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Economie

Les assureurs sous pression des impayés et des rachats de contrats «vie»

Par Franck FAGNON | Edition N°:5095 Le 29/08/2017 | Partager
11,3 milliards de DH de revenus non encaissés à fin 2016
Les sorties se chiffrent à 5,9 milliards de DH: +67% sur un an
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Les impayés ont augmenté de 7,6% en 2016 à 11,3 milliards de DH. 60% provient des assurés, le reste des intermédiaires. Selon la nouvelle réglementation entrée en vigueur en février 2016, les compagnies doivent provisionner 100% des impayés des intermédiaires 15 jours après la fin du mois. Sur le terrain, il faudra du temps pour que tout le monde s’adapte aux nouvelles règles
 

Ce n’est pas encore très visible dans les comptes des compagnies d’assurance mais, la poursuite de la hausse des impayés et la montée des rachats vont tôt ou tard laisser des traces. La profession comptabilisait environ 11,3 milliards de DH de chiffre d’affaires dehors à fin 2016!

Les impayés des assurés et des intermédiaires d’assurances ont augmenté de 7,6% sur un an. Les créances en souffrance des assurés se chiffrent à 6,8 milliards de DH, en hausse de 500 millions de DH sur un an. L’encours représente 20% des fonds propres du secteur. Le cumul des montants non reversés par les intermédiaires, eux, ont augmenté de 7% à 4,5 milliards de DH (Source: Acaps-Rapport sur la stabilité financière).

L’augmentation des impayés n’est pas sans conséquence sur les résultats des compagnies. En outre, c’est souvent un sujet de litige avec l’administration fiscale en cas de contrôle. Jusque-là, l’obligation de provisionnement portait uniquement sur les impayés des assurés. Les compagnies doivent couvrir la totalité des créances en souffrance de 18 mois. Le taux de provisionnement est fixé à 50% pour les créances non remboursées depuis 12 mois et de 25% pour celles de 9 mois. 

Les  primes non reversées par les intermédiaires 15 jours après la fin du mois doivent désormais être provisionnées à 100%. Cette mesure s’accompagne de l’institution du paiement au comptant de la prime d’assurance automobile. Sur le terrain, des intermédiaires continuent à accorder des facilités de paiement à la clientèle. Il est difficile de rompre d’un coup de vieilles habitudes. Il faudra du temps pour que tout le monde s’adapte.

Sur le stock des impayés des intermédiaires, les compagnies d’assurance pourront être dispensées de la constitution des provisions en présence d’un protocole d’accord «crédible» avec l’intermédiaire. L’Autorité des assurances permet que la régularisation puisse s’étaler sur plusieurs années. Mais, en l’absence d’un protocole, il faudra provisionner. 

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La baisse des taux obligataires qui impacte par ricochet le rendement des contrats d’assurance-vie explique en partie la forte augmentation des rachats de contrats en 2016. Il faudra surveiller le comportement de cette rubrique à court terme. Le contexte de taux bas devrait durer un moment prévoient les analystes

Au-delà de la gestion des impayés et d’autres sujets qui mobilisent le secteur, les assureurs sont aujourd’hui confrontés à une poussée des rachats. Ceux-ci ont marqué une hausse exceptionnelle de 67% en 2016 à 5,9 milliards de DH. Pour échapper à la taxe de solidarité, certains épargnants auraient retardé le rachat de leurs contrats. Ce qui expliquerait en partie le boom observé en 2016. Entre 2014 et 2015, les rachats avaient limité leur hausse à 9%. Mais, il faudra surveiller leur comportement à court terme. La chute des taux obligataires poussent certains ménages à reconsidérer leur placement en assurance-vie.

Leur rémunération dépend en grande partie de l’orientation des taux obligataires, puisqu’environ 2/3 des placements sur ce compartiment sont affectés aux opérations d’assurance-vie. Le rendement de ces supports a sensiblement diminué ces dernières années, ce qui impacte par ricochet la rémunération des contrats d’assurance-vie. Le mouvement des taux obligataires a forcé les assureurs à rendre plus dynamique leur politique de placement.

Cependant, les taux devraient rester bas pendant un moment anticipent les professionnels, ce qui pourrait favoriser les arbitrages au profit d’autres placements en attendant un retournement de tendance sur le marché obligataire. En 2016, le flux net des souscriptions des ménages en produit d’assurance s’est établi à 9,6 milliards de DH en recul de 7% après un repli de 9,6% l’année précédente.

 

 

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