Competences & rh

L’Afem, un accélérateur du business

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5287 Le 05/06/2018 | Partager
L’association élit sa nouvelle présidente ce mardi
Il s’agit du réseau féminin «le mieux structuré et le plus écouté»
Incubateurs, fonds de garantie et formations pour soutenir l’entrepreneuriat
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Quelque 400 invités ont répondu présent à la 3e édition du South economic women initiative (SEWI). Un événement international qui se positionne comme un des rendez-vous mondiaux de l’entrepreneuriat féminin  (Ph. Mokhtari)

C’est à travers l’initiative de Saloua Karki-Belkeziz que l’Association des femmes chefs d’entreprises au Maroc (AFEM) a vu le jour il y a de cela 18 ans. A ses côtés lors de la création, des femmes influentes dont l’ex-patronne des patrons, Miriem Bensalah-Chaqroun, la businesswoman, Saida Karim Lamrani ou encore Nezha Hayat, présidente de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).

Ce mardi, le mouvement s’apprête à élire sa sixième présidente. Deux candidates se sont présentées cette année. Il s’agit de Aicha Laasri Amrani, dirigeante de la société de courtage SADAS Assurances et co-fondatrice de l’Afem, et de l’experte-comptable, Leila El Andaloussi.

Créée pour et par des femmes, l’association a pour objectif d’être la représentation de la gent féminine auprès d’instances nationales et de participer aux débats économiques nationaux et internationaux. Son cheval de bataille a été de militer pour le développement et l’incitation des femmes à la création d’entreprises. Ainsi, en 2006, l’Afem a mis en place «Maroc Pionnières», un réseau d’incubateurs destinés aux femmes entrepreneurs.

Considéré comme l’un des plus importants projets de l’association, il est aujourd’hui présent dans six régions et a changé d’appellation en devenant «Maroc Première». «C’est notre fer de lance pour encourager et accompagner les porteuses de projet», tient à souligner Asmâa Morine Azzouzi, qui vient de boucler aujourd’hui son mandat à la tête de l’association.

En outre, les femmes entrepreneurs rencontrent très souvent des difficultés à accéder aux financements. Selon Asmâa Morine Azzouzi, la frilosité des banques qui ne prêtent qu’avec des garanties réelles est la principale cause, «et les femmes ne possèdent, malheureusement, que très peu de foncier», indique-t-elle.

Pour soutenir les femmes dans leurs projets, l’Afem a signé en 2013 un accord avec la Caisse centrale de garantie (CCG) pour la mise en place du fonds «Ilayki» qui garantit les projets portés par les femmes à hauteur de 80%. Une initiative pour laquelle l’association féminine a longtemps milité.

«Les femmes ont un déficit de culture bancaire. Elles défendent très mal leurs dossiers auprès des banques, se privant ainsi d’un traitement favorable», regrette Morine Azzouzi. Pour cette problématique, l’Afem, en partenariat avec le club BMCE, compte offrir des formations certifiantes aux membres de l’association.

«Le crowdfunding, dont le projet de loi est en élaboration, pourra lui aussi se présenter comme une alternative pour lever des fonds, mais aussi d’autres solutions de private equity», précise-t-elle.

Plusieurs mouvements féministes ont fait leur apparition depuis la création de l’Afem. Toutefois, l’association a su s’imposer en tant que l’un des principaux interlocuteurs pour tout ce qui touche la femme entrepreneur.

«Comparé aux pays étrangers, le Maroc est toujours au stade embryonnaire sur la question de la femme, mais l’Afem reste l’association la mieux structurée et la plus écoutée», souligne Asmâa Morine Azzouzi.

L’association compte aujourd’hui 680 membres, mais à peine le tiers est à jour de ses cotisations.

                                                                        

Les candidates à la présidence

■ Aicha Laasri Amrani

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Entrepreneure et militante sociale, Aicha Laasri Amrani fait partie des fondatrices de l’Afem. La PDG de la société de courtage SADAS Assurances souhaite faire évoluer l’association et l’inscrire dans son temps. Ainsi, elle compte transformer l’Afem en plateforme privilégiée du doing business pour ses membres, en les privilégiant lors des consultations pour la réalisation de missions et de prestations. Laasri a aussi comme objectif de créer un fonds d’investissement «Afem Invest», et un guichet unique de mise en relation des membres avec les parties prenantes de l’écosystème entrepreneurial.

■ Leila El Andaloussi

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Une femme de résultat, c’est ainsi que se décrit Leila El Andaloussi, candidate en lice à la présidence de l’Afem. Orientée efficacité et objectifs, cette experte-comptable et commissaire aux comptes a pour objectif d’insuffler un nouveau modèle à l’association. L’un de ses projets est d’optimiser le fonctionnement dans les régions et de créer une délégation en France, pour renforcer les échanges d’expériences et d’opportunités d’affaires. El Andaloussi ambitionne aussi d’apporter des solutions innovantes de financement des projets, à travers, notamment, le crowdfunding.

                                                                        

Trois ans à la tête de l’Afem, quel bilan?

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Durant le mandat d’Asmâa Morine Azzouzi, dirigeante de Cais Consulting, cabinet d’accompagnement d’investisseurs étrangers au Maroc et  vice-présidente du Club marocain de l’intelligence économique, plusieurs actions ont été menées. Parmi elles, des formations gratuites et certifiantes, de l’accompagnement sur mesure pour les porteuses de projets, des missions B2B, ou encore le développement d’un plus large réseau de networking à travers les différents partenariats noués.

L’Afem a également maintenu un réel intérêt pour le rôle de la femme dans l’économie marocaine. «Nous avons réussi à sensibiliser le gouvernement et notamment le ministère de la Solidarité sur l’importance d’ériger l’autonomisation économique des femmes en priorité», se réjouit la présidente qui vient de boucler son mandat.

L’une des fiertés de l’association féminine est l’événement international SEWI (South Economic Women Initiative) qui en est à sa 3e édition. «Le SEWI est désormais une marque de l’Afem et un think tank annuel qui lance des débats sur le leadership économique des femmes et pour le rayonnement de l’entrepreneuriat féminin marocain à l’international», précise Morine Azzouzi. Plus de 400 participantes, venues des quatre coins du monde, ont été accueillies durant la dernière édition.

Mais pour Asmâa Morine Azzouzi, il est temps de remettre le flambeau. «Un seul mandat est suffisant. Il faut laisser place à de nouveaux souffle et style de gouvernance pour l’Afem», souligne-t-elle. En cédant sa place, elle compte se consacrer davantage à l’intelligence économique au Maroc, «sans pour autant arrêter de militer pour le leadership féminin», promet-elle.

 

 

 

 

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