Competences & rh

Mehdi Qotbi à Marrakech: «Le simple besoin de faire carrière est révolu!»

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5259 Le 25/04/2018 | Partager
L’artiste a parlé vrai aux étudiants de l’université Cadi Ayyad
La passion, au coeur du sujet
mehdi_qotbi_059.jpg

Le président de la Fondation nationale des musées du Maroc, Mehdi Qotbi, est venu parler de passion aux étudiants de l’université Cadi Ayyad à Marrakech, qu’il considère comme étant indispensable aujourd’hui pour faire carrière (Ph L’Economiste)

Difficile de trouver plus passionné que Mehdi Qotbi. L’invité idéal donc pour parler de la passion aux étudiants de l’université Cadi Ayyad à Marrakech. Cette figure emblématique de la scène artistique et culturelle nationale et internationale a pris les rênes d’une conférence donnée pour la 4e édition du cycle «Les Tribunes de Marrakech», comme l’ont fait avant lui Driss El Yazami, Edgar Morin, Pierre Moscovici, ou Salaheddine Mezouar.

Une rencontre pleine d’énergie censée remettre les pendules à l’heure pour des jeunes qui n’ont été que très rarement sensibilisés à l’art. Qotbi plante immédiatement le décor. «La passion ne peut être enseignée. Elle est innée. Chacun de nous en a une à développer. C’est une quête permanente et une constance de vie». L’artiste n’était pas là pour de longs discours, mais pour parler vrai. Quitte à bousculer. Qu’importe.

Dans cet amphi de la faculté Semlalia, la langue de bois n’avait pas sa place. «Le simple besoin de faire carrière est révolu, continue-t-il. Bien vivre son métier est une aspiration légitime qui gagne du terrain, et que l’on doit tenter obstinément de réaliser. Attendre de l’Etat qu’il vous fournisse à tous un travail et l’assurance d’un salaire régulier est une erreur. Le privé, plus aléatoire, nous permet de cultiver notre différence et nous oblige à être créatif».

Mehdi Qotbi, comme le président de l’UCA, Abdellatif Miraoui, sont tous deux la preuve qu’il est possible de faire sa place quand on est l’enfant d’une famille modeste. Inspirant pour les étudiants de cet établissement public, qui viennent majoritairement du même milieu.

Celui qui préside la Fondation nationale des musées du Maroc avoue que «ma fonction actuelle n’est pas un métier mais la mission de répandre partout l’art et la culture, comme la lumière face à l’obscurantisme et à l’appauvrissement des esprits individuels». C’est un peu le combat de la paix contre la violence, ouvrant les yeux sur l’autre et sur soi, son histoire, ses origines.

«Il est primordial que notre société donne plus de place à la culture, car elle motive le respect, un droit que l’on doit à tout être humain». Pour lui, la passion, quelle qu’elle soit, c’est le bonheur qu’elle nous procure et des capacités intellectuelles amplifiées.

«Ne vous privez pas de cet atout qui déverrouille tant de portes. Se présenter à un entretien d’embauche, passionné par le métier, c’est mettre toutes ses chances pour le décrocher» interpelle celui qui a quitté les bancs de l’école bien avant les étudiants présents. Alors quand il affirme que la passion nous fait gagner des années, il en est clairement la preuve.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc