Competences & rh

Efficacité énergétique: La stratégie 2030 en stand-by

Par Nadia DREF | Edition N°:5282 Le 29/05/2018 | Partager
La feuille de route attend sa validation par le Conseil des ministres
Objectif : une économie d’énergie de 5% en 2020 et de 20% en 2030
Audit énergétique obligatoire, étude d’impact, création d’entreprises de services énergétiques...
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L’entrée en application de la stratégie nationale de l’efficacité énergétique à l’horizon 2030 tarde à venir. Adoptée en conseil de gouvernement en juin 2017, la feuille de route attend toujours d’être validée par le Conseil des ministres avant son déploiement.

A ce jour, il n’y a pas de visibilité sur le calendrier retenu vu que ce dernier dépend de l’agenda royal. Il faudra un coup de pouce royal pour ériger l’efficacité énergétique en priorité nationale et mettre sur les rails cette stratégie visant une économie d’énergie de 5% en 2020 et de 20% dans la consommation finale en 2030.

Et pour cause, l’impulsion royale devra inciter le gouvernement à faire preuve de synergie en plus d’une meilleure coordination entre ses membres, des composantes qui font défaut dans plusieurs stratégies (villes nouvelles, promotion à l’international…). D’autant plus que chaque département prend son temps et retarde l’échéance faisant fi des précédentes stratégies.

Une sorte de table rase des textes de lois des prédécesseurs. Pour rappel, une première feuille de route a été fixée en 2009. Les objectifs arrêtés portent sur l’économie de 12% de la consommation énergétique à l’horizon 2020 et 15% en 2030. Malheureusement, ils n’ont pas été atteints.

L’intégration de l’efficacité énergétique dans les secteurs énergivores représente un enjeu majeur en raison de la multiplicité des intervenants et des coûts supplémentaires induits par l’intégration de l’efficacité énergétique dans ces secteurs (transport, industrie, bâtiment, agriculture, éclairage public...).

Quatre grands axes ont été retenus pour la stratégie 2030. Le premier vise à identifier les principales niches d’économie d’énergie dans les secteurs-clés. Le deuxième concerne l’identification des cibles sectorielles. Pour sa part, le troisième axe porte sur les mesures préconisées à cet effet.

Quant au quatrième volet, il vise la mise en œuvre de la stratégie dans le cadre du contrat-programme à conclure entre l’Etat et l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE). «L’effort sera déployé pour mobiliser les ressources financières nécessaires afin de mettre en œuvre cette stratégie et la traduire en plans et programmes régionaux qui seront mis en œuvre en partenariat avec les collectivités territoriales, en particulier les régions», précise la tutelle.

La première phase de cette stratégie sera mise en œuvre dans le cadre d’un contrat-programme pour la période 2018-2021entre l’AMEE, les départements ministériels concernés et les collectivités territoriales.

Parmi les mesures concrètes prévues par la nouvelle feuille de route, figurent notamment les performances énergétiques, l’audit énergétique obligatoire, l’étude d’impact ou encore la création des entreprises de services énergétiques. A cet effet, des décrets d’application sont en préparation pour être publiés en application de la loi 47-09 relative à l’efficacité énergétique.

La stratégie vise également l’élaboration d’un plan pour la mise en œuvre des dispositions du règlement général de construction fixant les règles de performances énergétiques dans le bâtiment. Ce plan comprend un appui technique pour toutes les parties prenantes et un plan de communication ainsi que des actions opérationnelles liées à la vérification du respect des dispositions du décret approuvant ce règlement.

S’y ajoute la création du Comité national de l’efficacité énergétique dans le bâtiment, afin de réduire la consommation liée au chauffage et à la climatisation.

Valeur d’aujourd’hui, les opérateurs n’adhèrent pas pleinement à cette dynamique encore embryonnaire. Pareil pour l’Etat qui ne fait pas preuve d’exemplarité. Il existe plusieurs chantiers publics où l’efficacité énergétique fait défaut. C’est le cas d’ailleurs du bâtiment abritant la Bibliothèque nationale à Rabat. Pour se rattraper, l’Etat vient d’inclure automatiquement la dimension durable pour tous ses nouveaux ouvrages.

En attendant le démarrage de la stratégie, le ministère de l’Energie, du Développement durable et des Mines a initié plusieurs chantiers pour baliser le terrain et préparer la mise en œuvre de cette feuille de route. Le ministre de tutelle veut créer un écosystème spécifique à l’efficacité énergétique dans tous les secteurs et de cartographier le marché marocain y afférent.

Aziz Rabbah a déjà démarré les discussions avec le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy. Dans la foulée, le Département de l’Energie a lancé des ateliers thématiques pour inciter les acteurs à multiplier les efforts et à saisir toutes les opportunités que présente le nouveau modèle énergétique.

Ces rencontres ciblent différents intervenants : représentants des départements ministériels, organismes publics et semi-publics, entreprises et bureaux d’études privés, fédérations, associations professionnelles et financiers.

AMEE, le pilote de la stratégie

Après la récupération par Masen des Energies renouvelables, l’ex-ADERE s’est transformée en Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE). Mise en œuvre du code de l’efficacité énergétique dans le bâtiment, renforcement de l’efficacité énergétique dans l’industrie, sensibilisation de l’éco-conduite et de l’utilisation du véhicule électrique, programme des mosquées vertes, pompage solaire... sont autant de chantiers sur lesquels travaille l’Agence depuis un an. Or, le bilan est mitigé. Une certaine lenteur est ressentie par manque de travail en synergie entre différents départements. D’où l’urgence d’adopter cette stratégie nationale.
L’AMEE a également récupéré le programme des mosquées vertes qui était sous la coupole de la Société d’investissement énergétique (SIE). Sur le terrain, la passation des projets peine à se concrétiser. Il faudra encore du temps pour boucler ce dossier. L’agence est également attendue sur le pilotage du programmé dédié au pompage solaire. Un projet initié en partenariat avec le PNUD devra être mis en œuvre en 2018. Il est financé par un don du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM-GEF). Et pour accompagner la régionalisation, l’AMEE sera le seul interlocuteur des collectivités locales et des régions pour la mise en œuvre de la stratégie d’efficacité énergétique.

 

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