Entreprises

Ciment: La pluviométrie a impacté les ventes

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5228 Le 13/03/2018 | Partager
Baisse de 2% des volumes à fin février
La situation devient insoutenable chez les producteurs
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La tendance baissière des ventes inquiète les professionnels des matériaux de construction. Cela fait 5 ans d’affilée qu’un ralentissement se poursuit

Les ventes de ciment ont atteint 0,53%, en glissement annuel, dans un contexte marqué par le recul des ventes en 2017. Le ralentissement des chantiers a des causes multiples: la forte pluviométrie non stop enregistrée au mois de janvier et février, accompagnée de rafales de vents et des orages par endroits, combinés au marasme dans l’immobilier.

Au cumul des deux premiers mois de 2018, les ventes ont baissé de 2,05%, selon les statistiques du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la politique de la ville. «Avec l’influence climatique des deux premiers mois, il faudra attendre vers avril-mai pour voir une stabilisation du marché et avoir plus de visibilité. C’est probablement en avril qu’on reverra un pic des ventes», soutient David Toledano, président de la Fédération des matériaux de construction (FMC). En effet, les chantiers arrêtés ne redémarreront pas avant que tout soit sec, vu que les pluies persistent encore.

Au terme des deux premiers mois de 2018, les principales baisses ont touché les régions de Guelmim-Oued Noun (-26,1%), Fès-Meknès (-16,90%), Béni Mellal - Khénifra (-12,2%) et Casablanca – Settat (-5,7%). En revanche, des hausses ont été notées à Dakhla -Oued Ed-Dahab (+38,2%), Laâyoune-Sakia El Hamra (+21,5%) et Marrakech-Safi (+7,4%).

Il va sans dire que la situation dans le secteur n’est pas très reluisante. Les grands promoteurs sont en voie de restructuration et restent prudents. Le groupe Alliance restructure sa dette. Pour les grands chantiers immobiliers, le promoteur est dans l’expectative. D’autres se préparent au lancement de programmes importants, notamment le groupe Al Omrane.

Pour l’heure, ce sont les promoteurs moyens, les petits et de nouveaux arrivants, qui lancent de nouveaux projets. Mais des projets de taille moyenne, qui ne sont pas massifs. Toutefois, la demande devrait être relancée. «Ce que nous attendons, c’est de voir des nouvelles orientations. Nous n’avons pas une idée claire des mises en chantier pour cette année 2018. A un moment ou un autre, nous espérons qu’il y ait une relance avec un projet, un produit qui soit demandé et qui permette une activité stabilisée du secteur», soutient Toledano.

Et d’ajouter: «Les cimentiers sont sur un trend de 10-11 millions de tonnes/an alors que nous disposons d’une capacité qui dépasse les 20 millions de tonnes. D’une année sur l’autre, la baisse de nos capacités frise les 20%». A fin 2016, le cumul des ventes de ciment atteignait 14,1 millions de tonnes consommées, en baisse de 0,70% par rapport à 2015. A fin 2017, 13,7 millions de tonnes ont été écoulées, pour une baisse de 2,54%.

Par ailleurs, l’encours des crédits à l’immobilier s’est accru de 4,2% en 2017, après une hausse de 2,5% un an auparavant.

 

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