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Enquête Rekrute.com Création d’entreprise: A peine 5% des femmes osent se lancer

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5233 Le 20/03/2018 | Partager
Financement, manque de soutien, lourdeurs administratives… les dissuadent
Elles sont aussi plus hantées par la peur d’échouer que les hommes
La majorité entreprennent pour «survivre»!
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Entre hommes et femmes, le gap est considérable. Les messieurs sont beaucoup plus nombreux à oser entreprendre des projets

Même si elles sont plutôt nombreuses (39%) à avoir déjà envisagé le statut d’entrepreneure, seules 5% ont fini par créer leur société. Les femmes s’orientent beaucoup moins que les hommes vers l’entrepreneuriat, selon la dernière enquête de jobboard Rekrute.com (voir article précédent). Chez les messieurs, 18% sont passés à l’acte. Pourquoi les femmes osent-elles moins l’aventure?

Comme principale barrière à l’entrée, les deux tiers des sondées ont évoqué la difficulté d’obtenir un financement. Il s’agit d’une problématique commune à tout le monde. Globalement, elles laissent tomber l’entrepreneuriat en raison des mêmes écueils que les hommes, dont la cherté du foncier, le manque de soutien et de conseil, l’impossibilité d’accéder à des réseaux et la lourdeur des formalités administratives. Toutefois, elles semblent plus hantées par la peur de l’échec et de la prise de risque. 30% ont abandonné l’idée d’entreprendre par crainte d’échouer, contre 20% des hommes.

Elles sont, par ailleurs, plus nombreuses à évoquer le poids de la pression sociale et des préjugés comme frein à leur projet (38% contre 18% des hommes). En tant que femmes, elles pensent justement que la pression sociale est la principale difficulté qu’elles rencontrent sur le terrain (48%, voir illustration), vient ensuite le manque de soutien, suivi du financement. «La pression socioculturelle est surtout importante dans les petites villes. Après une certaine heure, par exemple, les femmes ne peuvent pas prendre de rendez-vous», relève Wassila Kara Ibrahimi, vice-présidente de l’Association des femmes entrepreneures du Maroc (Afem). Elle s’exprimait mercredi dernier à Casablanca, lors d’une rencontre organisée par BMCE Bank of Africa, dédiée à l’entrepreneuriat féminin. «La société accepte généralement qu’une femme devienne entrepreneure pour faire manger ses enfants et assurer sa survie, mais moins pour le plaisir d’entreprendre», poursuit Ibrahimi. L’articulation entre vie privée et vie professionnelle n’est citée qu’en quatrième. Peut-être pensent-elles que cela reste gérable. Globalement optimistes, 70% considèrent qu’il n’est pas plus difficile pour une femme d’entreprendre.

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle n’est pas la première difficulté rencontrée par les femmes entrepreneures. Les sondées relèvent en premier la pression de l’entourage et les préjugés, suivis du manque de soutien et de financement

La première motivation les poussant à monter leur projet est l’envie d’être leur propre patronne (75% contre 59% des hommes). 62% ont évoqué une meilleure progression de carrière. Les gains financiers arrivent en troisième position. Il s’agit exactement des mêmes moteurs que leurs homologues masculins, sauf que ces derniers citent l’argent en deuxième.

La moyenne entreprise est plébiscitée par les dames, tandis que les messieurs optent en priorité pour les très petites structures. Elles sont, de ce point de vue, plus ambitieuses. En revanche, aucune n’a fait part de son souhait de monter une grande ou très grande entreprise, contre 28% des hommes. Cela dit, sur le terrain, les dames sont surtout à la tête de microentreprises. «Elles sont souvent dans la survie. Notre combat est justement qu’il y ait plus de femmes qui créent des entreprises pour le plaisir d’entreprendre, car ce n’est qu’ainsi qu’elles peuvent créer de la richesse», souligne la vice-présidente de l’Afem.

Sans surprise, le tertiaire arrive en tête des secteurs qu’elles privilégient (58%), suivi du secondaire 38%. Là encore, l’Afem espère pousser plus d’entrepreneures à s’orienter vers des secteurs «moins classiques», et d’oser appréhender les nouvelles technologies, offrant beaucoup plus d’opportunités de développement.

 

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