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    Bac en poche, que faire? - Facs de droit: On peut faire mieux, si seulement…

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5301 Le 26/06/2018 | Partager
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    Avec des ratios allant de 93 à 300 étudiants par prof, les trois facultés de droit n’ont que peu de marge pour innover et améliorer la qualité de leurs prestations. D’où la proposition du président de l’université de Casablanca, Driss Mansouri, de permettre la participation financière des parents, et d’autoriser les universités à engager des contractuels

    Des idées, les facultés de droit n’en manquent pas. Cependant, elles ne possèdent pas les moyens de leurs ambitions. Les trois facs de Casablanca (Route El Jadida, Aïn Sebaâ et Mohammedia), par exemple, reçoivent la moitié des étudiants de l’université Hassan II, qui compte 18 établissements.

    Cela représente plus de 50.000 inscrits. «Notre taux d’encadrement est d’un enseignant pour 140 à 150 étudiants, alors que celui de l’ENCG est de 1 pour 30 à 35», compare le doyen de la faculté de Route El Jadida, Abdellatif Komat.

    Des enseignants, il en faut à la fois en nombre et en qualité. «Nous ne pouvons plus nous limiter à l’encadrement académique, nous devons aussi accompagner les jeunes dans leur développement personnel. Cela passe par un profil de formateur dont nous ne disposons pas», explique Komat.

    Le doyen de la fac de Tanger, Mohamed Yahia, pour sa part, préconise la création de facultés et d’université antennes, des formations en fonction des besoins des régions et une multiplication des licences professionnelles et des masters spécialisés. Toutefois, cela a un coût! «Pour améliorer la qualité de l’offre, il n’y a pas de mystère, il faut des financements.

    Les universités publiques devraient bénéficier de la possibilité d’élargir leurs recettes propres», suggère le président de l’université de Casablanca, Driss Mansouri, faisant allusion à la participation financière des parents. Professionnaliser les cursus et gérer les sureffectifs nécessite des budgets conséquents, que les revenus dégagés de la formation continue et des projets R&D ne peuvent couvrir.

    «Nous pouvons aussi recourir à des partenariats avec les collectivités territoriales, avec d’autres ministères, comme celui du Travail, ou encore, avec les Chambres de commerce… L’enseignement est l’affaire de tous», propose, quant à lui, Mohamed Yahia. Cela dit, même avec leurs contraintes, ces facultés parviennent à créer quelques niches d’excellence.

                                                                            

    Fac de Rabat-Agdal: Innover et se démarquer

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    3.000 à 4.000 nouveaux bacheliers affluent chaque année à la faculté de droit de Rabat-Agdal. A ces jeunes, des parcours en droit, en économie et en gestion sont offerts. Dans les facultés de droit de Souissi et de Salé, seuls le droit et la gestion sont proposés.

    «Le système LMD nous a permis de nous distinguer avec des formations spécifiques», relève son doyen, El Habib Eddaqqaq. La faculté se permet même des filières d’excellence en licence. Deux ont été lancées à partir de 2014-2015, en sciences politiques et sciences de gestion.

    Accessibles sur concours, elles exigent la maîtrise de l’arabe, du français et de l’anglais, et n’acceptent que 30 à 40 étudiants chaque année. L’établissement dispose de partenariats avec les instituts des sciences politiques de l’université de Bordeaux et de Saint-Germain-en-Laye, permettant à 5 de ses étudiants de s’inscrire en France, sans passer de concours. Réciproquement, des étudiants français peuvent venir étudier à Rabat.

    Autre particularité, les formations payantes au profit des fonctionnaires et salariés, initiées en 2015-2016 (voir illustration). En matière de masters, 23 parcours sont disponibles. 45.000 candidats voulaient les intégrer l’an dernier, mais uniquement 500 ont été acceptés.

    «Ce sont en majorité des masters spécialisés, à la carte, couvrant pratiquement tous les besoin du marché du travail, avec des filières diversifiées, comme la gestion fiscale et comptable, la gestion des collectivités territoriales, la finance islamique…», précise Eddaqqaq.

    Là encore, la faculté se démarque avec un master spécialisé en droit des échanges euroméditerranéens, sanctionné par deux diplômes, marocain et français. Il s’agit d’un projet associant l’ambassade de France au Maroc, la région de Rabat-Salé-Kénitra, l’université de Bordeaux, la région d’Aquitaine et l’Union pour la Méditerranée (UPM). Seulement 20 places sont à prendre chaque année, 10 au Maroc et 10 à Bordeaux, après avoir passé un concours.

    La formation, dédiée aux juristes et économistes, se déroule entre Rabat et Bordeaux. Les bénéficiaires reçoivent une bourse mensuelle de 850 euros par mois. Au niveau doctorat, un centre des études stratégiques en droit et en sciences économiques et de gestion a été mis en place, avec 4 laboratoires: droit privé, droit public, gestion et sciences économiques.

                                                                            

    Fac de Casablanca: Des contraintes, et des exploits

    MALGRÉ la pauvreté de ses moyens, la faculté de droit de Casablanca (Route El Jadida) mise sur l’innovation. Ces dernières années, elle s’est positionnée sur des thématiques nouvelles. Comme le droit de l’environnement, l’entrepreneuriat et l’accompagnement des TPE, la finance participative, ou encore, la criminalité financière, un master unique en son genre en Afrique et dans le monde arabe. La première promotion, qui a décroché son diplôme il y a quelques mois, a été reçue par le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani.

    Criminalité financière, un master unique en son genre en Afrique et dans le monde arabe

    La faculté s’est, également, rapprochée des fédérations sectorielles pour développer des masters sur mesure, en marchés financiers (avec Attijariwafa bank), assurance (Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance), droit bancaire (Société Générale), microfinance (Centre Mohammed VI de soutien à la microfinance)… 

    Avec BMCE Bank, un projet d’incubateur d’entreprises et en préparation. La banque prévoit, en outre, de monter une agence bancaire pilote de simulation au sein de l’établissement. D’autres projets sont prévus, dont une clinique de droit, une agence de communication, une salle des marchés, un tribunal… afin de permettre aux étudiants de passer de la théorie à la pratique. De l’ambition, la faculté en a à revendre. Une école de droit, une business-school et une formation en Sciences Po sont à l’étude.

     

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