Economie

Défaillances d’entreprises: Une situation toujours critique au Maroc

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5223 Le 06/03/2018 | Partager
Un des pays qui enregistreront les plus fortes hausses en 2018
Les disparités mondiales persistent
La nouvelle cartographie d’Euler Hermes
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Ça s’annnonce mal pour les entreprises marocaines. Le Maroc figure sur la liste des pays qui devraient enregistrer les plus fortes hausses de défaillances cette année. Nous parlons de quelque 7.500 entreprises défaillantes environ chaque année au Maroc, selon Euler Hermes

Avec la Chine (+10%), le Royaume-Uni (+8%), la Roumanie (+7%) et la Pologne (+5%), le Maroc (+8%) figure sur la liste des pays qui enregistreront les plus fortes hausses de défaillances cette année. C’est ce que prédit Euler Hermes avec la publication de son «Indice global des défaillances».

La tendance à la baisse des défaillances dans le monde a connu une pause en 2017 (+1%). Elle est due à un rebond des faillites en Asie et dans les marchés émergents (Russie et Brésil notamment). Mais le repli des défaillances devrait reprendre dès 2018 (-1%) grâce à l’amélioration de la conjoncture économique mondiale.
Dans un pays sur deux, le nombre de défaillances reste supérieur aux niveaux de 2007 (avant la crise financière). Il faudrait s’attendre donc à une évolution des défaillances d’entreprises dans 43 pays.

■ L’assainissement se poursuit en Chine: En 2018, le nombre de défaillances continuera d’augmenter en Chine (+10%) pour la cinquième année consécutive, après une hausse significative (+35%) en 2017. C’est le pays qui enregistre le plus grand nombre de défaillances d’entreprises dans le monde. La tendance est également à la hausse en Asie-Pacifique (+6%) car la région continue de pâtir de la transition économique chinoise.

■ Le coût du Brexit: Les importateurs et les consommateurs ont été affectés par la résurgence des tensions inflationnistes relatives suite à la dépréciation de la livre. Euler Hermes prévoit une hausse des défaillances de +8% en 2018 au Royaume-Uni. Le pays fait figure d’exception en Europe de l’Ouest, où le nombre de faillites devrait reculer de 3% cette année grâce à la reprise économique et à des conditions monétaires favorables.

■ Les secteurs les plus touchés: Malgré le rebond de la croissance mondiale (+3,2% en 2017) et des échanges internationaux en volume (+4,3% en 2017), de plus en plus de secteurs domestiques sont exposés aux défaillances de grandes entreprises, qui ont cru de 21% en 2017.

Les services, le commerce de détail, l’agroalimentaire et la construction ont tous subi plus de 20 grandes défaillances l’an passé. L’intensification de la concurrence et la disruption digitale expliquent notamment cette tendance. L’Europe de l’Ouest a été particulièrement affectée (138 cas, +42 par rapport à 2016), de même que l’Asie (63 cas, +17).

La vigilance est de mise car un scénario de défaillances en chaîne n’est pas à exclure: «certains fournisseurs sont dépendants d’un nombre limité d’acheteurs, et un incident de paiement peut suffire à les mettre en difficulté».

Attention à l’effet domino!

«Ce qu’il faut retenir, c’est que le nombre de défaillances d’entreprises à l’échelle mondiale se stabilise après 7 années de baisse prononcée. Le risque de crédit fait son grand retour en parallèle à la reprise économique. En 2018, les entreprises d’Asie, d’Amérique Latine, d’Europe de l’Est et du Royaume-Uni devront être particulièrement surveillées. En parallèle, nous assistons à une hausse importante du nombre de faillites de grandes entreprises. Dans des secteurs comme les  services ou la distribution, la disruption n’épargne personne. Attention à l’effet domino!», prévient Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes.

 

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