International

Comment barrer la route au terrorisme?

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5261 Le 27/04/2018 | Partager
D’abord, en bloquant ses ressources financières
La conférence «No money for terror» s’est tenue à Paris

Les participants à la conférence «No money for terror» (25 et 26 avril 2018 à Paris) se sont penchés sur le thème du «financement du terrorisme». Près de 500 experts et 80 ministres de 72 pays se sont réunis à huis clos pour échanger leurs expériences et leurs «bonnes pratiques» sur cet aspect de la lutte antiterroriste, qui vise surtout le groupe terroriste (EI) et Al-Qaïda.

Les délégations devraient se mettre d’accord sur une déclaration de principe, qui a été longuement négociée lors de contacts et de travaux préparatoires. Elle devrait être ensuite portée au niveau international. «La victoire militaire contre les groupes terroristes est un succès important. Mais elle ne nous prémunit ni contre la résurgence de Daech, ni contre l’activité des groupes et individus ayant prêté allégeance à cette organisation (encore récemment en France) ou à Al-Qaïda. Le combat est loin d’être terminé…», a commenté l’Elysée.

Les autorités françaises ont identifié un total de 416 donateurs ayant participé au financement du groupe EI, a indiqué François Molins le procureur de Paris. Il s’est alarmé d’un «micro-financement» du terrorisme, par des sommes «modiques» mais nombreuses. Les services de renseignement financier ont également repéré «320 collecteurs, essentiellement basés en Turquie et au Liban, grâce auxquels les terroristes qui se trouvaient en Syrie ou en Irak pouvaient recevoir des fonds».

Plusieurs dossiers dans lesquels des parents sont soupçonnés d’avoir envoyé de l’argent à leur enfant parti combattre aux côtés de groupes terroristes «sont entre les mains de la justice et des condamnations pour de tels faits ont déjà été prononcées».

Pendant trois ans, de 2014 à 2016, «Daech a accumulé un énorme trésor de guerre, de l’ordre d’un milliard de dollars par an… Ces groupes sont très doués pour utiliser les techniques les plus sophistiquées pour faire circuler les flux financiers. Ils savent se jouer des frontières…», selon la même source.

«Terrorisme low cost»

Les enquêteurs et services antiterroristes du monde entier ont été au cours des dernières années confrontés à des attentats ou des tentatives d’attentats, surnommés «terrorisme low cost». Ces derniers ont mobilisé de très petites sommes d’argent, difficiles voire impossibles à tracer et repérer à l’avance, selon les experts. Le résultat est que dans les trois quarts des cas le montant des sommes en jeu pour l’organisation des attaques n’a pas dépassé dix mille dollars.

 

 

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