Régions

L'Oriental se connecte au Kenya

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5214 Le 21/02/2018 | Partager
Produits agricoles et habitat social, des vecteurs de croissance avec l’Afrique de l’Est
Eviter les intermédiaires internationaux pour rentabiliser cette coopération
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La délégation kényane  table sur les échanges des produits agricoles, comme les épices sur la photo, pour booster la coopération avec l’Oriental (Ph. A.K)

Le Conseil régional de l’Oriental (CRO) multiplie ses coopérations internationales pour relancer l’économie locale et faire de la région un pôle compétitif. Après avoir conclu 4 conventions avec différentes régions de l’Afrique de l’Ouest, il s’ouvre aujourd'hui sur les pays de l’Afrique de l’Est, via un partenariat commercial avec le Kenya.

L’objectif est d’aboutir à une convention de libre-échange de certains produits agricoles et partager le savoir-faire en matière d’habitat social. Pour définir les axes de coopération, une délégation kényane, conduite par Ndambuki Angela Mwende, présidente de la Chambre de commerce du Kenya, s'est rendue dans l’Oriental, principalement à Berkane, Nador et Taourirt.

Au programme, des rencontres avec les agro-industriels de Berkane notamment pour les cultures des agrumes et des épices, avec à l'appui des présentations sur les opportunités offertes par l’agriculture marocaine. Le travail que réalise l’Office régional de mise en valeur agricole de la Moulouya pour l'amélioration de la productivité agricole, la gestion des ressources en eaux destinées à l’usage agricole, la mise en valeur des exploitations agricoles et la participation à la formation professionnelle des agriculteurs.

La délégation kényane s’est ensuite rendue à Taourirt pour découvrir le secteur oléicole (extraction de l’huile d’olive et unités d’industrialisation des olives) et visiter une unité de confection textile et s’enquérir de l’expérience marocaine en matière d’exportation des produits confectionnés.

A Nador, 3e étape de cette visite, des rencontres B to B avec les opérateurs économiques de la province et le président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de l’Oriental (CCISO) ont été prévues. La délégation a essentiellement été briefée sur l’activité portuaire à Bni Nsar et les facilités que propose la région pour consolider les échanges commerciaux.

«Le transport maritime reste le moyen le plus avantageux pour lancer sur de bonnes bases cette coopération, précise Mohammed Mrabet, vice-président du CRO, chargé de l’investissement. À Nador, les professionnels kényans ont pu visiter deux coopératives de production de raisin. Des coopératives qui vendent, à perte, leurs productions aux Espagnoles qui la revendent aux Kényans. D’où la nécessité d’établir des échanges directs pour rentabiliser cette production. Des actions seront entreprises par la CCIS/Oriental pour réguler ce marché et permettre aux agriculteurs de la région d’éviter les intermédiairs internationaux.

«Ces visites ont permis de spécifier les domaines d’échange: la conservation, machinerie agricole, frigorie avec import-export des produits agricoles (le raisin, les agrumes, les olives et l’huile d’olive du côté marocain, et le thé, le café, l’ananas, qui sont des produits intéressants pour le Maroc, côté Kényan», indique Mrabet. Des opportunités d'affaires dont se réjouissent d'ores et déjà les opérateurs kényans, qui se disent prêts à conclure des partenariats et investir dans la région.

Un choix encouragé par la nouvelle politique du Kenya qui a fixé quatre priorités de développement: sécurité alimentaire, développement de l’industrie, mise à niveau des secteurs de la santé et de l’habitat.

«En matière d’habitat, le Kenya a besoin de 300.000 unités alors qu’il n’assure que 30.000 unités/an. Nous souhaitons bénéficier de l’expérience et l’expertise marocaine pour réguler ce secteur», confie à L’Économiste Ndambuki.

Raisin contre café

LA viticulture est devenue une filière de plus en plus rentable au niveau de l’Oriental. Ce qui explique l’intérêt qui lui est réservé par le plan de mise à niveau qui cible l’utilisation des abris serres et la généralisation de l’irrigation localisée. Des actions indispensables pour économiser l’eau d’irrigation et rationaliser l’utilisation de certains facteurs de production. Le but est d’atteindre 84.350 tonnes de production en 2020 au lieu des 55.000 tonnes actuellement. De surcroît s’ouvrir sur les marchés africains pour booster les revenus.
Selon le régulateur de la filière du café au Kenya, la production a avoisiné les 47.000t en 2017. Une industrie qui a progressé de 4,4 % par rapport à 2016 et qui se fait remarquer par son système de production et de transformation. 70% du café kényan est produit par de petits producteurs alors que les principales régions de culture du café sont les hauts plateaux autour du mont Kenya, l'Aberdare Gamme et le Kisii.  Et c’est dans la perspective de tirer plus profit de cette culture que le Kenya cible les pays africains pour écouler sa production.

De notre correspondant permanent, Ali KHARROUBI

 

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