Société

Corruption: Le Maroc fait du surplace

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5216 Le 23/02/2018 | Partager
En dépit d’une légère amélioration, le pays reste dans la zone de corruption endémique
Il est classé à la 81e position dans l’indice de perception
Transparency liste les réformes urgentes pour sortir de cette situation

Le dernier rapport de Transparency sur l’indice de perception de la corruption en 2017, présenté mercredi dernier à Rabat, s’inscrit dans la continuité des résultats de l’édition précédente. En dépit d’une légère amélioration du score et du classement, le Maroc «se situe toujours dans une zone de corruption endémique».

Cette année, Rabat est arrivée à la 81e position contre 90 en 2016, et un score de 40 sur 100, contre 37 sur la même période. Toutefois, les responsables de Transparency ont mis l’accent sur la faiblesse de la moyenne depuis 2012, qui reste à 37,6 sur 100.

Au moment où le pays a lancé des signaux positifs au début des années 2000, avec «de meilleurs scores», comme cela a été souligné par les dirigeants de cette ONG, un enlisement à un niveau préoccupant de la perception de la corruption a été constaté à partir de 2002.

Malgré l’annonce d’une énième stratégie de lutte contre la corruption, le Maroc fait «beaucoup moins bien que des pays arabes comme la Jordanie et la Tunisie», selon cette ONG. Aujourd’hui, le gouvernement est appelé à agir, d’urgence, sur une série de leviers pour assurer l’efficience de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption. Pour Transparency, cela est décisif pour «la promotion de la redevabilité».

Concrètement, cette ONG plaide pour la réforme ou la mise en œuvre d’une série de lois et d’instance. Il s’agit notamment de la loi sur l’accès à l’information, l’adoption d’un texte sur les conflits d’intérêt ou encore sur la protection effective des témoins. Cependant, il faut assurer «l’indépendance et l’efficacité» de l’Instance de probité et de lutte contre la corruption, en plus de la «décongélation» du Conseil de la concurrence.

Intervenant lors du Conseil de gouvernement, tenu hier à Rabat, Saâdeddine El Othmani est conscient que «ce qui a été réalisé reste insuffisant». Il a annoncé la tenue de la première réunion de la Commission nationale de lutte contre la corruption dans un mois.

«Les comités thématiques ont finalisé leurs rapports», a-t-il indiqué. Il a également annoncé que plusieurs actions ont été menées sur le terrain. «Plusieurs responsables font actuellement l’objet d’enquêtes, et d’autres sont poursuivis devant la justice», a-t-il dit.

Parallèlement, la faible transparence reste également l’un des sujets pointés par différents rapports internationaux, dont celui de Transparency. Le chef de gouvernement a souligné «l’importance de relever le niveau de transparence».

Actuellement, «nous sommes encore en train de procéder à une révision d’une série de lois et de décrets, afin de renforcer la transparence vis-à-vis des citoyens, notamment à travers le renforcement des services électroniques, favorisant le suivi de différents dossiers», a-t-il dit.

Un score moyen de 37,6 

sur 100 durant

les  6 dernières années

 

  • 2012: 37/100
  • 2013: 37/100
  • 2014: 39/100
  • 2015: 36/100
  • 2016: 37/100
  • 2017: 40/100

 

 

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