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    Electricité: Encore des marchés à prendre en Afrique!

    Par Nadia DREF | Edition N°:5240 Le 29/03/2018 | Partager
    Une délégation de 100 opérateurs en prospection en mai
    Electrification rurale, production d'énergie, transport et distribution…
    60% de la population rurale africaine n’ont pas accès à l’électricité
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    Le taux d’électrification rurale devra atteindre 99,82% en 2019. Ces réalisations font du Perg un cas d’école à dupliquer dans les pays africains (Ph. Ministère de l’Enregie et des Mines)

    Les entreprises du secteur de l’électricité et des énergies renouvelables partent à l’assaut du marché africain qui pâtit encore de gros déficits. La Fédération nationale de l’Electricité, l’Electronique & les Energies renouvelables (FENELEC) et l’Agence marocaine de Promotion et de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE) pilotent une importante délégation composée d’une centaine d’opérateurs et de patrons pour conquérir de nouveaux marchés.

    Ils prendront part à la première édition du salon itinérant de l’électricité en Afrique «Elec Expo Abidjan», qui se tiendra du 10 au 12 mai à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Forts de leur expérience (élargissement du réseau électrique et quasi-généralisation de l’électrification rurale), les opérateurs marocains partent en mission de prospection et de consolidation commerciales. Ils sont bien positionnés pour mieux répondre aux attentes sachant que 60% des populations rurales africaines n’ont pas accès à l’électricité.

    Par ailleurs, des entreprises marocaines exposeront leur savoir-faire auprès d’une centaine d’opérateurs venus d’une dizaine de pays (Côte d’Ivoire, Algérie, Cameroun, Gabon, Mali, Sénégal, Tunisie, Togo, Bénin).  Fabricants d’équipements, distributeurs, bureaux d'études, fournisseurs d’électricité, installateurs, donneurs d'ordre, bailleurs de fonds… Les exposants représentent toutes les branches de l’électricité et des énergies renouvelables: production d'énergie électrique, efficacité énergétique, réseaux de transport et de distribution, contrôle, automation, éclairage, solaire, éolien, appareillages électriques, outillage et matériel de sécurité, équipements de tests et mesures, électricité domestique ou encore domotique. Le grand public sera également de la partie. Sont attendus à cette grand-messe près de 5.000 visiteurs professionnels. 

    Cette ruée s’explique par les potentialités existantes dans le continent. Selon Khalil El Guermaï, directeur général de la Fenelec: «La maturité du secteur de l’électricité au Maroc et l’expérience marocaine sont des actifs qui peuvent servir de modèles aux pays du continent qui ont des taux d’électrification insuffisants». L’expérience du Perg marocain est érigée en cas d’école.

    «Du fait du retard énergétique et des nouvelles orientations stratégiques de l’essentiel des pays d’Afrique subsaharienne, le continent offre un des marchés les plus intéressants au monde», soutient El Guermaï.  D’ailleurs, depuis quinze ans, la Fenelec a multiplié les missions et partenariats sur le continent en général et avec l’Afrique de l’Ouest en particulier. «Il n’y a pas de croissance inclusive et durable tant qu’une partie du continent reste dans le noir», tient à préciser le DG de la Fédération.

    Perçue comme étant la porte d’entrée commerciale de l’Afrique francophone, la Côte d’Ivoire veut doubler la capacité énergétique d’ici 2020. Son taux d’électrification actuel est de 55,80%. Avec une économie de plus en plus diversifiée et en croissance attendue de 7% en 2018, le pays s’attend à une demande d’électricité croissante.

    «Elec Expo Abidjan» permettra également de booster à partir de la Côte d’Ivoire le développement du secteur de l’électricité et des énergies renouvelables en Afrique où le taux d’accès  à l’énergie moderne, notamment l’électricité, demeure faible.

    Besoins et perspectives

    Les régions de l’Afrique de l’Ouest, de l’Est et centrale concentrent 88% de la population sans accès à l’électricité. Pis encore, 19 sur 20 pays ayant le taux d’électrification le plus faible au monde sont issus de l’Afrique subsaharienne. D’ailleurs, la puissance installée du réseau subsaharien est d’environ 90 GW. Autre constat: l’Afrique du Sud s’accapare à elle seule près de 50% de la capacité de production d’électricité. Face à ces insuffisances, la demande est en forte augmentation avec une croissance économique moyenne supérieure à 6%. L’avenir nécessitera une coopération régionale afin de mieux répondre à une infrastructure favorisant l’émergence d’une dynamique pour le développement des énergies renouvelables. Selon les données fournies par Irena, les prévisions de capacités additionnelles sont de l’ordre de 457 GW à l’horizon 2030 dont 292 GW d’énergies renouvelables.

     

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