Dossier Spécial

8 Mars/ Rabia Moukhless Franoux: Nous ratons le coche, encore… #safibaraka

Par Rabia MOUKHLESS FRANOUX | Edition N°:5225 Le 08/03/2018 | Partager
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Rabia Moukhless Franoux  artiste plasticienne, auteur citoyenne et militante féministe. Créatrice de la marque féministe «By RFM Les Chieuses» (Ph. RMF)

Le Maroc a la ferme volonté de rentrer dans la modernité et le XXIe siècle, et voilà qu’une fois de plus, sur le sujet des violences faites aux femmes, nous ratons le coche. Ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes reconnue depuis 1977 par l’ONU, et que nous reconnaissons implicitement, est là pour nous le rappeler.

Après des années de gestations, la dernière avancée, soi-disant, dans le domaine du droit des femmes est une demi-mesure qui ne tient pas compte des préoccupations et des problèmes majeurs de la femme marocaine.

Sommes-nous à ce point quantité négligeable pour ne pas avoir droit au respect des droits humains. Aucune égalité n’est clairement établie et pire, les violences faites aux femmes qui constituent la honte de notre pays ne sont pas abordées. La violence conjugale, le droit de disposer librement de son corps face à des grossesses non désirées… et même, dans une certaine mesure le harcèlement dont l’aspect psychologique n’est pas pris en compte, ont été écartés purement et simplement de la nouvelle Loi. Les autres sujets écartés sont nombreux.

Combien de victimes supplémentaires faudra-t-il aux politiques pour prendre la mesure de cette urgence nationale? La société civile doit-elle pallier cela au motif que le domaine est non quantifiable en terme marchand? Où est-ce la peur d’imposer une révolution des mentalités sous prétexte que le niveau d’éducation est insuffisant, qu’il n’est jamais bon de bousculer les traditions? Le terme de révolution nous fait-il si peur, car assimilé aux expériences malheureuses des printemps arabes ou associé au sang? Mais le sang et les larmes coulent déjà quotidiennement dans le royaume à travers toutes ses femmes qui souffrent.

Alors non, le 8 mars n’est pas prétexte à réjouissance tant que je serai obligée de prendre la plume pour cette cause, tant qu’il faudra éduquer, expliquer individuellement lors de conférences et non au sein de l’Education nationale, tant que je devrais exposer sur ce thème ou tenter d’afficher des messages pour conscientiser le public et inciter ainsi le politique à prendre toute la mesure et toutes les mesures en ce sens.

Sommes-nous en mars 2018 ou dans un autre siècle? Tant que la réponse ne me sera pas apportée dans l’optique d’une modernité clairement établie au profit du droit des femmes, et punissant avec toute la rigueur de la loi les violences faites aux femmes, je resterai dans l’obligation de dénoncer cette date comme représentative de la honte que j’éprouve quant au sort et aux préoccupations que nous portons à toutes les citoyennes marocaines.

N’attendons pas que nos droits légitimes nous soient donnés. Exigeons que nos droits soient reconnus. Faisons-le toutes ensemble, notre nombre est notre force car nous sommes la moitié du Maroc.#safibaraka.

 

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