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    Plan d’action pour l’enseignement: Des promesses à l’issue incertaine?

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5071 Le 24/07/2017 | Partager
    Lecture critique des axes dévoilés par Mohamed Hassad
    Généralisation du pré- scolaire d’ici 2027, mais en s’appuyant sur des ONG
    Apprentissage du français dès le CP: avec quels profs?
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    De bonnes idées, le ministre de l’Education nationale, Mohamed Hassad, n’en manque pas. Mais sont-elles applicables sur le terrain? (Ph. Bziouat)

    Le tant attendu plan d’action de Mohamed Hassad pour les trois portefeuilles dont il a la charge, l’Education nationale, la Formation professionnelle et l’Enseignement supérieur, vient enfin d’être dévoilé. Les grandes lignes en ont été présentées jeudi dernier, en Conseil de gouvernement. L’Education nationale, la plus malade des trois secteurs, représente le plus gros morceau. Le ministre a fait part de sa préoccupation par rapport à ce secteur, qui enregistre des taux monstres de redoublement (près de 20% dès le CP) et d’abandon (entre 300.000 et 400.000 chaque année). Il a, encore une fois, insisté sur la nécessité de prendre l’établissement scolaire comme point de départ de la réforme. Toutefois, qu’en est-il réellement? Les directeurs d’écoles, par exemple, meilleurs connaisseurs du système et de ses difficultés quotidiennes sont jusqu’à présent écartés des conceptions stratégiques. «Nous sommes rarement consultés, et quand nous le sommes, personne ne nous écoute réellement», confient, à L’Economiste, des directeurs d’écoles primaires. Ce sont les cadres du ministère qui imposent à chaque fois leur vision. «L’adoption de l’uniforme scolaire, à titre d’exemple, nous l’avons déjà testée et nous savons par expérience qu’elle ne marchera pas, faute de moyens et de mécanismes de suivi, mais personne ne nous a consulté», disent-ils. Les directeurs se plaignent, aussi, de la décision de repeindre les murs de toutes les écoles, alors qu’ils ne disposent pas de budget dédié. Certaines tournent avec seulement 5.000 DH par an! «Nous en sommes réduits à faire la manche pour assurer cette opération, sachant que derrière les murs, nous avons des catastrophes à gérer», ironisent certains. 
    Pour commencer, le plan d’action prévoit la généralisation de l’enseignement préscolaire pour les enfants âgés de 4 ans d’ici 2027, via un partenariat avec la société civile. «Le ministère prévoit de passer par des ONG. Or l’initiative ne pourrait fonctionner que si l’on impose un préscolaire public obligatoire géré par l’Etat», estime un expert de l’éducation.
    Au niveau du primaire, l’accent sera mis sur les compétences de base des élèves, ainsi que sur l’apprentissage des langues. Dès cette rentrée, l’enseignement du français démarrera à la première année du primaire, alors qu’auparavant, il ne commençait qu’à la 3e année. Là encore, l’idée est bonne, mais l’on ne dispose pas d’effectifs suffisants pour son application. En 2016, le ministère employait environ 128.000 enseignants, dont 60.000 bilingues. Toutefois, parmi ces 60.000, une petite minorité est capable d’enseigner correctement la langue de Molière. 
    Hassad prévoit, aussi, de mettre fin aux sureffectifs. D’ici 2021, les classes de première et deuxième année du primaire ne devront plus compter que 30 élèves, contre 34 pour les autres niveaux. Cela implique des recrutements massifs. La qualité des profils reste la grande question… Les 11.000 profs contractuels engagés cette année ont, par exemple, intégré les classes sans formation préalable. 
    Vieux de 15 ans et bourrés d’erreurs, les manuels scolaires seront renouvelés à partir de 2018-2019.   
    Concernant le secondaire qualifiant (lycée), il sera question de renforcer les capacités scientifiques et linguistiques des élèves, afin de faciliter le passage au supérieur. Pour améliorer l’employabilité des jeunes, l’offre du baccalauréat professionnel sera diversifiée. Le bac pro devra accueillir 10% de l’ensemble des élèves d’ici 4 ans. Les parcours professionnels seront, également, généralisés au sein des lycées techniques. L’offre de filières internationales, qui ont abouti à des résultats probants (97% de taux de réussite à la première session du bac 2017), pour sa part, sera élargie. Elle devra englober 30% des lycéens d’ici 3 ans. Les manuels, eux, seront révisés à partir de 2019-2020.   
    Hassad insiste, en outre, sur des principes directeurs, comme la décentralisation du système, le retour à l’ordre et à la discipline et la lutte contre l’absentéisme injustifié des élèves et des profs. 
    Le soutien social aux familles (programme Tayssir) sera renforcé, tandis que les conditions d’accueil des internats seront revues à la hausse.
    Aucune mention n’a, cependant, été faite à la formation des enseignants, au renforcement de leurs compétences ou à leur motivation, sachant qu’ils représentent le socle du système.  

    Des centaines de nouveaux établissements

    LES conditions d’accueil et de scolarisation des élèves ne seront pas en reste. Les constructions préfabriquées seront abandonnées et des centaines d’établissements seront construits au cours des prochaines années. Pour 2017-2018, quelque 55 écoles sont programmées, dont 26 en milieu rural. En outre, 1.948 classes seront agrandies. 
    L’année suivante, 250 établissements seront construits, dont 100 écoles communautaires (équipées d’internats) dans les campagnes. D’ailleurs, chaque année scolaire, une centaine d’écoles communautaires seront édifiées, dans l’objectif d’en atteindre 1.000.

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