Analyse

Crédit à la consommation: L’automobile, puissant moteur de croissance

Par Franck FAGNON | Edition N°:5253 Le 17/04/2018 | Partager
La sinistralité revient à des niveaux acceptables
Les filiales des banques contrôlent plus de 90% du marché
Wafasalaf, numéro 1 du marché, livre son analyse
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Laila Mamou, présidente du directoire de Wafasalaf: «Les relais de croissance ne manquent pas. Le premier d’entre eux consiste à accompagner la croissance naturelle du marché, en se concentrant sur l’amélioration du service et l’essor du digital» (Ph. Wafasalaf)

- L’Economiste: La production des sociétés spécialisées est en hausse depuis deux ans. Quels sont les ressorts de cette croissance?

- Laila Mamou: La reprise est désormais tangible puisque les encours sains des sociétés de financement ont  progressé de 7,3% par rapport à 2016. Pour l’ensemble du secteur comme pour Wafasalaf, c’est le crédit automobile qui constitue le principal moteur de la reprise. L’encours sain a enregistré une hausse de 16% en 2017. Il s’agit d’une tendance amorcée depuis 2014 et qui tient notamment à la performance des ventes de véhicules neufs. Ces dernières ont connu une croissance de 3% en 2017 après 24% en 2016.

- La reprise s’effectue-t-elle sur des bases solides?
- Elle s’effectue sur des bases solides car elle concorde avec une bonne gestion du risque. Le taux de créances douteuses et litigieuses par rapport aux créances globales est ainsi passé de 13,3% en 2013 à 10,3% en 2017 pour l’ensemble du secteur. Chez Wafasalaf, cet indicateur a significativement baissé ces cinq dernières années. Il est aujourd’hui inférieur à 8%. Le coût du risque a pour sa part été stabilisé autour de 1,1%. Cette performance s’explique notamment par le cadre réglementaire et les mesures préventives appliquées par Bank Al-Maghrib. Citons à titre d’exemple la circulaire relative à la gestion des risques et la mise en place du crédit Bureau, qui regroupe l’ensemble des engagements des clients sur la place.

- Malgré le rebond de l’activité, certains opérateurs continuent de souffrir et l’on assiste aussi à des rapprochements dans le secteur. Quelle analyse faites-vous?
- Cela fait plus de dix ans que s’est engagé un mouvement de concentration du marché autour des acteurs de filiales bancaires. Plus de 90% du marché du crédit à la consommation est désormais contrôlé par des filiales de banques. Cette évolution explique les difficultés que peuvent aujourd’hui connaître certains acteurs du secteur, ainsi que les rapprochements initiés par d’autres. Celui qui s’est récemment produit entre Salafin et Taslif en est la parfaite démonstration.  Les sociétés de crédit à la consommation ont néanmoins les atouts nécessaires pour continuer de capter entre 40 et 45% de la demande de crédit du marché, le reste revenant aux banques. Nous observons une répartition équivalente en Europe.

- Quelles pistes de croissance voyez-vous à moyen terme?
- Pour consolider nos parts de marché, il nous appartient d’explorer de nouveaux relais de croissance. Ces derniers ne manquent pas. Le premier d’entre eux consiste à accompagner la croissance naturelle du marché, en se concentrant sur l’amélioration du service et l’essor du digital. Le deuxième nous invite à nous ouvrir sur l’Afrique, en nous inscrivant dans la dynamique de partenariats gagnant-gagnant initiée avec les pays de la région. Enfin, un troisième levier concerne plus spécifiquement le secteur automobile. Ces dernières années ont vu se multiplier les alliances entre les constructeurs et les sociétés de financement. Ces alliances se traduisent par des partenariats «marque blanche» ou des conventions de crédit par les marques et contribuent à l’augmentation des achats de véhicules à crédit plutôt que sur fonds propres. La dernière en date pour Wafasalaf étant le lancement de «Auto Nejma Finances» qui scelle un partenariat avec le leader du secteur du premium.  

- La révolution numérique change les habitudes de consommation des clients. Quelle est votre réponse face à ces mutations?    
- La transformation numérique n’est pas un axe de développement parmi d’autres, elle structure notre projet d’entreprise. Wafasalaf a amorcé le virage digital dès les années 2000, avec la mise en place d’un extranet Partenaire. Il s’agissait du premier point de vente partenaire équipé d’un outil transactionnel permettant de satisfaire une exigence accrue sur les délais de traitement. Un premier site web marchand a été lancé en 2008, et une version plus développée a suivi en 2011, incluant un processus de vente de crédit optimisé, un nouvel espace client, une version arabe, ainsi que la possibilité de présenter de nouvelles offres avec une expérience client fluide et optimisée. Aujourd’hui, le digital représente une part croissante de la production globale de l’entreprise. Et la dynamique va en s’accélérant, afin de répondre à des attentes de plus en plus élevées de la part des clients. Pour nous, l’enjeu principal est de gagner en réactivité et en proximité.

Wafasalaf améliore ses bénéfices

L’encours des créances sur la clientèle du leader du crédit à la consommation a augmenté de 6% en 2017 à 8,7 milliards de DH. Cette croissance est d’abord tirée par la performance du crédit auto. La société de financement a clôturé l’exercice avec un produit net bancaire en hausse de 2% à 963 millions de DH. Le résultat net s’est amélioré de 2,2% à 342 millions de DH grâce à la hausse du produit net bancaire et au recul du coût du risque. Ce dernier a diminué de 13 millions de DH par rapport à 2016.

Propos recueillis par Franck FAGNON

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