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    Boycott Centrale Danone: Emmanuel Faber écarte tout retrait du Maroc

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5303 Le 28/06/2018 | Partager
    Il pèse 2,4% du chiffre d’affaires mondial de Danone
    Le lait frais pasteurisé vendu au prix coûtant si...
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    Centrale Danone est la plus touchée des trois entreprises boycottées. L’industriel a déjà annoncé une perte de 150 millions de DH pour le premier semestre

    Emmanuel  Faber, président-directeur général du géant mondial de l’agroalimentaire Danone (25 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017), est venu à la rescousse de sa filiale marocaine dont les produits sont boycottés depuis plus de deux mois. Centrale Danone génère 2,4% des revenus du groupe français.

    «Je suis marqué par le boycott dont fait l’objet notre marque au Maroc et je suis venu pour comprendre et écouter», a indiqué le dirigeant, mardi 26 juin ,à Casablanca, dans une conférence de presse. Parmi les trois entreprises victimes du boycott, Centrale Danone est la plus touchée. La société a déjà annoncé une perte de 150 millions de DH pour le premier semestre.

    Emmanuel Faber a rencontré des boycotteurs, des éleveurs et des dirigeants des principaux syndicats représentés à Centrale Danone dans la journée du mardi. Le numéro un du groupe ne s’est pas déplacé à Casablanca pour seulement s’enquérir de la situation de sa filiale. Il a également pris des engagements en vue de faire évoluer la position des boycotteurs. L’une des mesures phares est l’abandon de tout profit sur le lait frais pasteurisé.

    «Si nous arrivons à trouver un modèle viable permettant de rendre le prix plus accessible, je m’engage à ce que Danone travaille à prix coûtant sur le lait frais pasteurisé. Nous ne ferons plus aucun profit sur la marque Centrale», s’est engagé Emmanuel Faber. Cela s’entend parvenir à un prix qui soit à la fois abordable pour les ménages et qui rémunère correctement les éleveurs.

    La soudaineté et l’ampleur du mouvement de boycott surprennent le management mais, sur le fond, les revendications sont un peu les mêmes que sur d’autres marchés. «La société marocaine est traversée par les mêmes tensions que celles que nous rencontrons dans le monde entier autour de l’alimentation. La question de l’accessibilité en prix, de la qualité, de la confiance dans les marques sont des interrogations qui nous sont d’abord posées par les plus jeunes», relève le PDG de Danone.

    L’entreprise promet la transparence totale sur les éléments constitutifs du prix. «Il me paraît fondamental que nous renforcions la transparence avec laquelle nous échangeons et informons les consommateurs. Je voudrais répliquer la transparence que nous avons sur la qualité de nos produits sur les coûts et que nous puissions dialoguer sur les éléments constitutifs du prix», s’engage Faber.

    «Nous voulons inventer avec ceux qui le voudront, un nouveau modèle de gestion de cette marque», poursuit-il. Reste à savoir si ces promesses réussiront à stopper ce mouvement. L’industriel espère un retour à la normale dans les prochaines semaines. Il avait réduit de 30% la collecte de lait auprès des éleveurs et supprimé 886 emplois intérimaires pour limiter les dégâts liés au boycott. La poursuite du mouvement appellera d’autres mesures, mais le retrait du Maroc est totalement écarté.

    «La marque Centrale a toute sa place sur le marché et je suis conforté dans cette idée après mes discussions avec les consommateurs», tranche Emmanuel Faber. Le patron de Danone s’est toutefois refusé à tout commentaire sur le manque de soutien du gouvernement aux entreprises boycottées.

     

     

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