International

Climat: Les entreprises s’engagent

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5166 Le 12/12/2017 | Partager
Le Souverain attendu aujourd'hui au «One Planet Summit» à Paris
Le Medef sonne la mobilisation des opérateurs privés
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Pierre Gattaz, président du Medef: «Les entreprises ont un rôle central à jouer dans la réduction des émissions de CO2. Nous sommes dans la phase de mise en œuvre de l'Accord de Paris» (Ph. AFP)

La question climatique mobilise à nouveau un sommet international. A Paris cette fois, et moins d’un mois de la clôture de la COP23 à Bonn. Le «One Planet Summit» qui se tient ce mardi 12 décembre rassemblera des chefs d’Etat, des entreprises et des acteurs associatifs. Le président français Emmanuel Macron a annoncé en juillet dernier la tenue de ce grand rendez-vous qui coïncide avec le deuxième anniversaire de la conclusion de l'Accord de Paris.

Pas moins d'une cinquantaine de chefs d'Etat sont annoncés, y compris le Souverain marocain dont la participation est confirmée. Après le doute provoqué par le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris et la déception de la COP23, ce rendez-vous vise à relancer les engagements sur la réduction d’émissions de CO2. Hier lundi 11 décembre, les entreprises françaises se sont réunies au siège du Medef pour affirmer leur engagement en faveur du climat.

Elles sont 91 entreprises de différentes tailles, représentant 6 millions d’emplois et 1.500 milliards d’euros de chiffre d’affaires, à avoir signé le «manifeste pour le climat». Ce qui les engage à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre mais aussi à mettre sur le marché des solutions de financement.

«Les entreprises ont un rôle important à jouer. Nous sommes désormais dans la phase de mise en œuvre concrète des solutions. Ce qui constitue des opportunités d’orienter l’innovation, la recherche et les choix stratégiques vers de nouvelles stratégies et de nouveaux produits et services créateurs de valeur économique», a souligné Pierre Gattaz, président du Medef.

Un changement qui aura des effets positifs sur l’environnement, la croissance, l’emploi et la compétitivité. Et aussi des implications en termes de transitions professionnelles puisqu’il faut former et accompagner les salariés tout au long de ces mutations. Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric, a qualifié ce choix «de bon sens».

Surtout que le changement climatique a des effets sur les entreprises puisque les désastres ont des coûts et des conséquences élevés. Or, avec l’engagement dans la lutte contre le dérèglement climatique, les entreprises pourraient faire baisser le niveau de pollution de l’air des grandes villes et attirer des collaborateurs de haut niveau.

«Nous ne pouvons augmenter la croissance mondiale de 3 à 4% par an et continuer sur les mêmes proportions de consommation des matières premières. Le développement de demain, c’est pas de ralentir la croissance mais celui des matières premières», fait remarquer Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez, coordinateur de la Business Alliance for Water and Climate.

Et d’ajouter, «il faut inventer une économie plus orientée dans la protection des matières premières, vers le recyclage et donner un prix à la matière première qui se traduira à un moment ou un autre aussi par un prix du carbone». Il n’a pas manqué de signaler au passage que les émissions  de gaz à effet de serre de l’ensemble des décharges de la planète sont autour de 5%. Au Maroc, «ce taux est de 10% puisque les décharges ne sont pas techniquement bien faites».

                                                                  

Le monde de la finance interpellé

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Le rendez-vous du climat de Paris se tient après deux grands événements: la COP23 qui vient de s'achever à Bonn en Allemagne et la COP22 qui s’est tenue à Marrakech. Pour mobiliser d'importants moyens, des financements spécifiques ont émergé:

■ La course aux obligations vertes:
Elles sont destinées à financer des investissements en faveur de la transition écologique. La France a donné l'exemple en début d'année, avec une première émission verte d'un montant conséquent de 7 milliards. C’est le deuxième pays à lancer ce genre d'opérations après la Pologne qui a emprunté en décembre dernier 750 millions d'euros à cinq ans.

■ La tarification du carbone s'étend:
Près de 40 pays et plus d'une vingtaine de villes et autres divisions administratives se sont dotés ou se doteront bientôt de systèmes d’échange de droits d’émission ou de taxes carbone, selon la Banque mondiale. Le secteur privé manifeste de plus en plus son soutien à une harmonisation du prix du carbone. Toutefois, ces tarifications restent encore faibles (entre 5 et 15 euros environ par tonne de CO2).

■ Taxe sur les transactions financières:
Les ministres français de l'Economie Bruno Le Maire, de la Transition écologique Nicolas Hulot, des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et de la Recherche Frédérique Vidal, ont publié une tribune. Ils y soutiennent le projet d'une taxe européenne sur les transactions financières (TTF) pour financer la lutte contre le réchauffement. Ils ont rappelé aussi la promesse des pays du Nord de porter à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 leurs financements climat aux pays du Sud. Censée contribuer à l'aide au développement en prélevant une partie de la valeur des flux financiers échangés sur les marchés, cette taxe se heurte à l'opposition du secteur financier.

■ Fonds dédiés au climat:
Les fonds privés qui mettent en avant des critères environnementaux, sociaux et gouvernementaux (ESG) sont en pleine croissance, notamment en France. Près de 361 fonds étaient commercialisés fin 2016 soit un encours de 110 milliards d'euros, selon l'institut de recherche Novethic.

DNES Khadija MASMOUDI

 

 

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