc, l’opinion publique s’inquiète du triomphe du populisme et de la xénophobie dans les urnes en Europe. Quelle est la position de votre parti, le Mouvement Réformateur?
- Au niveau régional comme fédéral, la position de notre formation politique face à ce phénomène est très claire: nous rejetons toutes formes de populismes et des formules simplistes. On ne peut régler des problèmes complexes avec des formules magiques. Sur la question des migrants, le combat doit être concentré sur la lutte contre les réseaux de trafic humain et l’immigration clandestine. Le droit d’asile reste bien évidemment garanti.
 
 - Votre région n’arrive pas à endiguer le chômage des jeunes malgré une situation économique qui s’est améliorée. Où est le problème?
- Vous avez raison, le chômage baisse depuis 30 mois consécutifs en Wallonie et nous sommes même descendus sous la barre des 200.000 personnes sans aucune activité. Mais ce chiffre reste encore beaucoup trop élevé. Nos efforts se concentrent sur les jeunes peu qualifiés et les demandeurs d’emploi de plus de 55 ans qui éprouvent beaucoup de difficultés à trouver un emploi. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé des réformes pour fluidifier le marché du travail et soutenir l’activité économique. Par ailleurs, nous faisons face à un paradoxe: nous avons 31.000 postes vacants faute de profils adaptés.

Des locomotives, CMI et Thomas & Piron

L’année 2018 a été déclarée «année du Maroc» en Wallonie. Elle sera couronnée par la mission princière en novembre prochain. C’est l’une des plus grosses jamais menées avec pas moins de 500 chefs d’entreprises attendus.
Parmi les entreprises wallonnes actives au Maroc, Thomas & Piron, qui réalise le programme immobilier Casa/Anfa de 450 millions de DH et «CMI Services», filiale du groupe wallon CMI, -société bicentenaire fondée par John Cockerill. Elle réalise de grands projets initiés par l’OCP et son partenaire belge Prayon, une joint-venture entre la SRIW (société régionale d’investissement wallonne) et le groupe OCP. Le tout récent contrat conclu par CMI remonte à janvier 2018 d’un montant de 45 millions d’euros (470 millions de DH) pour des prestations au groupe OCP.

Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA
 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc