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    Analyse

    Entreprise familiale: Le lieu de toutes les dualités

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5172 Le 20/12/2017 | Partager
    L’affect et les émotions à l’origine des tensions, des états difficiles à dépasser
    Leader despote, intérêts personnels qui priment sur celui de la société... attitudes fatales
    Modéliser la culture d’entreprise, 1er pas vers l’équilibre

    Article 1: les valeurs de la famille. Là commencent les dualités. L’entreprise familiale (EF) ne se gère pas comme une entreprise managériale. Son mode de fonctionnement est en effet dominé par l’émotion et l’affect. Ce face-à-face entre la gouvernance informelle d’une famille et la gouvernance formelle d’une entreprise s’apparente à un exercice d’équilibriste, qui fait la particularité de l’EF.

    Afin d’éviter le débordement des conflits familiaux sur l’entreprise, le conseil de famille et la charte qui en découle sont de bons garde-fous. Car, quand une menace pèse sur la richesse socio-émotionnelle, la famille peut prendre des décisions non incitées par la logique économique, préférant mettre l’entreprise dans une situation risquée plutôt que l’ordre familial.

    L’évaluation des performances ne passe donc pas uniquement par le poids du chiffre d’affaires. Une vision globalisante est essentielle, faite de la compréhension des liens qui unissent tous les membres d’une saga familiale. Le modèle circomplexe d’Olson est un outil souvent utilisé pour décrire les types de famille. Qu’elle soit «enchevêtrée» avec la fusion de l’identité professionnelle et familiale, dans une grande dépendance et où le leader est souvent un despote.

    Elle peut être aussi, et c’est là l’idéal, «équilibrée», quand les limites sont claires entre les membres et le système de décision fluide et efficace. Mais également «désengagée», si le degré d’implication du leader est faible et si l’on donne plus d’importance aux intérêts personnels plutôt qu’à ceux de l’entreprise. Cette approche éclaircit la dualité d’objectifs, vécue au sein d’une EF, entre création de valeurs et dimensions extra-financières comme le désir de perpétuation de la dynastie ou le maintien de l’héritage du fondateur.

    Nous sommes là en plein attachement émotionnel. La dualité continue son œuvre quand il faut composer avec différents profils d’actionnaires, et donc différentes valeurs. Il ne s’agit pas d’imposer à tous une seule et même vision, ce qui serait le cas dans une entreprise «enchevêtrée», mais de trouver des valeurs partagées, qui vont modéliser la culture de l’entreprise.

    Savoir transmettre ces valeurs étant la clé de la pérennité de l’EF. Et c’est ici que le conseil de famille et la charte familiale prennent tout leur sens. Car encore trop d’EF cessent d’exister suite à une mauvaise transmission. Trouver l’équilibre entre le respect de la tradition, sans ancrage mental, l’innovation et l’adaptation est tout un art. Encore une question de dualité. Des exemples de réussite existent à travers le monde, et il faudrait en prendre de la graine.

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    Une entreprise familiale devient souvent une arène où s’affrontent les individus dominés par l’affect et l’émotion. Réussir le challenge d’une entreprise, pacifique et efficace, passe obligatoirement par une évaluation des performances, pour aller vers une vision globalisante (Ph. C.F)

    Le Club des hénokiens de l’Association d’entreprises familiales et bicentenaires regroupe, sans but commercial, industriel ou financier, des entreprises de tous les continents dont la particularité est d’être en activité et d’être restées des entreprises familiales depuis 200 ans ou plus. Une idée née en 1981 que l’on doit à Gérard Glotin, PDG de la société de spiritueux Marie Brizard, fondée en 1755, qui est lui-même descendant de la créatrice de cette boisson anisée.

    Ce club a pour but l’entraide morale, culturelle et philosophique de ses membres autour de la valeur du concept d’entreprise familiale, alternative aux multinationales, tout en y imprimant dynamisme et modernité. En 2017, elles sont 47 entreprises membres, avec en tête de liste la pâtisserie japonaise Akafuku ouverte en 1707.

    L’un des projets phares de l’association est l’écriture de cas par des professionnels, comme l’a fait Gérard Hirigoyen pour Catherineau, une société d’aménagements intérieurs de luxe qui date de 1750. Ces projets consistent en la compilation des connaissances et expériences accumulées par les entreprises hénokiennes au cours des siècles et qu’elles souhaitent aujourd’hui partager avec les générations futures pour les aider à relever les défis très spécifiques inhérents aux entreprises familiales.

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