Entreprises

Création d’entreprises: Les architectes en pole position

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5217 Le 26/02/2018 | Partager
L’activité explose en 2017 avec 250 ouvertures, une hausse de 187%
36.000 nouvelles immatriculations durant l’année
En revanche, les défaillances progressent plus rapidement que les créations
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La croissance du nombre de faillites reste largement supérieure aux créations d’entreprises. Aujourd’hui, pour une entreprise qui ferme, 4,5 sont créées, alors qu’en 2009, pour une faillite plus de 10 sociétés voyaient le jour

Avec plus de 36.000 sociétés qui ont vu le jour en 2017, les créations d’entreprises ont augmenté de 9%. C’est la deuxième année consécutive où l’on constate une nette amélioration des nouvelles immatriculations. En 2016, le registre de commerce a enregistré plus de 33.000 nouvelles entreprises, soit plus de 12,5%. Selon la moyenne calculée par le spécialiste du renseignement commercial Inforisk, sur ces deux années, l’entrepreneuriat a signé une bonne reprise, soit une progression de 22%.

La conjoncture économique semble plutôt favorable pour démarrer son propre business. «Avec la mise en place de la plateforme numérique, l’entrepreneur disposera d’un guichet unique où gérer toutes les opérations nécessaires à la création. Autre petit encouragement, la dernière loi de finances supprime les droits d’enregistrement de 1.000 DH sur les actes de constitution», indique Amine Diouri, responsable Etudes et communication d'Inforisk. Par ailleurs, la mise en place du statut de l’auto-entrepreneur, il y a 2 ans, a allégé significativement les procédures administratives et comptables. 

Paradoxalement, les secteurs qui enregistrent le plus de défaillances, sont aussi ceux qui alimentent les créations d’entreprises. Le commerce et la réparation automobile, à eux seuls, ont enregistré plus du tiers (11.805) des immatriculations de l’année. Ils sont suivis de l’immobilier (7.545), et du BTP (6.600). Ce trio s’est accaparé la part du lion avec près des ¾ des créations pour son compte.

Au sein de ces secteurs dynamiques, la plus importante progression (+187%) a été enregistrée par les architectes avec 250 nouveaux cabinets ouverts en 2017. Les installations d’établissements de préscolaire ont, pour leur part, presque triplé passant de 30 à 86 en un an. D’autres activités ont enregistré de fortes créations.

C’est le cas pour le commerce de détail de poissons, mollusques et crustacés avec 60 immatriculations durant l’année (+161%), suivi des sociétés opérant dans le traitement des déchets, en augmentation de 132%, soit 79 créations, et la photographie en progression de 131%, ce qui équivaut à 67 nouvelles sociétés.

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Entre 2015 et 2017, les créations d’entreprises ont progressé de 22%, dont 8,7% réalisés l’année dernière

Par ailleurs, 2017 a vu la création de 69 agences de presse, soit une hausse de 103%. Curieusement, les entrepreneurs restent plus attirés par les secteurs d’activités classiques. Sur les dix premières activités relevées par Inforisk, seul 1% des créations concerne le secteur informatique.

En revanche, même si le nombre de créations d’entreprises est en constante augmentation, les défaillances  progressent plus rapidement. Entre 2009 et 2017, elles ont grimpé de 228%, contre seulement 43% pour les nouvelles immatriculations sur la même période. Une croissance qui reste trop faible pour rééquilibrer la balance.  En effet, le taux de survie des nouvelles structures est critique.

Après leur création, quelque 60% des entreprises arrivent à dépasser le cap des 5 ans. Alors que 35% sont mises en sommeil, et 5% disparaissent avant la fin de cette échéance. Par ailleurs, le capital mobilisé pour démarrer l’entreprise influence fortement sa durée de vie. Selon une autre étude d’Inforisk(1), 87% des entreprises immatriculées ont commencé avec un capital inférieur à 100.000 DH, et près de la moitié d’entre elles avec moins de 10.000 DH.

«Après 5 ans, 8 entreprises créées sur 10 sont restées des TPE, avec des rythmes de croissance du chiffre d’affaires très faibles», indique Amine Diouri. En naissant petite et mal dotée en capital, ces sociétés rencontrent de grandes difficultés d’accès au financement.

Elles sont également les moins bien loties en ce qui concerne les délais de paiement qui se sont allongés jusqu’à 10 mois (voir L’Economiste N° 5188 du 16 janvier 2018). Autant de freins qui accélèrent leur disparition.

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(1) Etude concernant les startups réalisée en 2016.

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